Pays-Bas:Mgr Hendrik Joseph Bomers, évêque de (040394)
Mis au ban de son diocèse
Haarlem, 4mars(APIC) Et si l’épiscopat démissionnait en bloc ? La suggestion en a été faite aux Pays-Bas il y a un peu moins d’un an par trois
professeurs de l’Université catholique de Nimègue, au lendemain de la démission-surprise de Mgr Bär, évêque de Rotterdam, qu’avait précédée celle
de Mgr Gijsen, évêque de Roermond. Comme l’avait fait ce dernier, c’est aujourd’hui au tour d’un autre évêque hollandais, Mgr Hendrik Bomers, 58 ans,
évêque de Haarlem, de renoncer à une partie de ses prérogatives, annonce
l’agence de presse catholique belge CIP, à Bruxelles.
La décision de Mgr Bomers, qui est prise à titre provisoire, est communiquée dans une lettre envoyées aux paroisses et aux doyennés. Mgr Bomers
se met en réserve pour « une année ou deux » en renonçant à ses prérogatives
dans des domaines comme la formation sacerdotale ou la liturgie. Par cette
décision, l’évêque se conforme à une recommandation émise par un « comité
des sages » qu’il avait lui-même mis en place l’été dernier.
Mgr Bomers, un lazariste de 58 ans, a été nommé sur le siège de Haarlem
en 1983. Il y avait été accueilli dans un climat franchement hostile. Depuis, il avait été contesté dans la plupart de ses décisions, pour être finalement mis au ban de son diocèse (dont fait partie Amsterdam) par une association réunissant 170 de ses 251 prêtres et la quasi totalité de ses 66
travailleurs pastoraux.
Une situation devenue « intenable »
Ceux-ci avaient « honte de la façon dont Mgr Bomers frustre et décourage
notre diocèse depuis bientôt dix ans », « honte d’un tel évêque ». Fin mai,
une délégation mandatée par les doyens avait rencontré le nonce, Mgr Henri
Lemaître, pour lui expliquer que la situation était devenue « intenable ».
Mgr Bomers s’est vu reprocher une « vision unilatérale » de l’Eglise qui, selon l’association qui l’a déclaré « persona non grata », le rend « inapte à
toute forme de collaboration ». Il ne tenait en effet aucun compte de avis
de ses plus proches collaborateurs. C’est contre leur volonté qu’il avait
ainsi permis l’installation dans son diocèse d’un « convict » (centre de formation) du « Chemin néo-catéchuménal ».
Le 24 janvier 1993, le pape avait accepté la démission de Mgr Joannes
Baptist Matthijs Gijsen, l’évêque de Roermond, un peu plus de deux ans
après une « démocratisation » de ce diocèse, l’évêque ayant en effet délégué
à deux de ses collaborateurs la quasi totalité des charges liées au ministère épiscopal. A la mi-mars, c’était au tour de Mgr Ronald Philippe Bär,
évêque de Rotterdam, de démissionner à la suite d’un « complot » ourdi dans
les milieux ultraconservateurs.
« Le retrait inattendu des évêques Gijsen et Bär, ainsi que l’attitude de
la Conférence épiscopale à la suite de leur départ, a entamé gravement la
crédibilité des évêques en fonction, à tel point que ceux qui restent en
place feraient mieux de démissionner », avaient déclaré à la KRO (radio-tv
catholique) trois professeurs de l’Université catholique de Nimègue, estimant que, dans sa réaction à la démission de Mgr Bär, l’épiscopat s’était
discrédité. (apic/cip/be)
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