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apic/message Jean Paul II /Bosnie

Rome: message du pape à la Bosnie-Herzégovine (080994)

Sarajevo, «ville du siècle»

Rome, 8septembre(APIC) Le pape Jean-Paul II a envoyé au président bosniaque Alija Izetbegovic, aux autorités civiles et aux communautés de BosnieHerzégovine le texte du message qu’il voulait leur adresser à son arrivée à

Sarajevo. Aux citoyens de cette ville il rappelle que la paix doit se construire dans le respect des droits des personnes, mais aussi des nations.

Le pape salue toutes les communautés de Sarajevo et de toute la BosnieHerzégovine: les Bosniaques, les Serbes, les Croates, les membres des minorités nationales, les catholiques, les frères de l’Eglise orthodoxe, communautés islamiques, sans oublier «la petite et chère communauté juive encore une fois dispersée». Il sait que «tous ont été victimes des violences

d’un nationalisme insensible aux valeurs réelles de la coexistence pacifique entre les peuples».

Après un hommage aux organisations religieuses et humanitaires, «qui ont

affronté la mort pour que d’autres puissent vivre», le pape se présente

comme «messager de concorde et de paix, mû par le seul désir d’être proche

des victimes de la violence, pour répéter encore une fois: vous n’êtes pas

abandonnés, nous sommes avec vous et nous le serons toujours plus.»

Le droit des nations

De Sarajevo, «carrefour de tensions entre cultures et nations diverses»,

le pape fait «la cité de notre siècle». Il jette un regard sur son histoire

récente, du déclenchement du premier conflit mondial à 1989, qui fut «un

moment historique dans cette lutte», marquant la fin de l’empire communiste, mais aussi le début des tensions dans les Balkans et de la guerre en

ex-Yougoslavie. Des tensions dans lesquels «ont été impliqués des catholiques, des orthodoxes, des musulmans», des croyants «qui se confient à la

puissance de la prière» et qui au sortir de la seconde guerre mondiale,

partageaient la même préoccupation: se coaliser contre la guerre.

Un des premiers actes sur ce chemin de la paix fut la Déclaration universelle des droits de l’homme, signale le pape, rappelant que «la coexistence des individus et des peuples est basée sur le droit des nations».

Car «comme l’individu, chaque peuple a droit à l’existence et au développement selon les ressources culturelles de la nation. Ainsi se construit et

se défend la paix, dans le respect des droits des personnes et des nations», conclut-il.

Le courage du pardon

Le pape encourage ensuite les efforts de la communauté internationale en

faveur de la paix en Bosnie-Herzégovine, montrant la nécessité que ces efforts soient faits de façon cohérente, sur la base des principes du droit

international. La paix, dit-il, est donc tributaire des formules institutionnelles, dans un dialogue sincère et le respect de la justice, mais elle

dépend surtout d’une solidarité retrouvée des âmes. Cela suppose, dans le

contexte de tant de sang et de tant de haines, le courage du pardon. Le pape précise aussitôt: «Cela ne veut pas dire que les crimes ne doivent pas

être poursuivis, même par la justice humaine (c’est nécessaire et c’est un

devoir), mais la justice est très loin de tout instinct de vengeance, elle

se laisse guider plutôt par un sens aigu du bien commun, qui vise à récupérer celui qui est perdu.»

Seul cet horizon spirituel, poursuit le pape, peut être le terrain propice pour la paix et favoriser la bonne issue des tractations en cours. Les

propositions et les contacts de ces derniers temps, si louables dans leur

intention de faire cesser le conflit, n’ont pas encore produit le rapprochement nécessaire pour parvenir à l’accord souhaité. Il faut que de tels

contacts continuent et s’intensifient. Il n’est plus possible d’ignorer le

cri de tant d’hommes et de femmes, de jeunes, de vieux, d’enfants qui attendent avec angoisse la fin du conflit et la possibilité d’une rencontre.

Prônant le dialogue qui, «malgré les résistances qui s’affirment, exige

de ceux qui y prennent part loyauté, persévérance, magnanimité», le pape

souligne que «ce n’est que sur la base de ces principes que l’on pourra

surmonter les désaccords et les divergences existants.» Il dit enfin son

espoir d’un avenir plus serein pour Sarajevo. A l’encontre de «la dure réalité quotidienne», le pape répète: «La guerre n’est pas une fatalité. La

paix est possible.» (apic/cip/be)

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