« Les hypothèses récentes n’apportent pas d’éléments nouveaux »
Fribourg, 20avril(APIC) Les hypothèses lancées dans la presse ces
derniers jours sur la réalité du miracle de la Dent-de-Lys attribué à l’intercession de Marguerite Bays n’apportent pas d’éléments nouveaux. Il
s’agit de faits résolus. Tel est l’avis du Père Humbert Thomas Conus, postulateur de la cause qui a coordonné l’ensemble du procès. Tous les détails
ont été soigneusement examinés par plusieurs séries d’experts qui ont tranché en tout indépendance, a-t-il rappelé mercredi à l’Agence APIC. Les actes du procès qui relatent toutes les enquêtes et tous les interrogatoires
peuvent être librement consultés par les personnes intéressées, ajoute encore le Père Conus.
Lors de l’enquête ordonnée par le diocèse en 1987-1988, six guides et
alpinistes de la région ont formulé leurs hypothèses. Le Vatican a ensuite
nommé deux experts du Val d’Aoste qui ont donné leur avis en se basant sur
la documentation réunie à Fribourg, y compris le dossier photographique.
Dans une troisième expertise trois guides instructeurs militaires de la Guardia di Finanza italienne, de la région des Dolomites ont été encore consultés.
A aucun moment il n’a été demandé à ces experts de se prononcer sur un
miracle, mais uniquement de déclarer si la rupture de la corde était explicable. Les avis n’étaient pas unanimes, « ce que nous n’avons jamais tenté
de faire croire », dit le Père Conus. L’expert Winckler, un des alpinistes
fribourgeois mandaté par le tribunal diocèsain, notamment n’était pas
d’accord. « Ce fait n’a jamais été caché », contrairement à ce que laisse
entendre le Nouveau Quotidien dans son édition de mercredi, estime le
postulateur, et le rapport Winckler figure au dossier. Selon la procédure
prévue, un avis exprimé par la majorité des experts consultés est cependant
suffisant.
Ce sont les théologiens du Vatican qui déterminent le caractère miraculeux des faits à partir des expertises scientifiques, mais aussi selon les
normes de la foi. « La notion de miracle se situe à un autre niveau. Faire
reconnaître un miracle par le Vatican est très difficile. Sur les quelque
2’000 faits considérés comme inexplicables par les médecins à Lourdes,
seuls 65 ont été admis comme miraculeux », rappelle le Père Conus.
Autre élément présenté comme nouveau, le noeud de la corde apparaissant
sur la photo publiée dans la presse ne l’est en fait pas, explique le postulateur. Trois autres photos, contenues dans le dossier, prises au même
endroit par l’abbé Davet montrent ce noeud et les expertises en tiennent
compte, souligne le Père Conus qui précise que ces clichés ont été faits
avant d’entamer l’ascencion proprement dite, près du dernier chalet, visible sur les images. Dès 1940, ces photos ont circulé dans la Glâne chez des
gens qui désiraient les avoir. (apic/mp)
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