Berne: Assemblée de printemps de la Conférence des évêques suisses
Berne, 3mars(APIC) Réunie pour son assemblée de printemps à Lucerne la
Conférence des évêques suisses (CES) a accueilli en son sein l’évêque désigné du diocèse de Bâle, Mgr Jean-Georges Vogel, et l’évêque auxiliaire désigné du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Mg Pierre Bürcher. Parmi
les diverses questions à l’ordre du jour, la célébration de l’Année de la
famille et celle des immigrés ont été au centre des discussions.
Les évêques ne sont pas seulement préoccupés des «petits» problèmes de
l’Eglise en Suisse a relevé d’entrée Mgr Pierre Mamie, président de la Conférence des évêques suisses. Si les médailles suisse aux Jeux Olympiques de
Lillehammer ont été appréciées, un motif plus grand de soulagement a été le
respect de la trève «olympique» à Sarajevo.
Dans une autre région du monde, les attentats d’Hébron et de Jounieh
montrent hélas une escalade de la violence inconnue jusqu’alors puisqu’on
s’en prend à des personnes réunies pour la prière. Et Mgr Mamie d’inviter
les Suisses à manifester leur solidarité face aux personnes en détresse.
Les prochaines votations fédérales du mois de juin concernent deux
aspects précis de cette solidarité. Sans vouloir donner de mot d’ordre politique, la CES entend tout de même présenter quelques critères de discernement. A propos de la nationalisation facilitée pour les jeunes étrangers,
la CES appelle à une solution positive de ce problème. La question des casques bleus fera l’objet d’une prise de position prochaine de la Commission
Justice et Paix.
Solidarité encore sur la question de l’accompagnement pastoral des immigrés (il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise, rappelle Mgr Mamie). La CES a
adopté une «marche à suivre» établissant les critères d’érection, de fusion, ou de suppression de missions linguistiques en Suisse. Des tensions
se manifestent non seulement entre Suisses et immigrés mais aussi entre immigrés des diverses générations induisant des comportements culturels différents dont la pastorale doit tenir compte.
Pour l’Année de la famille, les évêques annoncent le congrès sur la famille qui se tiendra à Rome du 6 au 8 octobre 1994 et une rencontre des familles du monde autour du pape Jean Paul II qui aura lieu le lendemain. La
CES enverra une délégation à chacune de ces deux manifestations. En Suisse
l’Année de la famille revêtira un caractère essentiellement local. Les évêques invitent les catholiques à s’associer aux diverses manifestations en
collaboration avec les membres des autres Eglises ou les autorités civiles.
Pour sa dernière intervention dans le cadre de la CES, Mgr Gabriel Bullet, évêque démissionnaire à Lausanne, a présenté brièvement la lettre de
Jean Paul II aux familles. Ce document très riche (trop) expose les raisons
profondes, les motivations humaines et chrétiennes qui soustendent les positions de l’Eglise sur la famille. Il est regrettable qu’elles soient trop
souvent présentées comme des affirmations formelles ou des interdits, note
Mgr Bullet. L’homme créé à l’image de Dieu ne peut s’épanouir que dans la
dignité, le respect et la vérité. De même la famille est à l’image de Dieu
trinitaire. Pour Mgr Bullet, le langage de Jean Paul II, basé sur sa philosophie personnaliste, est malheureusement difficile pour les familles «ordinaires». De plus le pape n’aborde pas dans ce texte les questions pastorales concrètes. D’où la nécessité de faire passer le message aux divers
niveaux pour promouvoir un renouveau de la famille.
La CES avait invité en outre le Père Adrian Schenker, professeur à
l’Université de Fribourg et membre de la Commission biblique pontificale,
pour exposer les raisons et les enjeux du récent document sur «l’interprétation de la Bible dans l’Eglise». Il s’agit d’un texte «objectif» qui garde ouvertes les diverses perspectives d’interprétation de la Bible. le Père
Schenker souligne en particulier la vision positive de la théologie de la
libération ainsi que l’ouverture à l’interprétation judaïque, ce qui est
tout à fait nouveau dans un document catholique. La Bible est devenue non
seulement un élément essentiel de l’oecuménisme, mais aussi du dialogue interreligieux.
Encadré
Mgr Gabriel Bullet: 23 ans d’épiscopat
Dressant un bilan de ses 23 ans d’épiscopat, Mgr Gabriel Bullet, évêque auxiliaire à Lausanne a mis l’accent sur les profondes mutations de la société et de l’Eglise. L’éclatement des structures traditionnelles de la famille, de la société, de la politique ont conduit à une sécuralisation grandissante. C’est-à-dire à une séparation de plus en plus nette entre l’Eglise et la société.
Mgr Bullet a consacré beaucoup d’énergie à la mise en oeuvre du Concile
Vatican II, pour la liturgie, la catéchèse ou les structures ecclésiales
mais surtout pour une prise de conscience du rôle des laïcs. «J’ai été le
témoin privilégié de l’évolution de la pensée de l’Eglise sur la place des
laïcs depuis 50 ans», rappelle Mgr Bullet. De Pie XI à Paul VI et Jean Paul
II. Les laïcs ne sont pas des spectateurs exigeants, mais des acteurs responsables. Ils ont pris leur place dans la pastorale, la catéchèse et la
formation. «J’ai beaucoup reçu des laïcs.» L’évêque termine en insistant
sur la nécessité de redécouvrir la valeur fondamentale du mystère pascal
qui est celui de la Rédemption. Toute l’action pastorale doit porter làdessus. (apic/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/berne-assemblee-de-printemps-de-la-conference-des-eveques-suisses/