Massacres et enlèvements continuent

Rwanda: une Eglise de plus en plus décapitée (070694)

De nouvelles équipes missionnaires dans les camps

Fribourg, 7juin(APIC) Les informations qui proviennent du Rwanda restent

dramatiques. La tragédie atteint aussi le personnel de l’Eglise catholique.

Prêtres, religieux, religieuses, laïcs engagés, sont contrôlés de près et

la liste des victimes et des disparus s’allonge.

Selon le bureau d’information de l’Union des Supérieurs majeurs (USM) à

Fribourg en Suisse, qui essaye de regrouper et de vérifier les nouvelles

qui parviennent – parfois avec retard – de ce pays ravagé par la guerre civile, trois frères de la Miséricorde à Butare ont été emmenés avec 17 autres personnes. Destination et sort inconnu à ce jour. Cinq religieuses

dont trois soeurs de l’Assomption et deux de leurs novices ainsi que deux

postulantes des Filles de la Charité ont été tuées. Un couple rwandais avec

son enfant, au service du Centre diocésain de pastorale de Rulindo, également massacrés. Le même sort a été fait à un employé de l’imprimerie diocésaine de Kabyayi et pour trois employés de l’Inadès, selon une information arrivée tout récemment à Bruxelles.

Autre événement arrivé le 24 mai, mais parvenu seulement ces jours derniers à la connaissance du bureau d’information de l’USM: Lors d’une réunion avec les personnes déplacées qui logent provisoirement au Grand-Séminaire de Philosophie de Kigali, et en présence de Mgr Vincent Nsengiyumva,

archevêque de la capitale du Rwanda, quatre militaires et cinq civils se

sont présentés vers 11h30 avec une liste de personnes en expliquant aux assistants qu’ils avaient des preuves que ces personnes inscrites sur la liste «avaient pactisé avec l’ennemi». Les chambres ont été fouillées pour

les rechercher. A la sortie de la chapelle où les gens avaient l’habitude

d’aller prier avant les repas, les militaires ont pris toutes les cartes

d’identité. Ils ne sont revenus que vers 15 heures et ont emmenés avec eux,

en tout 16 personnes, dont quatre frères joséphites, – parmi eux l’ancien

supérieur général -, trois frères maristes, une soeur des Benebikira, quatre laïcs et quatre prêtres.

A Butare, annonce l’USM, le goupe scolaire est devenu domaine militaire.

Des soldats des troupes gouvernementales logent au Grand Séminaire. On signale des massacres systématiques dans plusieurs villages environnants. A

Gisagara, on a tué des Tutsis qui s’étaient cachés chez les soeurs. Le couvent des frères de la Sainte Croix à Rango a été pillé et 4 frères sont

portés disparus.

Des missionnaires vont partager la vie des réfugiés

Comme d’autres congrégations religieuses, les Pères Blancs, (huit sont

restés sur place) envisagent d’aider pastoralement et matériellement les

divers camps de déplacés. De plus quatre Soeurs Blanches, rentrées du Rwanda il y a peu, viennent de repartir à Bujumbura, la capitale du Burundi

voisin, pour travailler dans les camps de réfugiés rwandais alors que des

Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs), eux aussi rentrés depuis avril dernier, vont prochainement travailler avec leurs confrères dans les camps de

réfugiés en Tanzanie. (apic/com/ba)

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