Toutes les chaînes de télévision ont présenté une émission unique
7avril(APIC) Les sept chaînes nationales de télévision françaises ont
diffusé jeudi soir un programme unique, intitulé «Sidaction», pour mobiliser les Français en faveur des malades du sida et pour récolter des fonds
qui iront à part égale à la recherche médicale et aux victimes de la maladie. Variétés, informations, interviews se sont succédés toute la soirée.
Le Père Antoine Lion, dominicain et l’abbé Pierre ont aussi donné leur témoignage.
Devenue cause nationale, le sida a fait jeudi la une de tous écrans, radios et de la plupart des quotidiens . Un trêve momentanée de la guerre des
chaînes de télévision et de la course à l’audimat a permis cette première
historique d’envergure, a souligné l’actrice Line Renaud, marraine de
l’opération. «Cela aura nécessité des années d’efforts – et aussi parce que
l’épidémie a pris une telle ampleur – pour aboutir à une pareille mobilisation sur un seul jour. Au total 3 h.55 de direct réalisé depuis la salle de
concert «Le Zénith» où 4’000 invités se sont rendus.
Quel place les chrétiens ont-ils joué?
L’abbé Pierre se trouvait sur le plateau et le dominicain Antoine Lion,
responsable de «Chrétiens et sida» a été invité dans le dernier volet de
l’émission. Une présence somme toute assez maigre et quelque peu inconfortable pour le Père Lion qui n’a jamais fait mystère de ses divergences
de vue avec magistère romain sur l’épineuse question du sida. Avant l’émission, «Chrétiens et sida " avait tenu à souligner que «les autorités religieuses ne sont pas là pour rappeler des principes moraux mais pour montrer
la dimension spirituelle mise en jeu par la maladie». En filigrane, est
évoquée la question de la distorsion entre les positions officielles du Vatican sur la contraception, le préservatif ou l’homosexualité et la réalité
de l’épidémie. Duplicité ou refus de la langue de bois, l’alternative est
délicate pour tous les hommes d’Eglise qui interviennent sur le terrain.
Pour sa part, le Père Jean-Michel di Falco, porte-parole de l’épiscopat, a
approuvé chaleureusement la semaine dernière l’initiative «Sidaction». Se
référant à la civilisation de l’amour qu’appelle Jean Paul II , il a posé
la question: «Qui oserait dire que le sida est une punition de Dieu?».
Bien que les protestants de France, cofondateurs de «Chrétiens et sida»,
y aient une place entière et active, aucun de leurs représentants n’a été
invité pour la circonstance. Au grand dam de la Fédération protestante de
France qui eut aimé faire entendre une voix plus nuancée, moins définitive.
Son président, Jacques Stewart, a néanmoins fait savoir mercredi qu’il souhaitait que l’essentiel, via la grande émission de jeudi-soir, soit perçu:
«Apprendre ensemble, malades et bien portants, à devenir responsables les
uns des autres, les uns par les autres».
L’état de la maladie en France
Chaque jour, 15 nouvaux cas de sida sont diagnostiqués en France: 5’405
l’ont été en 1993. Selon la Direction générale de la Santé, le nombre de
séropositifs se situe entre 60’000 et 160’000. Les associations de lutte
contre le sida parlent de 300’000 cas. Ces différences dans les chiffre
s’explique du fait des non-déclarations et des délais d’enregistrement. On
estime aujourd’hui que la contamination hétérosexuelle est presque aussi
importante que la contamination homosexuelle. Et le taux de progression
chez les femmes est en forte hausse. (apic/jcn/ba)
4’000
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