Suisse: un pas vers l’oecuménisme inter-protestant en Suisse (300394)
évangéliques collaborent au projet «Jour du Christ»
Berne, 30mars(APIC) Le «Jour du Christ», organisé à Berne à quatre reprises depuis le début des années 80, attire à chaque édition une foule de
participants, pour la plupart de tendance évangélique. D’ici la fin du millénaire, deux manifestations de ce type, associant pour la première fois
les Eglises réformées officielles de Suisse, devraient avoir lieu. Dans un
communiqué, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), représentée dans le comité d’organisation, explique les raisons de sa participation.
Ces grandes manifestations nationales, réunissant jusqu’à 30’000 personnes, ont été une occasion de rencontre, de stimulation réciproque et de témoignage public. En raison de leur importance et de leur force d’attraction, ces journées représentent quelque chose de particulier dans le paysage religieux traditionnel de la Suisse, note le communiqué.
A l’origine, ces manifestations ont été fortement marquées par les milieux évangéliques et les Eglises libres. Mais lors du «Jour du Christ» de
1988, au cours duquel le conseiller fédéral Adolf Ogi a prononcé une courte
allocution, une certaine ouverture s’est esquissée: la FEPS a été invitée à
siéger au comité d’organisation. A l’époque, une petite délégation conduite
par le professeur Lukas Vischer, directeur de l’Office protestant pour
l’oecuménisme en Suisse, a assumé cette mission. Les contacts ainsi établis
«se sont révélés si fructueux que, lorsqu’il a été question d’organiser un
nouveau «Jour du Christ», les initiateurs ont invité les représentants de
la FEPS à participer officiellement à leurs délibérations en tant que partenaires égaux et de pleins droits».
Ensemble, ils préparent les deux manifestations nationales du «Jour du
Christ» qui doivent avoir lieu à Lausanne en 1996 et en Suisse alémanique
en l’an 2000. Afin d’assurer une continuité, un comité national «Jour du
Christ» a été créé. Ce comité portera la responsabilité des deux grandes
manifestations et en fixera les grandes lignes. Il est composé d’organes
relevant des Eglises évangéliques et libres de Suisse, alémaniques et romandes, ainsi que de représentants de la FEPS.
Oecuménisme inter-protestant
La participation des Eglises réformées officielles, par l’intermédiaire
de leur fédération, peut susciter des questions, notamment quant au sens et
à la nécessité de telles manifestations. «Le nombre élevé de participants à
ces rassemblements témoigne d’un besoin, un besoin auquel les Eglises traditionnelles ne répondent en général pas», relève le communiqué. «Il est
donc plus judicieux de participer de façon active à l’organisation d’une
manifestation, plutôt que de laisser ce soin aux autres, pour ensuite critiquer par derrière et leur reprocher de n’avoir pas été pris en considération!», précise-t-on.
Autre reproche qui pourrait être formulé à l’encontre de la participation de la FEPS: sa collaboration à un projet de tendance évangélique qui
ne reflète pas toute la variété des tendances de la foi chrétienne vécue
dans les Eglises nationales. Or du coté de la FEPS, on estime cette collaboration importante parce qu’elle s’inscrit dans la réflexion amorcée ces
dix dernières années concernant les relations à établir entre Eglises nationales d’une part et groupes ou mouvements évangéliques et charismatiques
d’autre part. «Les Eglises réformées officielles tout comme la FEPS ont un
défi à relever: celui de repenser l’oecuménisme ’inter-protestant’». «La
collaboration de la FEPS à l’organisation des rencontres «Jour du Christ»
de 1996 et 2000 s’inscrit dans cette démarche pour lutter contre la peur de
l’autre et pour établir un dialogue libre de tout préjugé avec les milieux
évangéliques, qu’ils soient dans nos Eglises ou à l’extérieur», conclut le
communiqué. (apic/spp/pr)
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