apic/Mgr Vlk/ Paris
Parution de sa biographie «Laveur de vitres et archevêque»
Paris, 29mars(APIC) Mgr Miloslav Vlk, président du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), était l’hôte lundi 28 mars de l’Association française des journalistes catholiques (AFJC) et l’Association professionnelles des journalistes de l’information religieuse (AJIR). La conférence de l’archevêque de Prague coïncidait avec la parution de sa biographie: «Laveur de vitres et archevêque», écrite par Alain Boudre, rédacteur
en chef du mensuel «Nouvel cité».
Celui qui qualifie lui-même sa vie de «marquée dans toutes ses étapes de
signes de croix» a présenté l’Eglise tchèque. Non sans avoir rappelé son
passé dans la clandestinité. Sous l’ancien régime, «l’Eglise ne pouvait
survivre que si elle était une communauté vivante». Aujourd’hui, les croyants tchèques doivent expérimenter leur foi dans le nouveau contexte de liberté au sein de la société civile. Défi difficile aux yeux de Mgr Vlk
après 40 ans d’obéissance servile et d’endoctrinement.
L’enjeu est pourtant de taille: «Développer le dialogue, la co-responsabilité, la relation fraternelle entre prêtres et laïcs, entre prêtres et
évêques», en réaction contre le cloisonnement des prêtres et des fidèles
imposé par le régime précédent. Sans transplanter simplement de l’Ouest à
l’Est les formes de vie ecclésiale, l’Eglise tchèque doit toutefois être
sensible à l’apel de Vatican II à s’ouvrir aux réalités nouvelles de la société.
Mgr Vlk souligne a ce sujet l’apport considérable des nouveaux mouvements de spiritualité venus de l’Ouest. «Ils nous ont permis de mieux connaître et de vivre la présence de Jésus ressuscité dans les situations difficiles».
Aujourd’hui, Mgr Vlk a «l’impression que la foi a diminué en Tchéquie.
Pour le moins les églises ne se sont pas remplies après la libération. Les
chrétiens eux-mêmes sont tentés de céder aux nouvelles tentations: conquête du pouvoir, course à l’argent, consumérisme. En outre l’héritage anticlérical est toujours vivant. Un constat pourtant: beaucoup d’adultes se
font baptiser et la plupart des candidats prêtres sont des convertis».
Prêtres mariés: les intégrer dans l’Eglise gréco-catholique
L’Eglise tchèque va-t-elle récupérer ses biens, propriété aujourd’hui
encore de l’Etat? Mgr Vlk fait valoir que l’Eglise de son pays est exclue
des négociations en cours et que son rôle est mineur dans cette affaire.
Quant aux Congrégations, la plupart des Ordres ont pu retrouver leurs bâtiments, dit Mgr Vlk. Qu’en est-il des prêtres qui, pour se cacher, se sont
mariés sous le régime communiste? «L’Eglise catholique tchèque ne peut accepter que ses prêtres se marient, elle ne peut non plus les abandonner.
Ils seront donc intégrés dans l’Eglise gréco-catholique.
Après avoir encore évoqué la question de la pastorale des jeunes et le
travail des salésiens dans le domaine, ainsi que son rôle qui consiste «à
renforcer la collégialité des évêques, Mgr Vlk a relevé en guise de conclusion que «nous pouvons, vous Occidentaux et nous gens de l’Est, nous enrichir mutuellement: les uns doivent aller davantage vers les racines de la
foi et les autres plus se tourner vers la société». (apic/jcn/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse