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Rome: «L’Osservatore Romano» salue un arrêt (220994)
de la Cour européenne des Droits de l’Homme
Interdiction des films risquant de heurter la sensibilité religieuse
Rome, 22septembre(APIC) Dans un récent arrêt, la Cour Européenne des
Droits de l’Homme de Strasbourg a autorisé les juridictions d’un Etat lié à
la Convention Européenne des Droits de l’Homme (ils sont une trentaine dans
ce cas) à interdire la diffusion d’un film si celui-ci risque de heurter
«la sensibilité religieuse de la majorité de la population» du pays concerné. Le quotidien officieux du Vatican, «L’Osservatore Romano», a salué cette décision dans son édition du jeudi 22 septembre.
L’arrêt, rendu mardi 20 septembre au Conseil de l’Europe à Strasbourg
(dont la Convention Européenne des Droits de l’Homme est le principal fleuron), confirme un arrêt rendu en 1985 par le tribunal d’Innsbruck (Autriche) interdisant la diffusion du film «Le concile de l’amour» de Werner
Schroeter. A l’époque, le producteur du film avait fait appel en soumettant
l’arrêt à la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg.
«Comme toujours, et il fallait s’y attendre, constate le Père Gino Concetti, théologien, l’arrêt de la Cour de justice n’a pas plu aux milieux
laïco-laïcistes. Ils y ont répondu en renouvelant les tristes accusations
d’intolérance et d’obscurantisme, en y ajoutant la couleur politique de
l’autoritarisme».
Or, ajoute le théologien, «une analyse libérée des préjugés idéologiques
ou partisans montre que la sentence de Strasbourg est en parfait accord
avec le droit qui a orienté et guidé le progrès de la culture et de la
civilisation non seulement sur le continent européen, mais partout ailleurs
où l’on se réfère à cette culture.»
La religion est un bien que les Etats doivent protéger
L’article revient sur les bases juridiques de l’arrêt pour étayer cette
conclusion: «La religion, avec ses valeurs et ses contenus dogmatiques et
moraux, est un bien que les Etats doivent protéger, car elle est une partie
essentielle des droits de la personne humaine». Ainsi est-il juste que la
Cour de Strasbourg ait émis une sentence sur un contentieux de nature religieuse, en cohérence avec les documents et la doctrine des droits de l’homme, de ceux de l’ONU et des autres instances internationales, souligne-til. Et le théologien italien de conclure: «On ne peut falsifier la liberté
authentique par le libertinage, la liberté de la création artistique par la
désacralisation. La vraie liberté n’est jamais contre la liberté des autres, comme le vrai droit n’est jamais contre un autre droit.» (apic/cipjmg/be)
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