Suisse: «Pas d’économies sur le dos des pays pauvres» (190494)

Oeuvres d’entraide: 4,2 milliards pour le développement des pays du Sud

Berne, 19avril(APIC) Les oeuvres d’entraide privées suisses (Swissaid,

Action de carême, Pain pour le Prochain, Helvetas et Caritas) demandent au

Conseil fédéral et aux parlementaires d’accorder un crédit de programme de

4,2 milliards de francs pour les quatre prochaines années comme aide financière au tiers monde. Lors d’une conférence de presse donnée mardi à Berne,

Gabrielle Nanchen, ancienne Conseillère nationale valaisanne et actuellement présidente de Swissaid, a fortement insisté pour que la Suisse ne revienne pas sur ses engagements d’atteindre le O,4% du produit national

suisse (PNB) en faveur du développement des pays du Sud.

Gabrielle Nanchen n’a pas caché que des citoyens et des parlementaires

suisses sont tentés de rogner sur les crédits destinés au tiers monde. Motifs économiques et politiques se conjugent pour penser que le moment n’est

pas opportun de maintenir, voire d’augmenter notre contribution financière.

« A quoi bon donner tant d’argent, alors que nous avons des finances fédérales en difficulté, que notre taux de chômage est inquiétant et que l’intolérance face aux étrangers monte aussi?. Oui, grande est la tentation de

nous replier sur nous-mêmes. Devant ce qui se passe actuellement au Rwanda,

’cet enfant chéri de la DDA’, certains ont envie de baisser les bras. Mais

la présidente de Swissaid redit que la Suisse n’est pas une île. Le développement économique des pays du Sud est aussi garant de notre prospérité

économique. Le meilleur moyen pour éviter l’arrivée massive en Europe de

réfugiés chassés par la misère et les guerres, c’est encore d’établir des

liens de coopération et de partage pour que le monde soit plus juste et solidaire.

« Le monde, ce grand village… »

Gabrielle Nanchen trouve tout à fait normal que nous consacrions de

l’argent à « ce grand village » que devient le monde. Accorder un crédit de

0,4% du PNB, ce n’est pas seulement appliquer ce qu’a publiquement souhaité

Flavio Cotti, Conseiller fédéral, mais aussi maintenir le statu quo, alors

que les pays scandinaves et la Hollande sont plus généreux. L’ancienne Conseillère nationale a aussi rappelé l’objectif des Nations Unies qui demandent aux pays riches de consacrer 0,7 de leur PNB aux pays en voie de développement.

Richard Gerster, directeur de la Communauté de travail des oeuvres d’entraide, a souhaité de son côté que la notion de pays de concentration de la

Coopération au développement fasse l’objet d’un réexamen. Pour que les relations qu’entretient la Suisse avec les pays du Sud gagnent en cohérence

pour vraiment stimuler le développement. « Il faudrait surtout que le pays

partenaire ait le droit et le devoir, en vertu du principe de la symétrie

du droit, de proposer des réformes visant à faire de la Suisse un pays dont

les pratiques sont compatibles avec un développement durable de la planète ».

Enfin Werner Külling, directeur d’Helvetas, a souhaité que la politique

de développement de la DDA et des oeuvres d’entraide soit plus présente

dans le débat public. Il a en outre demandé que la Confédération intensifie

sa collaboration avec les oeuvres privées. Pour celles-ci, les défis du

vrai développement des pays du Sud exigent, à n’en pas douter, une DDA solide et efficace. Elle doit disposer de capacité et de compétences accrues

dans le domaine multilatéral. Les organisations privées veulent continuer à

être des partenaires loyaux et engagés dans un processus de tranformation

indispensable. (apic/ba)

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