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Le pape appelle à mettre fin aux combats fratricides
Rome, 10avril(APIC) L’ouverture solennelle, dimanche matin à Rome, de
l’assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Afrique a été assombrie
par les nouvelles de combats meutriers au Rwanda. Jean Paul II a lancé un
vibrant appel dans son homélie à mettre fin aux conflits. Il a condamné la
vague catastrophique de haine absurde, de violence et de mort dont de nombreux prêtres, religieuses et catéchistes ont aussi été les victimes.
Le pape a assuré de sa sympathie et de la solidarité de tous les participants au Synode les quatres évêques du Rwanda qui n’ont pu faire le déplacement de Rome.
La cérémonie d’ouverture a rassemblée quelque 5’000 fidèles dans la
basilique St-Pierre pour une liturgie rythmée de musiques, de danses et de
chants africains repris par les centaines de religieuses et de prêtres
africains présents.
Jean Paul II a rappelé qu’il s’agissait du premier Synode de l’histoire
de l’Eglise du continent africain. Il a salué en particulier le respect de
la vie des peuples africains et a souligné leur droit à l’autodétermination
et au choix de systèmes étatiques qui respectent leur culture et leur usages. Le pape a dénoncé à ce sujet la prétendue culture du progrès qui se
fait souvent pour les peuples africains au prix d’une négation de la vie.
Ainsi les Africains sont-ils contraints, par des systèmes économiques qui
servent l’égoïsme des riches, à utiliser des moyens qui empêchent la vie.
Jean Paul II a évoqué également les injustices et les souffrances héritées de l’époque coloniale comme le commerce des esclaves. Les peuples musulmans d’Afrique du Nord n’ont pas manqué non plus de retenir l’attention
du pape qui leur a adressé un salut spécial.
Pour un Synode authentiquement africain
Parlant du Synode, le pape a émis le voeu qu’il soit authentiquement
africain, qu’il puisse retourner à ses sources vers ce qui fait que
l’Eglise en Afrique est à la fois africaine et universelle.
Le Synode, qui durera jusqu’au 8 mai, rassemble près de la moitié de
l’épiscopat africain, soit 221 des quelque 500 évêques du continent. La
participation des représentants de la curie, experts et auditeurs porte le
nombre des membres de l’assemblée à plus de 320. Près de 90 millions de
catholiques vivent aujourd’hui dans les 53 pays africains.
L’élément central du Synode doit être l’enraciment de l’Evangile dans la
culture africaine. Mais outre les questions proprement religieuses, on
devrait faire aussi une large place aux questions de la justice de la paix
du développement, de la démocratie, de la faim ou encore du sida. Le Synode
doit en effet permettre, toujours selon les propos du pape, d’examiner comment les principes de l’enseignement social de l’Eglise sont appliqués en
Afrique. « L’Afrique a fait l’expérience de beaucoup d’injustices au cours
de son histoire » Cela doit changer, au nom de Dieu, au nom des droits de
l’homme et au nom du bien commun de l’humanité, a poursuivi Jean Paul II.
Le thème du dialogue oecuménique fera égalemment l’objet de la discussion. A ce propos le pape a salué les représentants des Eglises orthodoxes,
en particulier copte et éthiopienne, ainsi que ceux des Eglises issues de
la Réforme. Le pape a rappelé que l’on doit souvent aux missionnaires un
élan renouvelé vers la recherche de l’unité des chrétiens. Lors de la proclamation de l’Evangile, les missionnaires ont expérimenté combien les divisions confessionnelles sont un obstacle pour la foi.
Dans la mesure de ses possibilités, Jean Paul II devrait participer personnellement aux débats de l’assemblée. (apic/cic/mp)
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