Dans la foulée du Concile Vatican II

Rome: ouverture du consistoire des cardinaux Jubilé de l’an 2000 (130694)

Le pape annonce 4 Synodes à venir:

Amérique du Sud et du Nord, Asie et Extrême-Orient

Rome, 13juin(APIC) 144 cardinaux se sont réunis le 13 juin à Rome pour

assister à l’ouverture des travaux du « Consistoire extraordinaire » convoqué

par Jean-Paul II sur le thème du jubilé de l’an 2000 et qui prendra fin

mardi 14 juin en fin d’après-midi. La matinée de lundi a été marquée par un

discours d’introduction du pape, long de dix-sept pages, consacré à un bilan de l’Eglise « en préparation à l’année jubilaire 2000 ». Le pape a en outre annoncé quatre futurs Synodes: Amérique du Sud et du Nord, Asie et Extrême-Orient.

Jean-Paul II considère que le jubilé à venir est en préparation « depuis

plusieurs années ». Il cite le Concile Vatican II comme « l’un des moments

culminants » de cette préparation. Aux yeux du pape, le « critère fondamental » de cette préparation du jubilé de l’avènement du Christ doit être

« l’actualisation des orientations conciliaires ».

Réforme de la curie romaine

Cette perspective de travail indiquée, le pape a alors passé en revue

les initiatives prises à ce titre par l’Eglise. Parmi celles-ci, la réforme

de la curie romaine « prime » sur toutes les autres. Et, à travers les effets

de cette réforme, il épingle l’action de la Secrétairerie d’Etat et « l’augmentation du nombre des Etats avec lesquels le Saint-Siège entretient des

relations diplomatiques », porté à ce jour à 151. Dans ce domaine, le pape

annonce que le Saint-Siège « s’emploiera par différents moyens à atteindre

une normalisation des rapports avec le Chine continentale et le Vietnam ».

Le pape met en exergue un autre « événement » de la vie de l’Eglise, à savoir la publication du « Catéchisme de l’Eglise catholique », suivie de celle

de son encyclique sur « La splendeur de la vérité ». Deux textes « d’importance capitale », qui répondent, dit-il, à « l’urgence de disposer d’un exposé

clair et de mise à jour des fondements mêmes de l’enseignement de la foi et

de la morale ».

Le chef de l’Eglise catholique passe ensuite en revue les nouveaux organismes du Saint-Siège, nécessaires, à la suite de Vatican II, pour « répondre aux problèmes brûlants de notre époque »: les conseils pontificaux pour

les laïcs, l’unité des chrétiens, la justice et la paix, la famille, les

travailleurs de la santé, le dialogue interreligieux, la culture, les migrants et personnes en déplacement, l’interprétation des textes législatifs, les communications sociales – tous cités par le pape.

Jean-Paul II a « voulu souligner » l’action de l’un d’eux, « particulièrement important dans la vie de l’Eglise », à savoir « les précieuses initiatives en faveur de la justice et de la paix entreprises par le cardinal Roger

Etchegaray ».

Synodes en préparation

Poursuivant son tour d’horizon, le pape a remarqué que « l’un des devoirs

fondamentaux dans la perspective de l’an 2000″ est le dialogue oecuménique

en vue de l’unité des chrétiens. Il note au passage que « les décisions de

l’Eglise anglicane de procéder à l’ordination des femmes ont été indubitablement un obstacle sur le chemin de l’unité ».

Vis-à-vis des religions non-chrétiennes, le pape a déploré que, « dans

certains pays musulmans, les chrétiens n’ont pas encore la possibilité de

professer publiquement leur propre foi chrétienne ». Il invite ces pays « à

la réflexion » face à l’exemple de la construction de la mosquée de Rome.

Signalant « l’ample développement du mouvement synodal », au plan local et

continental, Jean Paul II a annoncé quatre synodes à venir, pour l’Amérique

du Nord et du Sud, l’Asie et l’Extrême-Orient.

Réveil des vocations

Evoquant d’autres aspects de la vie de l’Eglise – journées mondiales de

la jeunesse, fonctionnement des groupes collégiaux des épiscopats, « l’élan

de l’activité missionnaire qui augmente en vigueur », les Eglises orientales

et « les accusations injustes d’uniatisme et de prosélytisme » – Jean-Paul II

s’est arrêté à la question des vocations.

Il a constaté « un réveil des vocations sacerdotales, dont le nombre enregistre, surtout dans certaines parties du monde, une augmentation significative ». « Dans cette perspective, il est intéressant de noter, a-t-il

ajouté, comment la ’géographié des vocations épouse celle des pays de mission. » Le pape attend du prochain synode des évêques sur les religieux, qui

se tiendra à Rome en octobre prochain, « une relance de la pastorale en faveur des vocations religieuses ».

Concluant sa réflexion sur les aspects économiques de la vie du SaintSiège, le pape a tiré cette conclusion: « Le temps est venu de discréditer

la légende sur le thème des grandes richesses cachées du Vatican. La vérité

est bien différente. Nous devons en réalité rendre grâce à la divine Providence parce que, dans ce domaine, l’Eglise s’en tient aux normes héritées

des Apôtres ».

Un martyrologe contemporain

Ce bilan établi – il occupe les quatorze premières pages du discours -,

Jean-Paul II en est venu aux préparatifs du grand jubilé de l’an 2000. Dans

ce cadre, il a voulu « attirer l’attention des cardinaux sur une dimension

qui mérite un examen particulier dans les programmes de préparation à l’an

2000″: « les nombreux saints et bienheureux, et spécialement les nombreux

martyrs ». Et le pape de souligner l’opportunité de préparer « un martyrologe

contemporain ».

Jean-Paul II sait les critiques qui circule à ce sujet. Il les devance

ainsi: « On dit aujourd’hui qu’il y a trop de béatifications. Mais, au-delà

du respect de la réalité qui, grâce à Dieu, est telle, cela correspond au

désir exprimé par le Concile… Ce fut en effet le Concile qui mit particulièrement en relief l’appel universel à la sainteté ».

Le message de Fatima

Jean-Paul II « n’a pas pu ne pas conclure » son discours sans « rendre témoignage à la présence maternelle de Marie ».

Effectuant « un pèlerinage en pensée » dans les différents sanctuaires mariaux de par le monde, le pape s’est arrêté à Fatima, avec ce commentaire:

« Il m’a été donné personnellement de comprendre de façon particulière le

message de la Madone de Fatima: la première fois le 13 mai 1981, au moment

de l’attentat contre le pape, puis une nouvelle fois à la fin des années

quatre-vingt, à l’occasion de l’écroulement du communisme dans les pays du

bloc soviétique. Je pense qu’il s’agit d’une expérience suffisamment transparente pour tous ».

Nouvelle évangélisation et réconciliation

En dernier lieu, le pape a abordé ce qui lui paraît « peut-être le plus

grand engagement dans le perspective de l’an 2000″: « trouver la voie d’un

accord réciproque entre l’occident catholique et l’orient orthodoxe ». « Nous

ne pouvons pas, a continué le pape, nous présenter devant le Christ, Seigneur de l’histoire, divisé comme nous le sommes devenus pendant le second

millénaire ».

Dans cette logique, le pape pense que, « face au grand jubilé, l’Eglise a

besoin de ’metanoiá, c’est-à-dire du discernement des manques historiques

et des négligences de ses fils vis-à-vis des exigences de l’Evangile. Seule

la reconnaissance courageuse des fautes et aussi des omissions dont sont

responsables d’une certaine manière les chrétiens, tout comme la résolution

généreuse d’y remédier avec l’aide de Dieu, peuvent donner une impulsion

efficace à la nouvelle évangélisation et rendre plus facile le chemin vers

l’unité. C’est ici que se trouve le noyau essentiel de notre mission, selon

les paroles mêmes du Maître divin: qu’ils soient un afin que le monde croie

que tu m’as envoyé ».

Suggestions en vue du jubilé

Ce discours du pape a été suivi d’une intervention du cardinal Angelo

Sodano, Secrétaire d’Etat, sous forme de propositions concrètes en vue du

jubilé, soumises à l’examen des cardinaux, mais dont le texte n’a pas été

publié. Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège en a donné quelques éléments, dont « une rencontre pan-chrétienne à Bethléem et à Jérusalem, et un dialogue avec les juifs et les musulmans sur le Sinaï ».

Le porte-parole a précisé qu’il s’agit d’un ensemble de « propositions »

qui doivent être examinées par les cardinaux, qui se sont réunis en groupes

linguistiques à cette fin de journée. Une session plénière en fin d’aprèsmidi a permis d’établir une synthèse des interventions des cardinaux. Le

résultat de ces travaux devrait être publié mardi en milieu de journée.

La liste des 25 cardinaux absents pour « impossibilité » a été publié. Les

caméras de télévision ont pu filmer le pape en train de marcher pour la

première fois depuis la chute qui lui a valu une fracture du col du fémur.

Il se rendait normalement dans la salle du Consistoire sans aucune aide

particulière.

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