Mali: «J’ai vu l’Eglise communion fraternelle» (250594)

Témoignage d’Hélène Diarra, mère de famille et auditrice au Synode africain

Alexis Dembelé pour l’Agence APIC

San, 25mai(APIC) Hélène Diarra, enseignante et mère de famille malienne

était l’une des six femmes africaines présentes en tant qu’auditrices au

Synode des évêques pour l’Afrique. « J’ai senti une Eglise visible, une

Eglise communion fraternelle », explique-t-elle à son retour au pays. Enraciner le message dans son milieu de vie, telle est à son avis la tâche de

tout Africain chrétien.

APIC: Le thème principal du Synode était l’Evangélisation. Comment vous at-il touchée?

Hélène Diarra: Ce thème concerne tous les baptisés. Notamment nous les

laïcs en tant que collaborateurs des évêques et envoyés du Christ. Le chrétien doit proclamer la Parole par sa vie, puisque que le Christ dit: « Vous

serez mes témoins ». L’ambiance à Rome était fraternelle, chaleureuse et laborieuse.

APIC: La situation de l’Afrique est pourtant très douloureuse?

H.D.: Effectivement planait sur les travaux l’image d’un « continent malade,

blessé, laissé au bord du chemin », selon l’expression d’un évêque. Un tableau assez noir: les réfugiés, les guerres civiles, la montée de l’intégrisme musulman. Je crois néanmoins que l’Eglise en Afrique peut appporter

l’espoir à un grand nombre de populations.

APIC: Trois évêques maliens étaient présents à ce Synode…

H.D.: Chacun des trois évêques a présenté un point particulier. Mgr JeanMarie Cissé, président de la Conférence épiscopale, a parlé des finances de

l’Eglise. Les chrétiens doivent perdre cette habitude de considérer que

l’Eglise est une ’étrangère’ qu’on peut dépouiller quand on en a l’occasion, a-t-il notamment expliqué. Que les chrétiens cessent d’utiliser

l’Eglise pour leurs objectifs personnels. Mgr Julien Sidibé, évêque de Ségou, a traité de la catéchèse et de l’inculturation. Sa formule: ’Que Jésus

Christ soit chez lui chez nous’ est devenue un refrain dans le groupe de

travail. C’est une manière parfaitement ramassée pour expliquer l’inculturation. Enfin la question du mariage traditionnel a été abordée par Mgr Luc

Sangaré, archevêque de Bamako.

APIC: Comment les quelques femmes dont vous étiez ont-elles pu apporter les

préoccupations des femmes africaines?

H.D.: Les pères synodaux ont accordé une large place à la femme. Surtout à

la femme rurale, mère et épouse. Ils lui ont exprimé une grande considération. La rencontre de Rome a relevé que la femme a une grande place au niveau de la famille, de la communauté, de la paroisse. Compte tenu de cette

place, le Synode souhaite une meilleure formation de la femme africaine. Le

pape parle du respect de la vie. Je crois que personne ne peut mieux respecter la vie que la femme. Elle la porte et elle la donne. C’est bien à

elle d’exiger ce respect. Là aussi le Synode africain n’a pas manqué de le

rappeler avec force.

APIC: Le Synode est maintenant achevé…

H.D.: Non, il ne fait que commencer. Nous qui avons eu la chance de vivre

ce cheminement, nous nous sentons engagés pour aider les évêques à sensibiliser le peuple de Dieu pour une évangélisation en profondeur. C’est aussi

la tâche de tout chétien africain: enraciner le message dans son milieu de

vie. (apic/ad/mp)

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