Après le livre d’entretiens avec le sociologue français Dominique Wolton, Politique et société, un dialogue inédit paru au début septembre, le pape François s’est prêté au même type d’exercice avec son confrère Antonio Spadaro, directeur de la Civilta cattolica. Il revient notamment sur la question de la communication face aux reproches de ceux qui le trouvent beaucoup trop familier et pas assez rigoureux dans ses propos.
Pendant les voyages, «cela me plaît de regarder les personnes dans les yeux et de répondre à leurs questions avec sincérité». Le pape François reconnaît toutefois qu’il doit être prudent : «Je prie toujours le Saint-Esprit avant de commencer». Le successeur de Pierre déclare chercher à répondre de façon spontanée, tout en étant compréhensible et sans s’exprimer avec des formules rigides. «Pour moi les entretiens sont un dialogue, pas une leçon», assure-t-il. C’est pourquoi il reconnaît ne jamais se préparer, ce qui parfois lui fait craindre d’être mal interprété. Un risque pastoral qu’il est toutefois prêt à courir.
Les interviews «ont toujours une valeur pastorale», souligne-t-il, comme tout ce qu’il fait. Le pape affirme ainsi répondre à ses entretiens de la même manière qu’il prononce ses homélies à Sainte-Marthe, sa ‘paroisse’. «J’ai besoin de cette communication avec les gens». Le pontife souhaite également une Eglise qui sache s’insérer dans les conversations des hommes, une vision à laquelle contribuent ses entretiens.
«J’ai du toupet mais je suis aussi timide», admet-il également. Pour lui, la confiance est primordiale, sans quoi il ne concéderait aucun entretien. La confiance, assure le pape François, «est le mode de communication de mon ministère». (cath.ch/imedia/ah/mp)
Maurice Page
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