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Brésil: Le candidat de centre-droit en tête (220994)
des sondages pour l’élection présidentielle
Le candidat Lula loin d’être favori le 3 octobre prochain
Sao Paulo, 23septembre(APIC) Début octobre, 95 millions de Brésiliens
éliront pour un mandat de quatre ans le nouveau Président de la République,
27 gouverneurs, 54 sénateurs, 513 députés fédéraux et 1’059 députés dans
les différents Etats. Le candidat de l’alliance de centre-droite, le sociologue Fernando Henrique Cardoso, est en tête de tous les sondages pour les
élections générales, dont le premier tour est fixé au 3 octobre.
Le principal rival de Cardoso est l’ancien ouvrier métallurgiste Luis
Inacio da Silva, dit Lula, du Parti des Travailleurs (PT), en tête des sondages jusqu’au milieu de l’année. Un nouveau plan d’ajustement économique un de plus – vient d’entrer en vigueur et les gens pensent que la présence
de Cardoso, qui en est un des auteurs en tant que ministre de l’Agriculture, est une garantie de stabilité économique et de contrôle de l’inflation.
Selon le Tribunal supérieur électoral, 94’768’404 électeurs prendront
part au scrutin, dont 2’128’405 sont âgés entre 16 et 18 ans. Plus d’un
tiers sont analphabètes ou semi-alphabètes, tandis que 3,78% ont un cursus
supérieur complet. Le collège électoral le plus nombreux du pays est celui
de Sao Paulo, avec 20,7 millions d’électeurs (21,92% du total), le plus petit celui de l’Etat de Roraima (Amazonie), avec 119’000 votants. 39.000
Brésiliens de l’étranger sont enregistrés.
Selon le réseau Kairos, la perspective de la victoire de Cardoso s’explique par divers facteurs: l’union des élites autour de son projet moulé
selon les paramètres néo-libéraux du FMI et de la Banque mondiale, l’impact
du nouveau plan économique qui a transformé le «cruzeiro real» en «real»,
et une intense campagne de la grande presse en faveur du candidat officiel.
Les grands médias, surtout la TV, font la propagande indirecte de Cardoso
et réservent des espaces privilégiés au «Plan real».
Les vice-présidents feront-ils la balance?
Le député fédéral Aloisio Mercadante, candidat à la vice-présidence de
Lula, dont il est un des grands amis, est économiste. Originaire de Sao
Paulo où Lula, nordestin d’origine, a résidé longtemps, il ne «couvre» pas
électoralement d’autres régions du pays. D’aucuns le considèrent trop jeune.
De son côté, le vice-président de Cardoso, le sénateur Marco Maciel, est
un vieux routier des charges politiques élevées du pouvoir central, ayant
du reste servi tous les régimes précédents, y compris la dictature militaire. Il représente les intérêts des grandes oligarchies terriennes et industrielles du Nordeste.
Une autre prévision accorde de grands succès électoraux au PT et aux autres partis de gauche pour les assemblées dans les Etats et pour le Congrès
national. Mais annonce que Lula, une fois de plus, ne sera pas élu. De
l’avis de Helio Bicudo, député fédéral PT, «ceci peut signifier la continuité de la domination des élites au Brésil pour plus de 20 ans».
Un élément extérieur préoccupe Cardoso comme Lula: les «ajustements salariaux» de septembre demandés par les travailleurs des banques et du secteur pétrolier. Les premiers réclament un réajustement de 112%, et les pétroliers de 120%. Le gouvernement et les entreprises sont opposés à ces revalorisations: en cas de grèves, le centre-droit accusera la gauche et conclura à l’inviabilité d’un éventuel gouvernement de Lula. La gauche ellemême est divisée: il serait indispensable de corriger les effets de l’inflation sur les salaires, mais ils veulent éviter les éventuelles répercussions négatives d’une grève sur la confiance faite à Lula.
Les évêques proposent un projet éthique
De leurs côtés, les évêques brésiliens, dans le cadre de ces élections,
proposent un projet éthique. «Brésil: alternatives et protagonistes»: le
document élaboré par les Pastorales sociales de la Conférence épiscopale
(CNBB) est le fruit d’un travail de deux ans qui a mobilisé la base dans
tout le pays et réuni des chrétiens des secteurs populaires, des classes
moyennes et quelques représentants des élites économiques et intellectuelles.
Le point de départ du document est la réalité de l’exclusion, provoquée
par l’extension à tous les niveaux de la société du modèle néo-libéral et
de ses valeurs «anti-humaines». Le souci de l’éthique et le respect de la
personne (dans la ligne, par exemple, d’Emmanuel Mounier) imprègnent les
textes produits dans les Semaines sociales des diocèses dans tout le pays.
Se mettant au-dessus des partis, la CNBB a cherché à dire à tous les
participants que le contexte dramatique du sous-développement au Brésil
s’aggrave chaque jour et qu’il est urgent d’adopter un nouveau modèle de
développement durable, juste, participatif et authentiquement démocrate.
Les statistiques officielles confirment l’existence d’un Brésil développé, 9e économie mondiale, et de «l’autre» Brésil: 65 millions de personnes
disposant d’un revenu inférieur à un «salaire minimum» totalement insuffisant. 20% de Brésiliens nantis consomment 62% du revenu national, tandis
que les 20% les plus pauvres se contentent de 2,3%.
La Seconde semaine sociale organisée par la CNBB s’est terminée par une
rencontre entre les participants et les candidats à la présidence de la république. Les réponses des candidats aux questions posées ont été générales. Tous ont exprimé leur accord avec les discours de Mgr L. Mendes de Almeida, président de la conférence épiscopale. L’Eglise, dit-on, a voulu
être une voix de cette société civile qui essaie de renforcer sa présence
dans un pays qui reste sous la domination d’élites peu modernes. (apic/cippr)
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