apic/Belgrade Jean Paul II
Contre l’avis de l’Eglise orthodoxe?
Belgrade, 9mars(APIC) Le président Slobodan Milosevic pourrait sous certaines conditions inviter le pape à visiter la République fédérale yougoslave. C’est ce que rapportent les médias proches du gouvernement de Belgrade. Cette démarche pourrait se faire même sans invitation de l’Eglise orthodoxe serbe. Pour le délai, on parle à Belgrade du mois de septembre au
plus tard. Un tel projet ne vise qu’à rehausser le prestige du président
serbe, déplore de son côté le partiarcat.
Selon la presse serbe, le ministre des affaires étrangères a transmis au
nonce apostolique un « paquet » de conditions pour une visite du pape Jean
Paul II. L’une d’entre elles serait la visite du camp de concentration des
oustachis de Jasenovac. On attend en outre du pape une déclaration publique
en faveur de la levée des sanctions de l’ONU contre la Serbie et le Monténégro ainsi qu’un engagement pour une solution au conflit des Balkans « juste et acceptable par toutes les parties ».
De son côté, le partriarcat orthodoxe serbe a rappelé que le partriarche
Pavle n’avait pas invité le pape en Serbie et qu’aucune discussion n’avait
eu lieu récemment à ce sujet entre les deux Eglises. De plus, le Conseil
permament des évêques a refusé en février de soutenir le patriarche dans
son désir d’inviter Jean Paul II. Le patriarche reposera la question d’une
visite du pape en mai lors de la session ordinaire de la Conférence des
évêques qui n’est pas liée par la prise de position du Conseil permanent.
Les orthodoxes seraient très embarassés de voir Jean Paul II visiter le
pays sans rencontrer le patriarche. Pour les évêques cependant le moment
n’est pas encore venu pour une telle rencontre. On souligne en outre que ce
n’est pas la première fois que le président Milosevic place l’Eglise devant
le fait accompli. L’invitation faite au pape viserait essentiellement à rehaussser son prestige personnel. L’Eglise juge selon d’autres normes que la
politique, relève le partriarcat. Une rencontre entre les chefs des deux
Eglise ne peut intervenir qu’après une préparation sérieuse. Elle doit ouvrir au dialogue oecuménique et conduire à une pleine reconnaissance mutuelle; et ne pas uniquement renforcer la position du président Milosevic,
soulignent les orthodoxes. (apic/kpr/mp)
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