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Migrations: Jean-Paul II rend attentif au sort des femmes (060994)

Le regroupement familial: un droit

Rome, 6septembre(APIC) 1995 ayant été décrétée par les Nations Unies « Année Internationale de la Femme », c’est donc la femme qui est au coeur du

message de Jean-Paul II pour la journée mondiale des migrants, dont le texte a été donné mardi à Rome.

L’Eglise observe en effet que « le nombre total de femmes en situation de

migration tend désormais à égaler celui des hommes ». Elle remarque aussi

que « les femmes non mariées sont de plus en plus nombreuses dans les flux

migratoires » et appelle sur elles « une protection contre les abus et les

exploitations ». Quant aux autres femmes, « personne ne peut ignorer que dans

des situations d’émigration, le poids de la famille repose souvent en bonne

part sur la femme », écrit le pape.

Facteur aggravant, ce sont « les sociétés les plus évoluées qui attirent

surtout les flux migratoires et ces sociétés créent des conditions de vie

telles que les deux membres du couple sont obligés de travailler ». Les

conséquences, selon le Pape, en sont supportées surtout par la femme qui

« de fait, est contrainte d’exécuter un double travail, ce qui est encore

plus lourd quand elle a des enfants ».

Ce constat amène l’Eglise à réclamer plusieurs changements, en plaidant

par exemple en faveur du regroupement familial. « Pour avoir laissé leur famille dans leur pays d’origine, des femmes vivent une véritable déchirure

affective, souligne le pape. Cette coupure vient directement de lois qui

retardent, quand elles ne l’interdisent pas, la reconnaissance du droit au

regroupement familial ».

L’Eglise « peut comprendre un renvoi provisoire du regroupement familial

en vue de favoriser un meilleur accueil par la suite, mais on doit repousser, précise le Pape, l’attitude de ceux qui refusent ce regroupement comme

une sorte de prétention sans aucun fondement juridique ».

Quitter son pays pour chercher de meilleures conditions: un droit

L’Eglise estime que le droit de « quitter son pays pour aller chercher

ailleurs de meilleures conditions de vie » est fondamental. Elle pense que

les « nations les plus riches sont tenues d’accueillir, dans la mesure du

possible, l’étranger à la recherche de la sécurité et des ressources nécessaires pour vivre quand on ne peut pas les trouver dans son propre pays ».

Ceci dit, l’Eglise ne « nie pas à l’autorité publique le droit de contrôler et de limiter les flux migratoires quand existent des raisons de bien

commun, graves et objectives, qui touchent à l’intérêt des émigrants euxmêmes ».

Mais le Pape tient à préciser, en l’Année Internationale de la Femme,

que « les pouvoirs publics ne peuvent négliger les raisons qui poussent tant

de femmes à quitter leur pays d’origine. Elles ne partent pas seulement

pour saisir des opportunités plus intéressantes mais elles sont surtout

poussées à fuir des conflits culturels, sociaux ou religieux, des traditions invétérées d’exploitation, des législations injustes ou discriminatoires, pour ne citer que quelques exemples ».

Le texte met aussi en évidence « un phénomène actuellement en expansion

et qui touche particulièrement les femmes: l’immigration clandestine », qui

entraîne des fléaux comme le commerce de la drogue et la « plaie de la prostitution ».

L’Eglise exige un « devoir de vigilance » à l’encontre des pays de provenance où « des organisations douteuses poussent des jeunes filles sur les

voies de l’expatriation clandestine ». Elle presse enfin les pouvoirs publics des pays d’accueils devant « l’urgence de garantir aux femmes la parité de traitement tant pour les salaires que pour les conditions de travail

et de sécurité ». Jean-Paul II demande également que « des instruments soient

mis au point pour faciliter l’insertion et la formation culturelle et professionnelle de la femme, autant que sa participation aux bénéfices des aides sociales, aide au logement, assistance scolaire et déductions fiscales

pour les enfants ».

Le pape lance « un appel pressant » aux communautés chrétiennes concernées

par l’afflux de migrants: elles doivent veiller à « un accueil cordial et

fraternel pour que les familles de migrants puissent retrouver partout dans

l’Eglise leur propre patrie ». Il termine par une évocation biblique du phénomène de la migration: « l’histoire du salut nous rappelle comment la providence divine a agi à l’intérieur des imprévisibles et mystérieuses interactions des peuples, religions, cultures et races diverses ». (apic/cip/pr)

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