Document du Conseil pontifical pour la famille
Rome, 13mai(APIC) Le Conseil pontifical pour la Famille a publié vendredi
un document de 68 pages qui fait le point sur les « Evolutions démographiques: dimensions éthiques et pastorales ». Le Vatican s’élève contre ce
qu’il appelle une « lecture alarmiste » de la situation, une « idéologie de la
peur de la vie ».
Le document est divisé en trois parties consacrées respectivement aux
réalités démographiques actuelles, aux attitudes à leur égard et à la position éthique et pastorale de l’Eglise catholique.
Le texte s’inscrit dans le cadre des nombreuses initiatives du SaintSiège concernant l’Année Internationale de la Famille et, même si elle
n’est pas mentionnée, de la prochaine Conférence du Caire sur la population
et le développement, dont la préparation a soulevé une opposition catholique très ferme à l’idée de promouvoir le recours à l’avortement.
Le document du Vatican s’élève en particulier contre ce qu’il appelle
une « lecture alarmiste » de la situation, doublée d’une « idéologie de peur
de l’avenir et de méfiance de l’homme ». Car – toute la première partie est
consacrée à cet aspect des choses – il n’y a aucun lien évident entre sousdéveloppement et croissance démographique, même là où celle-ci est très
forte. En effet, de nombreux pays pauvres « possèdent des ressources naturelles considérables ».
Le sous-développement est lié, estime le Conseil pour la Famille, aux
« relations internationales » et à la mauvaise gestion des ressources. « Les
pénuries alimentaires mises en exergue ces dernières années dans les médias
ont résulté de guerres, de luttes fratricides, comme ce qui peut se voir
actuellement dans différents pays, ou de mauvaise gestion, étatique ou privée, beaucoup plus que de l’inclémence du climat ou d’autres causes naturelles ». Depuis la découverte de la pomme de terre, qui a provoqué « une
véritable révolution de l’alimentation » jusqu’à la « révolution verte »,
l’initiative de l’homme a permis des progrès qui sont loin de s’épuiser.
Pas de lien entre environnement et population
Le Conseil estime qu’il n’y a pas non plus de lien entre l’environnement
et la population. Il rappelle à ce propos que les technologies de l’Europe
de l’Est et du tiers monde sont bien plus polluantes que celles des pays
développés. En fait, « ce sont les modèles de production et de consommation,
ainsi que les types d’activité économique, qui déterminent la qualité de
l’environnement ».
Chantage
Le document dénonce aussi dans sa deuxième partie les pressions des pays
riches et des grandes organisations internationales. Ils « sont certes disposés à aider économiquement ces pays, mais à une condition: qu’ils acceptent des programmes de contrôle systématique de leur natalité ».
Le texte reconnaît comme un fait avéré qu’ »il existe un vaste réseau international d’organisations bien pourvues financièrement qui visent à la
réduction de la population ».
Les méthodes artificielles de contraception sont réunies sous quatre
chefs: contraception hormonale, stérilisation, avortement et infanticide.
Sur ce dernier point, le document souligne qu’il est « toujours pratiqué
dans certains pays afin de contrôler la situation » et que « les filles en
sont le plus fréquemment les innocentes victimes ».
Une doctrine cohérente
La doctrine papale en la matière est présentée, dans la troisième partie, comme « un corps de doctrine comportant plusieurs volets », dont on souligne la cohérence depuis Jean XXIII jusqu’à Jean-Paul II.
Le Vatican ne nie pas qu’il y a des problèmes, et le document affiche
une réelle ouverture: « L’Eglise souhaite entretenir un dialogue constructif
avec ceux qui restent convaincus de la nécessité de mettre en oeuvre un
contrôle impératif des populations et avec les gouvernements et institutions qui se préoccupent de politiques de la population, car il y a des
problèmes démographiques réels, même s’ils sont souvent envisagés d’un
point de vue erroné et si des solutions perverses sont souvent proposées
pour le résoudre ».
Chrétiens piégés dans des « attelages disparates »
Le texte conclut en soulignant qu’il n’y a pas de compromis possible
avec les politiques contraceptives. A ce propos, le Vatican regrette que
des chrétiens se laissent abuser: « Il arrive que des organisations favorables au contrôle des populations par des moyens illicites compromettent délibérément des chrétiens dans leurs activités. Ainsi, les chrétiens peuvent
être invités à participer à des projets ou à des programmes d’action portant sur des thèmes assez généraux, comme par exemple le développement ou
l’environnement, alors qu’en fait le but véritable de ces initiatives est
de promouvoir l’idéologie de la peur de la vie et d’y impliquer des chrétiens en les fourvoyant dans des attelages disparates » (apic/sv/pr)
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