Synode africain: les interventions sur l’inculturation plus concrètes
Rome, 19avril(APIC) Les évêques réunis en Synode ont entendu au cours des
deux dernières séances, lundi soir et mardi matin, pas moins de 38 interventions, dont certaines très brèves. Par exemple celle du cardinal Angelini, président du Conseil pontifical pour la pastorale des services de santé, qui a signalé qu’en Afrique, où les catholiques sont 13 %, pas moins de
17 % des institutions sanitaires sont gérées par l’Eglise.
Le cardinal Etchegaray, président des Conseils «Justice et Paix» et «Cor
Unum», a quant à lui rappelé que la démocratie est le «chaînon manquant»
entre le développement et la paix. Parmi les 44 pays «moins avancés», selon
la définition des Nations Unies, 31 se trouvent en Afrique. Le progrès
s’est avéré pour beaucoup une désillusion, a déclaré le cardinal.
Le cardinal Yago a pour sa part loué l’engagement de l’Eglise dans les
domaines de la santé et du développement. Il a demandé que l’action en faveur des droits de l’homme devienne une priorité par des initiatives concertées, mais aussi par une éducation au sens social, dès l’enfance, et par
l’établissement de commissions diocésaines «Justice et Paix».
Plusieurs évêques, entre autres Mgr Babyebga (Mbarara, Ouganda), se sont
inquiétés de la formation des prêtres, de leurs capacités en tant que leaders de communautés, en demandant qu’avant d’être ordonnés ils soient approuvés également par la communauté, et que celle-ci puisse décider qui
peut rester dans le ministère sans attendre la décision romaine (vu la longueur des procédures en cas de sécularisation des prêtres), même si Rome
doit bien entendu en être informée après coup, a-t-il précisé.
La sauvegarde de l’environnement a fait l’objet de l’intervention de Mgr
Wamala (Kampala, Ouganda), qui la replacée dans son contexte, celui d’une
famine généralisée et d’une détérioration continuelle des cours des produits africains traditionnels (café, cacao…).
Mgr Henry (Le Cap, Afrique du Sud) s’est inquiété de l’avenir du diaconat permanent en Afrique, vu que sur 280 diacres permanents dans le continent, 50 exercent leur ministère dans son diocèse.
Mise en garde contre la sorcellerie
Les interventions concernant l’inculturation se font toujours plus concrètes. Elles contiennent des mises en garde sur la sorcellerie et des pratiques ancestrales dans la vie quotidienne des chrétiens (Mgr De Souza, de
Cotonou, au Bénin, et Mgr Ngoy, de Manono, au Zaïre).
Mgr Rakotonirina (Farafangana, Madagascar), a souligné l’importance
d’explorer davantage la philosophie traditionnelle africaine, en particulier dans sa variété malgache, pour trouver un point de rencontre «avec la
prière et avec la foi des religions traditionnelles».
Mgr Kumuondala (Mbandaka, Zaïre) a souligné «les affinités intrinsèques
de la culture et de la religion traditionnelle africaine avec le monde de
la Bible», affinités qui portent sur le langage et sur la société traditionnelle africaine comparée avec la société de l’Ancien et du Nouveau Testaments.
Sur l’inculturation, on retiendra aussi une intervention de Stephanos II
Gatthas, patriarche d’Alexandrie des coptes (Egypte), qui a rappelé qu’elle
a été la sauvegarde des Eglises en Egypte et en Ethiopie, ce qui leur a
permis de survivre à l’arrivée de l’islam, tandis que des Eglises moins
bien enracinées, comme au Maghreb, pourtant florissantes au moment de l’invasion arabe, ont totalement disparu.
Mgr Kombo (Owando, Congo) a parlé du mélange inextricable entre politique et religion dans son pays, en évoquant sa propre expérience comme président de la Conférence nationale de réconciliation, mais aussi d’autres
pages de l’histoire du pays, comme l’assassinat du cardinal Biayenda, au
temps du «socialisme scientifique».
Mgr Orsmond (Johannesburg, Afrique du Sud) a invité le pape à visiter
son pays, cette fois spontanément (allusion à une escale forcée lors d’un
de ses voyages africains), car la situation politique a changé. Le pape a
accepté «volontiers». (apic/sv/pr)
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