Rwanda: Caritas internationalis lance (180594)
Bruxelles, 18mai(APIC) « La communauté internationale a la responsabilité
et le devoir d’aider à mettre fin au massacre de civils innocents et de
pourvoir à une assistance humanitaire à toutes les victimes du conflit ».
C’est ce que rappelle Caritas Internationalis dans une note signée par son
président, Mgr Alfonso Gregory, et par son vice-président pour l’Afrique,
Mgr Anselme Sanon. La note lance un appel aux Rwandais, gouvernement, militaires, factions et citoyens, ainsi qu’à l’ONU et à l’Organisation pour
l’Unité Africaine.
Depuis l’attentat du 6 avril où les présidents du Rwanda et du Burundi
ont trouvé la mort, la situation du Rwanda n’a cessé de se détériorer, explique la note: l’ordre civil « a pratiquement disparu pour laisser la place
à une anarchie de plus en plus profonde ». Selon les estimations actuelles,
plus de 200’000 Rwandais ont été massacrés et un million et demi à deux
millions d’entre eux sont maintenant déplacés, soit à l’intérieur du pays,
soit dans les pays d’accueil voisins.
Après avoir signalé que les violences proviennent « d’une lutte pour le
pouvoir menée par différentes factions politiques qui ont intentionnellement exploité et exacerbé les rivalités ethniques traditionnelles » et
qu’elles menacent aussi de « réactiver le même type de tensions dans les
pays voisins », Caritas Internationalis s’inquiète du chaos dans lequel se
trouve le Rwanda, dont « la population survivante se trouve de plus en plus
confrontée à une importante pénurie alimentaire, consécutive à la sécheresse affectant depuis plusieurs mois certaines zones du pays ».
La communauté internationale a la responsabilité et le devoir d’aider à
mettre fin au massacre de civils innocents et de pourvoir à une assistance
humanitaire à toutes les victimes du conflit. C’est pourquoi, au nom du réseau des Caritas, Mgr Gregory et Mgr Sanon en appellent « au gouvernement
rwandais, aux soldats et aux autorités militaires, aux milices locales et
au Front Patriotique du Rwanda, afin que tous les Rwandais puissent pleinement bénéficier du respect des droits de l’homme, que cessent les tueries
des civils et que se négocie un cessez- le-feu ».
Ils en appellent aussi à l’Organisation des Nations Unies, à l’Organisation de l’Unité Africaine ainsi qu’à toutes les nations de bonne volonté,
pour qu’elles mettent tout en oeuvre « pour renforcer la présence de l’ONU,
favoriser par leurs missions de bons offices la reprise du dialogue entre
les parties belligérantes, et inciter le gouvernement intérimaire au Rwanda, des autorités militaires et le Front Patriotique Rwandais à négocier ».
« Le ferme engagement du respect des droits de l’homme, la réaffirmation
des accords d’Arusha, un engagement sérieux des parties belligérantes dans
des négociations diplomatiques avec le soutien de la communauté internationale sont des conditions indispensables et nécessaires à un nouveau mandat
de la MINUAR », plaide Caritas Internationalis, qui insiste: « C’est à ces
conditions que pourra s’organiser l’aide humanitaire nécessaire non seulement pour cette situation d’urgence, mais aussi pour la réhabilitation et
la reconstruction du Rwanda et de ses populations. » Pour l’heure, le réseau
Caritas a des programmes de secours au Rwanda, en Tanzanie, au Burundi et
au Zaïre. (apic/cip/mp)
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