Du légionnaire au saint évêque»" =
Liège, 23 août 1994 (CIP)
Du 9 septembre au 5 novembre prochains se tiendra à Liège, au siège de la
Générale de Banque (1), une exposition consacrée à «Martin de Tours. Du
Légionnaire au saint évêque».
A l’automne 1990, la Générale de Banque à Liège accueillit une exposition
intitulée «Saint Martin, mémoire de Liège». Consacrée à l’histoire et au
patrimoine artistique de l’ancienne collégiale (aujourd’hui basilique)
liégeoise, cette manifestation donnait le coup d’envoi aux travaux de
restauration de l’un des édifices les plus importants de Liège, qui fut
aussi le berceau de la Fête-Dieu (1246). Elle connut un grand succès et les
fonds récoltés à cette occasion permirent la restauration de l’une des
remarquables verrières du XVIe siècle, reposée depuis dans le choeur.
Soutenue par la Fondation Roi Baudouin, par la Région wallonne (l’édifice
figure sur la liste du patrimoine majeur de Wallonie), par la Province et
par la ville de Liège, par de nombreux partenaires publics et privés, la
basilique Saint-Martin voit sa restauration progresser à grands pas. Sur le
Publémont, les retards ne sont pas de mise: la basilique s’apprête à
célébrer au cours de l’année 1996 le 750e anniversaire de la fête du
Saint-Sacrement, la Fête-Dieu, qui y fut instituée à l’initiative de
Julienne de Cornillon et d’Eve de Saint- Martin.
La Générale de Banque qui, d’emblée, a montré un vif intérêt pour les
travaux projetés puis entrepris à la basilique, n’a pas voulu attendre
l’année jubilaire et les diverses manifestations cultuelles et culturelles
qui la ponctueront. Jugeant que, quatre ans après la première
manifestation, le moment était venu de mettre à nouveau l’accent sur ce
prestigieux édifice religieux, elle a proposé à l’a.s.b.l. Basilique
Saint-Martin de Liège d’accueillir une nouvelle exposition dans ses locaux.
Une invitation que l’Association, créée en 1988 pour aider la Fabrique
d’Eglise à mener à bien l’énorme tâche entreprise, a accepté avec
enthousiasme.
Depuis longtemps, les Amis de Saint-Martin souhaitaient rendre hommage au
saint patron de la basilique. Le choix du thème de l’exposition envisagée
s’est imposé de lui-même. Martin de Tours est un homme hors du commun, une
personnalité forte et attachante qui a marqué l’histoire du droit canonique
et l’art de tout l’Occident chrétien. Celui qui fut appelé «l’Apôtre des
Gaules», celui qui fut pendant treize siècles le patron principal de la
monarchie et du royaume de France, celui qui fut et qui reste le patron
d’une quantité d’églises, de basiliques, de cathédrales et de monastères
(dans le France de 1870, pas moins de 3678 sanctuaires lui étaient dédiés),
celui qui a donné son nom à nombre de village, de lieux-dits, de fontaines,
de pierres levées, d’arbres, de rochers et de ponts, celui qui fut au
centre de l’un des plus grands pèlerinages de la Chrétienté, celui qui, le
Christ mis à part, exerça, vivant et surtout mort, plus d’influence qúaucun
autre personnage du christianisme, celui qui incarna pendant des siècles la
principale vertu de l’homme, la charité, devait à Liège, faire l’objet
d’une manifestation exceptionnelle.
Un projet ambitieux était né: présenter Martin de Tous à travers les arts
et les âges, en se fixant pour limite chronologique la fin de l’Ancien
Régime et pour limite géographique la Belgique et ses pays voisins (France,
Allemagne, Pays-Bas). Restait à le concrétiser malgré les délais de
préparation beaucoup trop cours, malgré les difficultés budgétaires
entraînées par les coûts de transport et d’assurance d’oeuvres
prestigieuses. Pour porter une pareille entreprise, l’a.s.b.l. s’est
associée au Musée d’Art religieux et d’Art mosan de Liège qui a assuré avec
elle toutes les études préparatoires, les démarches auprès des institutions
publiques et privées sollicitées pour les prêts ou pour les subventions, la
rédaction du catalogue, mémoire indispensable pour l’exposition.
Sur Martin, on a beaucoup écrit, sans pour autant résoudre les questions
que soulève l’étude critique de la «Vita Sancti Martini», publiée par
Sulpice Sévère en 396, un an avant la mort du saint évêque de Tours. Notre
connaissance de Martin repose sur ce seul témoignage, à l’évidence
partisan, et sur quelques documents annexes du même auteur. Les études
scientifiques les plus récentes ont abouti bien souvent à des conclusions
opposées. Un exemple frappant: la date de naissance de Martin, né à Sabaria
en Pannonie, est fixée à partir des données contradictoires de Sulpice
Sévère et de Grégoire de Tours tantôt en 315-316 ou 317, tantôt en 336.
Aujourd’hui, que sait-on de Martin de Tours ? Somme toute, beaucoup et peu.
Que, fils de païens, il a fait comme son père une carrière militaire et
que, à l’âge de dix-huit ans, il était à Amiens quand il partagea son
manteau avec un miséreux (un geste qui allait le propulser à l’avant de la
scène iconographique). On sait qúil s’affirma comme objecteur de
conscience, mais qúil ne renonça pas immédiatement à sa carrière militaire
après son baptême. Qúaprès avoir quitté l’armée, il se forma auprès
d’Hilaire, évêque de Poitiers, qui lui conféra les fonctions d’exorciste.
Qúil voyagea en Italie et en Illyricum et qúil séjourna à Milan et à
Gallinara. Qúil fonda le monastère de Ligugé près de Poitiers. Qúil fut élu
évêque de Tours en 370 ou en 371, mais que, tout en remplissant ses
fonctions épiscopales, il resta fidèle à sa vocation mystique, transférant
sa résidence à trois kilomètres de la Cité, sur le site du futur
Marmoutier, premier monastère épiscopal de Gaule. Qúil joua un rôle
important comme thaumatuge, exorcisant, guérissant (parfois même à
distance), maîtrisant les éléments et les animaux. Qúil bénéficiait d’un
don de double vue et qúil vivait constamment avec des êtres surnaturels,
particulièrement avec le diable.
L’activité épiscopale de Martin reste dans l’ombre, n’étant guère connue
qúau travers du récit de ses miracles. Il est certain que, même s’il reçut
peu de visites et s’il évitait la compagnie des grands personnages et en
particulier des femmes, Martin s’est trouvé en relation avec la cour
impériale et avec le gratin gaulois de la deuxième moitié du IVe siècle. On
sait qúil vivait dans la pauvreté, voire dans l’ascétisme, négligeant son
apparence jusqúà irriter ses contemporains. Que sa culture n’était pas
celles des classes supérieures, que son ascendant sur son propre clergé fut
plus d’une fois mis en cause et qúil s’est heurté à l’hostilité des évêques
gaulois. Qúil poursuivit tout au long de sa vie son combat de «soldat du
Christ», évangélisant, prêchant, renversant cultes et sanctuaires païens et
les remplaçant par des églises et des ermitages, luttant jusqúà son dernier
souffle contre le mal sous toutes ses formes.
On sait que cet homme entièrement préoccupé de Dieu témoigna d’une
compassion constante pour tous les êtres et toutes les misères. Voilà
l’homme que l’exposition propose de (re)découvrir.
En introduction au catalogue, cinq chapitres de synthèse. Le premier
(Martin de Tours au regard de l’histoire) sera réservé à ce IVe siècle dans
lequel Martin vécut, aux étapes de sa double carrière, mais aussi à son
caractère, à ses objectifs, à ses actions, à son enseignement et au
pourquoi d’un pareil retentissement (Jean-Pierre Delville, professeur au
Grand Séminaire de Liège et président du Séminaire Saint-Paul de
Louvain-la-Neuve). Le second (Les sites martiniens en Touraine) évoquera la
ville de Tours au temps de Martin, le site de Marmoutier, les campagnes que
l’évêque parcourut, son tombeau et «ses» basiliques successives (Charles
Lelong, maître-assistant honoraire de l’Université François Rabelais à
Tours et meilleur spécialiste des questions martiniennes). Le troisième
chapitre (L’art raconte Martin) confrontera le Martin de Sulpice Sévère et
de ses nombreux commentateurs avec le Martin des artistes, celui qui, en
définitive, est le plus proche de nous (Marylène Laffineur-Crépin,
administrateur de l’a.s.b.l. Basilique Saint-Martin de Lège, en
collaboration avec Albert Lemeunier, conservateur du Musée d’Art religieux
et l’Art mosan de Liège). Le quatrième (Le symbolisme du partage du
manteau) analysera la portée du geste généreux accompli par le jeune Martin
à Amiens (Pierre Bureau, historien). Saint Martin étant vénéré chez nous,
le dernier chapitre (Martin de Tours, un saint d’Occident en Pays wallon)
racontera le «héros du folklore» mijoté à la sauce wallonne. (Alain
Colignon, historien).
En support, septante oeuvres choisies parmi les collections belge,
françaises et allemandes. Le premier contact avec le saint se fera à
travers quelques-unes de ses reliques. Puis on le découvrira en soldat et
en évêque, signes extérieurs de ses carrières successives. Viendront
ensuite de prestigieux ensembles retraçant les épisodes principaux qui
marquèrent l’histoire du Tourangeau. Plat de résistance: la section
réservée à la charité de Martin, avec des exemples célèbres ou peu connus
du partage du manteau et de l’aumône. Les représentations d’épisodes isolés
permettront de revoir quelques faits saillants de la vie de Martin et de sa
légende. Une dernière section sera consacrée à sa gloire posthume: celle du
saint en majesté, celle de Martin dans la communion des saints, celle du
saint patron.
Enfin, septante-cinq oeuvres (dont beaucoup de chefs-d’oeuvre) du XIe au
XVIIIe siècle, peintes sur bois, toile ou parchemin, sculptées dans le bois
ou la pierre, ciselées dans l’argent ou le vermeil, coulées en laiton,
tissées ou brodées, gravées ou dessinées.
(1) Générale de Banque, place Xavier Neujean, de 11 à 18h. Nocturnes tous
les jeudis jusqúà 21h. Visites guidées gratuites tous les mercredis à 14h.,
tous les jeudis à 19h30. Animations scolaires. Renseignements et
réservations: Monique Blavier, tél. 041/20.44.32.
Louvain-la-Neuve: bientôt des concerts de carillon ?
Louvain-la-Neuve, 23 août 1994 (CIP)
Bientôt des concerts de carillon sur la Grand-Place de Louvain-la-Neuve ?
Le clocheton du Collège Albert Descamps, qui abrite la Faculté de théologie
et de Louvain-la-Neuve, va en effet probablement s’enrichir bientôt d’une
série de cloches supplémentaires, ce qui porterait son étendue de
vingt-trois à trente-sept cloches, soit trois octaves, et en ferait un
instrument propre aux concerts.
C’est, peut-on lire dans «Louvain», la revue mensuelle de l’alma mater
néo-louvaniste, l’objectif de Luc Boulet, de l’Administration des domaines
de l’U.C.L., qui avait déjà découvert en 1985, dans un dépôt de la commune
d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, les quatorze premières cloches du carillon,
oeuvre du fondeur wallon Omer Michaux, et les avait sauvées de l’oubli en
les installant dans le clocher du Collège Descamps. Le Bourgmestre de
l’époque, Yves du Monceau, avait offert neuf cloches supplémentaires. Le
carillon est commandé par ordinateur et diffuse des airs du folklore
wallon.
Il s’agit aujourd’hui de financer non seulement quatorze cloches, mais
encore un clavier spécial qui, quoiqúélectronique, restitue le toucher
particulier d’un clavier mécanique, indispensable à la sensibilité du jeu
«campinaire». L’unité de Musicologie de la Faculté de Phisosophie et
Lettres de l’U.C.L., l’Académie d’Ottignies et la Fondation Michel Woitrin,
pourraient prêter leur concours à cette mise en honneur de l’Ecole wallonne
des carillonneurs, dont le doyen, Edmond Devos, a d’ailleurs suivi la mise
en place du carillon néo-louvaniste.
Belgique: visite du cardinal Lekai, primat du Hongrie
Bruxelles, 23 août 1994 (CIP) A l’occasion de la fête de saint Etienne,
patron de la Hongrie, le cardinal Laszlo Paskai, archevêque
d’Esztergom-Budapest et primat de Hongrie, est attendu en Belgique.
Le dimanche 28 août, solennité de saint Etienne, le cardinal présidera une
messe solennelle à 11h30 en la cathédrale du Sacré-Coeur à Koekelberg, à
l’intention des 6 à 7.000 Hongrois de Belgique.
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