Le cardinal Danneels: Pas d’Eglise sans dialogue (040394)

« Le balancier penche de nouveau du côté de la centralisation »

Fribourg-en-Brisgau, 4mars(APIC) « Depuis quatorze ans que je préside la

Conférence épiscopale de Belgique, jamais je n’ai constaté qu’une discussion avec Rome ne débouchait pas sur une solution », a déclaré le cardinal

Danneels dans une interview accordée à l’hebdomadaire catholique allemand

« Herder Korrespondenz ». Le prélat belge constate cependant que des groupes

d’intégristes tentent de susciter la méfiance entre Rome et les Conférences

épiscopales.

Pour l’archevêque de Malines-Bruxelles, le dialogue dans l’Eglise, tant

au niveau des Eglises locales que dans les relations avec Rome, est « non

seulement inévitable, mais indispensable » et il doit impliquer « tous les

groupes et courants » présents dans l’Eglise.

Le cardinal Danneels observe que, « en cette période post-conciliaire, le

balancier penche de nouveau du côté de la centralisation ». Pourtant, il ne

plaide pas tant « pour un renforcement de la collégialité » qu’en faveur

d’ »un fonctionnement plus efficace des institutions existantes ». « Condamner, dans un réflexe de défense, les organes de collégialité à n’être plus

que là que pour la figuration, serait fatal », déclare-t-il. Pour le cardinal Danneels, de telles craintes sont du reste sans fondement, comme en témoignent, dit-il, aussi bien les synodes des évêques que le fait qúaucune

conférence épiscopale ne songe à remettre en question l’autorité du pape.

Il n’y a d’ailleurs, insiste-t-il, « aucune méfiance entre Rome et les

Conférences épiscopales, bien que des tiers la suscitent ». Le cardinal fait

allusion à « des petits groupes d’intégristes qui pensent avoir la garde de

l’orthodoxie et de l’amour de l’Eglise mais qui ne rendent aucun service à

l’Eglise ».

Le cardinal Danneels se dit satisfait du travail réalisé par le Conseil

des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE), en se réjouissant que son secrétariat ne déménagera pas à Rome, comme cela avait été envisagé. « Il ne

faut pas tout centraliser », dit-il. Pour les contacts avec la Conférence

des Eglises Européennes, qui réunit les Eglises non catholiques (protestantes, orthodoxes, anglicane…), il vaut d’ailleurs mieux que le CCEE n’apparaisse pas comme « une annexe de la curie ».

« Un christianisme qui se réduirait à une morale est voué à mourir »

Le président de la Conférence épiscopale de Belgique s’inquiète enfin

que « l’on parle beaucoup de l’importance de la nouvelle évangélisation en

vidant ce mot de son contenu ». C’est pourquoi il met l’accent sur le fait

que le christianisme est « davantage qu’un ethos humain ». « Un christianisme

qui se réduirait à une morale est voué à mourir », dit-il. Ce qui est important pour l’Eglise, c’est que « l’élément cultuel – la prière, le culte et

les sacrements – soit davantage mis en valeur » et que l’on redécouvre ainsi

« le coeur du christianisme » et « la simplicité de la foi évangélique ». Et le

cardinal de souhaiter que « tous, évêques, prêtres et laïcs, nous prenions

l’Evangile au sérieux et en témoignions sans crainte ». (apic/cip/be)

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