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Rome: Le pape reçoit le Conseil pontifical Justice et Paix (300994)
«Au-delà de l’équilibre de la terreur et de l’économie libérale»
Rome, 30septembre(APIC) Les participants à l’assemblée plénière du
Conseil pontifical Justice et Paix ont été reçus jeudi par le pape. «la
paix n’est pas une utopie, le développement est possible, l’économie libérale n’est pas tout» a insité Jean Paul II.
A l’évidence, l’effondrement du communisme symbolisée par la chute du
mur de Berlin en 1989, n’a pas tout résolu. La fin de l’opposition entre
l’Est et l’Ouest, au lieu de favoriser l’entrée dans une ère de paix, a
conduit à une profonde modification des équilibres mondiaux, a constaté Jean-Paul II. Certains en viendraient à regretter l’équilibre de la terreur
d’il y a trente ans. Le pape a martelé comme à Zagreb «La paix n’est pas
une utopie ; elle est possible, si on la veut réellement, tandis que la
guerre est privée de toute justification».
C’est donc dans l’espérance que le pape invite à se situer pour évaluer
ou envisager les changements. Il pense d’abord aux revendications de ceux
qui animent l’économie de marché et qui désirent élargir leur liberté d’action. Dans les théories et les pratiques de l’économie libérale, observe-til, les exigences de la justice, de l’équité et de la solidarité risquent
de paraître contraires à la recherche de l’efficacité. Le Magistère de
l’Eglise, de Rerum Novarum jusqu’à Centesimus annus, dans sa critique pondérée du capitalisme, a toujours refusé la prétendue rationalité de telles
théories. Il enseigne plutôt que le respect des obligations morales n’entrave pas l’efficacité, mais, en réalité, y contribue, observe le pape.
L’Etat au service du bien commun
Jean-Paul II invite également à bien situer le rôle de l’Etat dans le
domaine économique : «il lui revient de garantir la liberté économique
mais, en même temps, d’assurer l’exercice de cette liberté dans le respect
du bien commun». En prévision de la Conférence mondiale de 1995 sur le développement social, le pape signale un défi majeur pour la communauté internationale : promouvoir la participation de tous, spécialement par le
travail. Il précise aussi des objectifs prioritaires pour la politique économique des nations : «tracer des voies nouvelles afin d’éviter la désagrégation de la société ; éliminer la pauvreté, garantir la protection sociale, surtout en faveur des plus démunis, investir pour le développement humain, le rendre accessible à tous dans la dignité et la sécurité».
Le pape se dit préoccupé par les difficultés dues à l’internationalisation et la mondialisation des problèmes et aux revendications inspirées par
le nationalisme et le régionalisme. L’équilibre viendra, laisse-t-il entendre, de la réciprocité. «L’objectif des nations et des Etats ne doit pas
être de se servir de la communauté internationale à seule fin d’augmenter
leur puisssance et leur bien-être ; il devrait comprendre, au contraire,
les services que l’on peut rendre à l’ensemble de la communauté humaine,
avec les moyens disponibles».
Concluant son discours , le pape a invité les chrétiens à rendre compte
de l’espérance qui est en eux, tout en rappelant l’intérêt de la doctrine
sociale de l’Eglise pour relever les défis d’aujourd’hui relatifs à la justice et à la paix. (apic/cip/eb)
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