Le pape soutient les évêques du Venezuela

Le pape François est pleinement en accord avec les positions de la Conférence épiscopale du Venezuela (CEV), a affirmé le président de cette institution, Mgr Diego Padrón Sanchez à l’agence SIR dans un entretien paru le 9 juin 2017. Le prélat avait été reçu la veille par le pontife avec les autres évêques responsables de la CEV.

«Il n’y a pas de distance» entre la position du pape et celles des prélats du Venezuela, a affirmé Mgr Padrón lors de cet entretien. Le pontife a ainsi assuré aux prélats vénézuéliens tout son soutien et sa pleine confiance. Lors de l’audience, les prélats ont pour leur part réaffirmé leur pleine obéissance «cum Petro et sub Petro" (avec Pierre et sous Pierre, le pape, ndlr).

Ainsi, nous démentons totalement la propagande du gouvernement qui veut faire croire que le pape le soutient, a relevé Mgr Padrón. A plusieurs reprises, l’exécutif vénézuélien avait insinué que le pape François prenait son parti et n’approuvait pas la position des évêques.

Gouvernement dictatorial

A l’inverse, le pape est dans une posture évangélique, près de ceux qui souffrent, des pauvres et de ceux qui sont dans le besoin». Il est «aux côtés de la souffrance de tout le peuple» de même que la Conférence épiscopale qui «n’a aucune partialité» et «ne fait pas de différence» entre les catégories de la population.

«Le gouvernement, ont accusé les prélats devant le pontife, est devenu dictatorial, autoréférentiel, sert ses propres intérêts». Au cours des deux derniers mois, 66 manifestants sont morts dans des affrontements avec les forces de l’ordre. Les prélats en ont remis la liste au pape François qui assuré sa grande proximité pour les familles des victimes.

«Le gouvernement a comme but de se maintenir au pouvoir à tout prix», a indiqué Mgr Padrón. Et pour cela, il n’hésite pas à faire souffrir son propre peuple et à le priver de soins médicaux afin de le maintenir soumis.

Néanmoins, le pape François a invité les évêques à reprendre leur médiation entre le gouvernement et l’opposition en prenant comme «magna carta" la lettre du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat, du 1er décembre 2016. Dans celle-ci, le haut prélat posait quatre prérequis au dialogue: ouverture d’un canal humanitaire, respect de l’Assemblée nationale, libération des prisonniers politiques et processus électoral. «Mais dialoguer veut dire écouter et respecter le peuple», a ajouté Mgr Padrón.

C’est pourquoi la CEV a proposé la tenue d’un référendum consultatif sur la volonté du gouvernement de convoquer une assemblée constituante. Sans quoi «l’assemblée ne sera pas populaire, mais déterminée par le gouvernement». Les risques, ont expliqué les prélats au pontife, seraient «la constitutionnalisation d’une dictature militaire, socialiste-marxiste et communiste». 

Aide de la Caritas

La CEV, a précisé son président, n’a pas vocation à entrer dans une discussion de type juridique concernant l’élaboration d’une constitution, car elle s’intéresse à la problématique sociale. Le gouvernement vénézuélien avait fortement reproché aux prélats de ne pas avoir répondu à son invitation à participer aux travaux pour l’élaboration de ce texte. Les prélats avaient été accusés de ne pas obéir au pape qui leur avait demandé dans un courrier du 5 mai de faire tout le nécessaire pour aider à la sortie de crise.

Toutefois, ce n’est pas d’une nouvelle constitution dont le pays a besoin, a lancé le président de la CEV, mais «de nourriture, soins, sécurité, respect et droit de manifester librement». Pour venir en aide au peuple vénézuélien, le pontife a demandé aux prélats de renforcer encore le travail de la Caritas.

Si celle-ci aide déjà des milliers de personnes, Mgr Padrón a confié les difficultés bureaucratiques imposées par le gouvernement, empêchant une pleine efficacité de l’aide. Selon l’Avvenire, le quotidien des évêques italiens, le pontife pourrait lancer une collecte internationale en faveur de ce pays.

Depuis son élection en 2013, le pape François s’est impliqué personnellement à plusieurs reprises dans la situation politique du Venezuela, afin d’appeler au calme les différentes parties. Cette implication directe s’est renforcée avec la crise que traverse actuellement le pays. La situation au Venezuela est également suivie de près au Saint-Siège par le cardinal Parolin. De 2009 à sa nomination comme secrétaire d’Etat en 2013, celui-ci était nonce apostolique à Caracas. (cath.ch/imedia/xln/bh)

Bernard Hallet

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