Synode africain: 70 évêques au tombeau de François d’Assise (180494)

Rome, 18avril(APIC) A l’invitation de la Communauté de Sant’Egidio, une

septantaine de pères synodaux ont fait ce week-end un pèlerinage à Assise,

où ils se sont recueillis auprès du tombeau de saint François. Parmi eux

figurait l’un des trois présidents-délégués de l’Assemblée, le cardinal Tumi, archevêque de Douala (Cameroun) et président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM).

En introduisant cette journée de prière pour la paix, le professeur Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, a longuement parlé de François et de ce que son esprit peut apporter au Synode africain.

Né dans une famille riche et promis à une avenir brillant, François

s’est converti au radicalisme évangélique après avoir fait l’expérience de

la rencontre du pauvre et avoir entendu l’appel du Christ. Soucieux d’annoncer l’Evangile sans ajout, il vivait la culture de son temps: il pensait

et parlait en italien, tandis que l’Eglise baignait dans le latin. « Pour

parler aux grands et aux puissants, a estimé l’orateur, il ne faut pas devenir grand et puissant ». Le professeur Riccardi a ensuite parlé de deux

défis relevés par François de son temps: les conflits internes et la peur

de l’islam. La société d’alors était dominée par la violence, les oppositions de clans, la culture des armes. En 1210, François oeuvre à la réconciliation entre deux clans à Assise, car pour lui la paix est une exigence

chrétienne. « La paix n’est pas seulement portée par les puissants, mais par

le faible ». Le deuxième défi, c’est l’islam qui, à cette époque, était

puissant et considéré comme l’empire du mal. Depuis sa conversion, François

a compris que Dieu aime tous les hommes. Il veut dès lors renverser la culture de la haine et la remplacer par le dialogue. En rencontrant le sultan,

François ouvre un chemin nouveau pour la paix: l’Eglise n’a pas d’autre arme que l’Evangile.

« L’Afrique est mon épouse »

A plusieurs reprises, François tente de venir en Afrique, mais il n’en

voit que le côté musulman. François est un homme de deux bords: du nord et

du sud. Or, a poursui le professeur Riccardi, se développe aujourd’hui une

thèse selon laquelle les nouveaux barbares du sud menacent le nord. « Le

synode est appelé à répondre à cette idéologie de la frontière », a-t-il déclaré. François qui, en son temps, voulait épouser Dame Pauvreté parce que

la plus belle, dirait aujourd’hui: « L’Afrique est mon épouse, l’Afrique est

belle. » Et le fondateur de la Communauté de Sant’Egidio de conclure : « La

grâce que nous demandons de ce pèlerinage au tombeau de François est celle

d’une alliance d’amour entre le nord et le sud. »

Appel aux chrétiens du nord

Mgr Kpakala Francis, archevêque de Monrovia, au Libéria, a ensuite

adressé quelques interpellations très fortes à l’Assemblée. « Les souffrances dont nous sommes témoins sont d’abord causées par le péché et les

structures de péché. Comme évêques, nous avons la responsabilité de parler,

nous ne le faisons pas assez. Aucun d’entre nous ne peut dire que cela ne

le regarde pas. » L’archevêque a ensuite évoqué le rôle des pays développés:

c’est de là que proviennent les armes, c’est à eux que nos pauvres paient

des dettes, c’est ce monde qui nous a imposé des clauses injustes. Nos

droits sont violés avec arrogance et impunité. Les chrétiens du nord doivent faire quelque chose. ils ont l’obligation de dire que cela suffit et

de sensibiliser leurs gouvernements, les multinationales et les gens à tout

le mal que leurs pays nous font, non seulement au plan économique, mais

aussi dans le domaine des valeurs morales et par leur influence déchristianisante. « Je vous en prie, souvenez-vous du Corps mystique du Christ et

aidez-nous! »

Une eucharistie solennelle, présidée par le cardinal Tumi, a ensuite été

concélébrée dans la basilique inférieure. Les processions d’entrée et d’offrandes selon la forme zaïroise, les chants vigoureux en italien et dans

plusieurs langues africaines, la dignité des lieux ont nourri la ferveur

d’une foule dense et chaleureuse. Puis les concélébrants se sont rendus auprès du tombeau de saint François pour s’y recueillir. (apic/cip/pr)

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