La Conférence sur la population du Caire en discussion

Rome: Synode des évêques pour l’Afrique (280494)

Rome, 28avril(APIC) Mgr Diarmuid Martin, secrétaire du Conseil pontifical

Justice et Paix a présenté jeudi au Synode des évêques pour l’Afrique son

rapport sur la récente rencontre, tenue à New York, pour la préparation à

la Conférence sur la population et le développement du Caire. Mgr Martin a

rappelé que seules 7 pages sur les 82 que compte le document préparatoire

sont consacrées au développement. En outre, le texte préconise de tripler

ment les fonds destinés aux politiques de population qui passeraient de

1,4% à 4% des fonds internationaux pour le développement, soit de 5 à 13

milliards de dollars pour l’an 2’000.

Même si une partie de cet argent provient de dons, surtout des Etats-Unis et du Japon, il est certain que le reste sera pris sur d’autres projets

de développement concernant l’éducation, les services sanitaires le développement industriel ou les interventions pour les catastrophes naturelles,

a déploré Mgr Martin.

Le représentant du Saint-Siège s’est surtout inquiété du changement de

philosophie depuis la rencontre de Mexico. On parle maintenant de ’style de

vie’, ce qui correspond au triomphe de l’individualisme. On parle de ’droit

reproductif’ en oubliant totalement le service sanitaire. En leur donnant

un semblant de légalité, on veut encourager les activités sexuelles chez

les adolescents, voire chez les enfants, a constaté le prélat. Pour justifier l’avortement, qu’on insère parmi les éléments essentiels de la santé,

on insiste sur le fait qu’il est très répandu dans le monde, en donnant en

outre des statistiques sur la mort des femmes lors d’avortements clandestins.

Mgr Martin a également remis en cause en outre la position naïve selon

laquelle les avortements dimunueront simplement si l’on a assez de services

de planification familiale. Les Etats-Unis où les pratiques contraceptives

sont très répandues ont un taux d’avortements parmi les plus élevés dans le

monde.

Les grandes réticences du document devant le terme de ’mariage’, tout à

fait marginalisé, et devant le terme ’amour’ qui est carrément absent, montre combien est forte la nécessité de redécouvrir, protéger et promouvoir

ces notions, a expliqué le prélat. Et de relever comme une ’petite victoire’ le fait que la question de l’avortement a été mise entre parenthèses

car aucun accord n’a été obtenu en la matière.

Mgr Martin a recommandé à l’Eglise de s’impliquer sur quatre fronts:

Connaître et faire connaître les politiques nationales de chaque pays sur

la population et intervenir auprès des autorités; dialoguer davantage avec

les non-catholiques et avec les représentants des autres religions; le

troisième front consiste à éclairer la société dans son ensemble sur ces

questions; enfin la prière et le témoignage doivent être développés surtout

dans les familles et les couples mariés. « La communauté internationale est

peut-être trop disposée au compromis car elle a perdu courage et confiance.

L’Eglise peut l’aider avec les moyens qui lui sont propres », a conclu Mgr

Martin.

Lors de la discussion, plusieurs pères synodaux se sont interrogés pour

savoir si la préparation de la Conférence du Caire n’est pas trop influencée par les médias et les groupes de pression.

Les travaux du Synode ont ensuite repris leurs cours normal avec les

rapports de cinq ’circuli minores’, un en italien et quatre en anglais. La

structure de tous ces rapports est assez semblable, conditionnée qu’elle

est par le rapport intermédiaire du cardinal Thiandoum et par le questionnaire qui y était joint et qui, pour l’essentiel, reprend la division en

cinq parties de l’Instrumentum laboris. (apic/sv/mp)

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