Le texte contient 66 lignes (max. 75 signes), 672 mots et 4742 signes.

apic/Timor / Ximenes Belo / Indonésie

Timor-Est: Mgr Ximenes Belo s’offre comme médiateur (240894)

entre le gouvernement indonésien et le «Fretilin»

L’Eglise demande un référendum au Timor oriental

Jakarta, 24août(APIC) Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, administrateur

apostolique de Dili, capitale de Timor oriental, a proposé une nouvelle

fois aux autorités indonésiennes que la population timoraise, sous occupation militaire indonésienne depuis 1975, puisse décider par référendum si

elle veut l’indépendance ou son intégration à l’Indonésie.

Recevant des journalistes étrangers à Dili, Mgr Ximenes Belo a déclaré

qu’il était prêt à s’offrir comme médiateur entre les indépendantistes du

«Fretilin» et le gouvernement indonésien, qui maintient son occupation de

la partie orientale de l’île grâce à une répression sanglante. Il a écrit

dans ce sens une lettre ouverte aux autorités de Jakarta, mais il attend

toujours une réponse.

Si la puissance occupante ne permet pas une telle consultation populaire, elle devrait au moins donner davantage d’autonomie aux habitants de Timor oriental, a relevé l’évêque de Dili. L’Eglise propose le référendum,

car elle croit que ce serait un «moyen démocratique» de satisfaire les

aspirations de la population de Timor oriental. Si le danger d’un référendum était aussi grand qu’il puisse causer de graves troubles, des effusions

de sang ou des divisions entre les habitants, on devrait au moins accorder

aux Timorais une large autonomie. Cette autonomie devrait être ancrée dans

une loi spéciale. Le gouvernement indonésien devrait faire montre d’une volonté de dialogue, affirme encore l’évêque.

Réconcilier les groupes politiques du Timor oriental

Mgr Ximenes Belo veut de plus s’engager lui-même en faveur du dialogue

et de la réconciliation entre tous les groupes politiques à Timor-Est. Certains groupes demandent une incorporation du Timor-Est à l’Indonésie; d’autres, comme le mouvement de libération «Fretelin», luttent pour l’indépendance, et contre l’appartenance à une Indonésie majoritairement musulmane.

L’Eglise est prête à jouer le rôle de médiateur.

Liberté d’opinion et de réunion demandée

Dans la lettre au gouvernement indonésien, l’Eglise propose encore de

réduire la lourde présence militaire indonésienne et celle d’»autres institutions» qui intimident voire terrorisent la population locale. L’évêque de

Dili souhaite aussi que soit davantage garantie la liberté d’opinion et de

réunion. L’évêque exige en outre que les autorités de Jakarta collaborent

avec le secrétaire général de l’ONU et le gouvernement portugais pour clarifier la question du Timor-Est «par un dialogue permanent».

Le gouvernement indonésien devrait de plus autoriser les missionnaires

étrangers à venir au Timor oriental, pays majoritairement catholique. Selon

l’évêque de Dili, l’Indonésie a refusé tous les points de la proposition de

l’Eglise catholique.

Les autorités indonésiennes réagissent de façon «arrogante»

Le «Fretelin» a proposé aux autorités indonésiennes à la fin de la semaine dernière de conclure un cessez-le-feu, au cas où elles seraient sérieusement intéressées à négocier sur le futur de Timor-Est. Le porte-parole militaire indonésien chargé de Timor-Est a catégoriquement rejeté cette

offre, faisant montre d’une absence totale de volonté de compromis. Mgr Ximenes Belo a qualifié cette réaction d’»arrogante». Il estime qu’avec un

tel comportement, le gouvernement de Jakarta ne pourra pas résoudre le problème, même dans les 20 prochaines années. «La population de Timor-Est se

révoltera si l’on continue à lui refuser ses droits fondamentaux», a mis en

garde l’évêque de Dili.

Tentative d’empoisonner l’évêque

La communauté internationale n’a jamais reconnu l’annexion de Timor-Est

par l’Indonésie. En 1992, Mgr Ximenes Belo a échappé de peu à un attentat:

on a tenté de l’empoisonner. En raison de son engagement en faveur des

droits de l’homme, le parlement portugais l’a proposé ce printemps comme

candidat au Prix Nobel de la paix. Il a reproché à plusieurs reprises à

l’armé indonésienne de terroriser la population de Timor-Est. L’Eglise locale a pour sa part accusé à maintes reprises le gouvernement de Jakarta

d’avoir commis un génocide contre la population timoraise.

Selon Amnesty International (AI), les troupes d’occupation ont exterminé

depuis 1975 près d’un tiers des 690’000 timorais. Le 14 juillet dernier,

les troupes indonésiennes avaient violemment dispersé une manifestation de

catholiques protestant contre la profanation d’hosties par des soldats musulmans. Manifestation au cours de laquelle trois étudiants auraient été

tués, et plusieurs emmenés vers une destination inconnue et sont depuis

portés disparus. (apic/kpr/fs)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/apic-timor-ximenes-belo-indonesie/