Rome: solennité des saints Pierre et Paul (290694)
Rome, 29juin(APIC) Deux mois jour pour jour après une opération chirurgicale au col du fémur, Jean-Paul II a présidé mercredi sa première messe publique en la basilique Saint-Pierre pour la solennité des saints Pierre et
Paul. Au cours de l’homélie, le pape a insisté sur le rapprochement avec
l’Eglise orthodoxe, et souhaité que «le Seigneur nous accorde de parvenir
rapidement à la pleine communion».
Le pape a remonté toute l’allée centrale d’une marche régulière, sans
prendre appui sur son long crucifix en argent, avant de présider normalement toute la cérémonie. Après l’élévation, conformément à la liturgie, il
s’est agenouillé et relevé à deux reprises sans effort apparent.
Prière pour la patriarche de Constantinople
Dans son homélie, le pape a insisté sur le rapprochement avec l’Eglise
orthodoxe. Il a souhaité que «le Seigneur nous accorde de parvenir rapidement à la pleine communion». Et plus encore lors de l’Angelus, sur la place
Saint-Pierre, quand il a ajouté: «Le Christ veut que nous soyons un seul
coeur et une seule âme! La mémoire des saints Pierre et Paul nous stimule à
faire tous les efforts pour que nous ne nous présentions pas divisés face
aux défis du troisième millénaire».
Fait sans précédent, selon tous les observateurs, une des prières liturgiques concernait la personne du patriarche Bartholomée Ier: «afin que, par
son inlassable action oecuménique et par l’ardente prière de toutes les
Eglises orthodoxes ’pour la paix qui vient d’en haut et pour l’unité de
tous’, nous puissions témoigner ensemble du Christ, seul Seigneur et Sauveur dans le monde d’aujourd’hui».
Remise de palliums
Au cours de la cérémonie, Jean-Paul II a remis le pallium à vingt archevêque, dont six originaires du Nigeria, quatre des Etats-Unis, deux du Mexique et du Pakistan, un du Brésil, de l’Argentine, de la République Dominicaine, de l’Equateur, du Panama et du Vietnam.
Le pallium est un large collier en laine, blanc et plat, dont les deux
bandes sont marquées de six croix. Chaque 21 janvier, fête de sainte Agnès,
deux agneaux blancs sont bénis dans la basilique Sainte-Agnès. Les soeurs
de cette congrégation prélèvent ensuite la laine pour la filer et confectionner les palliums. Ceux-ci sont alors entreposés jusqu’au 29 juin dans
un coffre d’argent, visible sous l’autel de la basilique Saint-Pierre. Le
pallium est l’un des signes de la fonction papale, mais aussi l’insigne
distinctif des archevêque (ou métropolites), qui les reçoivent des mains du
pape le 29 juin. L’Eglise universelle compte 470 sièges métropolitains.
Lors de la cérémonie, qui a duré 2h 30, Jean-Paul II a précisé le sens
de ce symbole liturgique: «Le pallium est signe de l’union avec le Siège de
Pierre dans la même foi de l’Eglise. En le remettant par une accolade fraternelle, je salue les Eglises qui vous sont confiées. Il est bon que cette
fête des saints Pierre et Paul soit ainsi devenue l’expression de l’unité
universelle de l’Eglise».Avant de recevoir sur leurs épaules le pallium, «signe d’autorité et de
pasteur du troupeau», chaque archevêque jure d’être «toujours fidèle et
obéissant au bienheureux apôtre Pierre, à l’Eglise sainte et apostolique de
Rome et à toi, Souverain Pontife, ainsi qu’à tes successeurs légitimes».
Tous les chemins mènent à Rome
Dans son homélie, le pape a médité sur la vie des deux apôtres «que des
chemins différents» ont conduits à Rome et que la question de la «justification» opposa: «Paul, ce pharisien illuminé du Saint Esprit, est arrivé à
une conclusion profonde et décisive sur la justification. La source de la
justification ne vient pas de la seule obéissance à la loi comme il le pensait, mais de la foi en Christ. Autant Paul fut prêt à se battre pour défendre la moindre prescription de l’ancienne loi, autant il s’est opposé
ensuite à ceux qui tentaient d’imposer cette observance aux chrétiens convertis du paganisme».
Dans cette ligne, Jean-Paul II a souligné que «Paul n’a pas hésité à
s’opposer à Pierre pour soutenir ce prêtre d’Heliopolis et Theira, Anastasios, qui représentait le patriarche oecuménique de Constantinople. A son
égard, le pape a exprimé son «désir de le rencontrer personnellement en
cette basilique pour prier ensemble le Seigneur afin «qu’il nous accorde de
parvenir rapidement à la pleine unité».
C’est André qui a conduit Simon à Jésus!
Pour conclure son propos, Jean-Paul II a établi un parallèle avec l’apôtre André, «dont la tradition est particulièrement vive dans l’Eglise de
Constantinople» sous l’actuelle juridiction du patriarche Bartholomée Ier.
Il a expliqué: «André a conduit Simon à Jésus. C’est André qui lui dit:
«Nous avons trouvé le Messie», et Pierre l’a suivi. Alors le Christ lui a
dit: «Tu t’appelleras Pierre».
Pierre est toujours prêt à aller vers le Christ en suivant son frère André, a poursuivi le pape. «Il est prêt à aller vers le Christ en suivant
tous ses frères dans le ministère apostolique. Le Seigneur lui a montré que
s’il doit guider et confirmer les autres, il doit aussi être prêt à les
écouter.» (apic/jmg/pr)
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