Crise entre la Pologne et Israël autour d'Auschwitz

L’adoption, le 26 janvier 2018, en première lecture par le parlement polonais de la loi sur le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau a suscité la colère d’Israël. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a réclamé samedi une réunion urgente entre les diplomates israéliens en Pologne et le Premier ministre Mateusz Morawiecki pour exprimer sa forte opposition.

Le projet de loi rendrait illégale l’incrimination des Polonais dans les crimes perpétrés sur le sol de la Pologne durant la Shoah. Il prévoit aussi des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison pour les individus ou les organisations qui calomnieraient la «nation polonaise» en utilisant des formules comme «camps de la mort polonais» pour se référer aux sites d’extermination que l’Allemagne nazie avait installés dans la Pologne occupée pendant la guerre. Le projet de loi dans encore être approuvé par le sénat et promulgué par le président.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a riposté à la colère israélienne disant que le nom d’Auschwitz et la phrase «Arbeit macht frei», deux des symboles les plus lourds de la Shoah, ne sont pas polonais. «Auschwitz est la leçon la plus amère sur la manière dont des idéologies mauvaises peuvent amener l’enfer sur terre. Les Juifs, les Polonais et toutes les victimes doivent être les gardiens de la mémoire de tous ceux qui ont été assassinés par les nazis allemands», a déclaré Morawiecki sur Twitter. Il a rappelé en outre qu’Israël et la Pologne ont signé une déclaration conjointe en 2016 s’opposant à l’utilisation du terme «camps de la mort polonais».

Les nazis allemands seuls coupables

Lors d’un discours prononcé à l’occasion du 73e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, Morawiecki a en outre souligné la culpabilité des Allemands dans les atrocités et a affirmé que les Polonais étaient des victimes. «Une force brutale et écrasante a détruit la nation juive et une partie de la nation polonaise. C’était une force allemande et nous devons appeler la vérité par ce qu’elle est.»

Cette loi n’a aucune base, a dénoncé le Premier ministre israélien. Pour Benyamin Netanyahou, on ne peut pas changer l’histoire et l’holocauste ne peut être ainsi nié. Pour les responsables du mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, une loi ne peut pas falsifier l’histoire et nier la complicité directe ou indirecte du peuple polonais dans l’extermination des juifs dans les camps de concentration. (cath.ch/ag/mp)

Maurice Page

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