apic/Eglises Neuchateloises
Neuchâtel: les Eglises neuchâteloises lancent leur campagne financière
Les aumôneries des hopitaux ont besoin du soutien des contribuables
La Chaux-de-Fonds, 13septembre(APIC) Les trois Eglises reconnues dans le
canton de Neuchâtel – l’Eglise réformée évangélique, l’Eglise catholiqueromaine et l’Eglise catholique-chrétienne – ont lancé mardi leur campagne
annuelle d’information. Elle est principalement destinée à améliorer une
situation financière précaire.
Il faut dire que seuls 29,1% des réformés, 15,1% des catholiques-romains
et 15,8% des catholiques-chrétiens se sont acquittés de leurs contributions
en 1993, a-t-on appris à La Chaux-de-Fonds au cours d’une conférence de
presse. Ce qui n’arrange en rien les affaires financières des Eglises neuchâteloises, et surtout pas les aumôneries des hôpitaux, qui réclament un
soutien des contribuables.
La situation financière de ces Eglises demeure précaire, même si l’on
n’observe pas des déficits aussi importants en 1993 que les années précédentes. Cette relative stabilisation n’est due qu’au fait que les Eglises
se serrent la ceinture… et leurs employés aussi.
Le montant des contributions prévues est encore loin du total des contributions demandées. Or la demande envers les Eglises existe, puisque le
nombre des personnes en difficulté dans le canton n’est de loin pas en diminution. Cette année, les organisateurs de la campagne des trois Eglises
avaient invité les journalistes à l’Hôpital de La Chaux-de-Fonds. Ils ont
ainsi voulu mettre en évidence un aspect capital du travail des Eglises:
l’aumônerie dans les hôpitaux.
Ces derniers mois, les trois Eglises chrétiennes du canton de Neuchâtel,
qui dépendent entièrement de la contribution financière de leurs membres,
ont fortement compressé leurs charges, n’indexant pas les salaires, réduisant notamment leurs subventions. Pourtant elles continuent à assurer les
cultes et messes, les services funèbres et mariages, ainsi que l’enseignement religieux, y compris dans la plupart des écoles.
De plus, la population compte sur elles pour toute une série de tâches
sociales dont le poids pèse de plus en plus sur ces institutions non étatiques. Or les contribuables neuchâtelois ne perçoivent pas tous l’importance
de leur responsabilité financière.
L’aumônerie d’hôpital: pluridisciplinaire et oecuménique
A titre d’exemple, les Eglises ont mis cette année en évidence le travail des 19 aumôniers d’hôpitaux dont la formation, les salaires et les
frais coûtent aux trois Eglises près de 800’000 francs par an. «La dimension spirituelle de l’être humain doit être prise en compte dans le processus de soin», ont témoigné deux professionnels de la santé. Or c’est spécifiquement la tâche des hommes et des femmes dûment formés comme aumôniers
(aidés par de nombreux bénévoles), que d’assurer une présence humaine auprès des malades puis, suivant la demande, d’approfondir cette relation
dans un partage de foi.
Le temps n’est plus où l’aumônier venait donner au malade des explications sur la souffrance, les mystères de la mort, l’éternité. Désormais, on
cherche ensemble ce que peuvent bien signifier ces événements, vécus dans
les corps et dans les coeurs. Pour les responsables des Eglises neuchâteloises, l’aumônier devient partie prenante d’une équipe d’accompagnement.
Devant la souffrance, les subtiles distinctions confessionnelles s’estompent: les aumôniers d’hôpitaux pratiquent l’oecuménisme à un haut degré.
(apic/spp/pr)
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