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Rome: les membres de l’Académie pontificale des Sciences reçus par le pape

Jean-Paul II dit son « émerveillement (281094)

légitime » devant les progrès de la génétique

Rome, 28octobre(APIC) Le pape a reçu vendredi les membres de l’Académie

pontificale des Sciences, réunis en session à Rome. Au cours de l’entretien, Jean Paul II a précisé sa pensée sur les possibilités nouvelles de

modifier la carte génétique de l’être humain. Il a également remis les « insignes » à sept nouveaux académiciens.

Loin de condamner l’état actuel de la recherche et ses progrès, le pape

considère que ceux-ci honorent « la raison de l’homme » et « le Créateur ».

Surtout qu’ »en agissant sur les gènes malades du sujet, on pourra aussi

prévenir la manifestation de maladies génétiques et leur transmission », at-il expliqué dans un discours prononcé en français.

Dans un avenir assez proche, a ajouté le pape, on peut raisonnablement

envisager que le séquençage intégral du génome offrira de nouvelles voies à

la recherche à finalité thérapeutique. Ainsi, des malades qui ne pourraient

pas être soignés de manière adéquate, par suite de pathologies héréditaires, souvent létales, pourront désormais bénéficier des traitements nécessaires à l’amélioration de leur état et à une éventuelle guérison.

Je pape a dit son « émerveillement légitime » devant « la découverte progressive de la carte génétique et les précisions de plus en plus fines du

séquençage du génome », et notamment devant la reconstitution de la chaîne

d’ADN, base chimique des gènes et des chromosomes.

Le pape a également rappelé quelques « règles morales fondamentales » relatives à « l’action sur le génome ». « Le fait de pouvoir établir la carte

génétique ne doit pas conduire, a-t-il averti, à réduire le sujet à son patrimoine génétique et aux altérations qui peuvent y être inscrites. La personne humaine, par sa nature et par sa singularité, est la norme de totre

recherche scientifique ».

Dangers

Jean-Paul II s’est réjoui de l’attitude de « nombreux chercheurs » qui

« refusent de considérer que les découvertes effectuées sur le génome puissent constituer des brevets susceptibles d’être enregistrés. Parce que le

corps humain n’est pas un objet dont on peut disposer, les résultats des

investigations sont à diffuser à l’ensemble de la communauté scientifique

et ne peuvent pas être la propriété d’un petit groupe ».

Le pape, « indépendamment des différences biologiques, culturelles, sociales ou religieuses qui distinguent les hommes », a enfin mis en garde

contre « l’exploitation par la société, au détriment des personnes » des données médicales contenues dans le génome. Par exemple: « éliminer les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques ou marginaliser les sujets affectés

de telle ou telle maladie génétique ».

Il a ajouté: « On ne peut pas non plus violer les secrets biologiques de

la personne, ni les explorer sans son consentement explicite, ni les divulguer pour des usages qui ne seraient pas strictement d’ordre médical et à

finalité thérapeutique pour la personne considérée ».

L’Académie Pontificale des Sciences est réunie depuis mardi en session

plénière au siège même de l’Académie, dans les jardins du Vatican. Une cinquantaine d’académiciens, parmi lesquels de nombreux prix Nobel et une

vingtaine d’experts de différents continents, ont débattu sur le génome humain, les sources d’énergie alternatives pour les pays en voie de développement, les principes fondamentaux de mathématiques, l’intelligence artificielle.

Les nouveaux académiciens sont Luis Caffarelli (Argentine), mathématicien à l’Institue fir Advanced Study à Princeton (USA); Luigi Cavalli-Sforza (Italie), généticien à l’Université de Stanford (USA); Alistair Crombie

(Australie), philosophe des sciences au Trinity College à Oxford (GrandeBretagne; Vladimir Keilis-Borok (Russie), géophysicien à l’International

Institute for Barthquake Prediction Theory and Mathematical Geophysica de

Moscou; Rudolf Muradian (Arménie), physicien à l’Observatoire d’Astrophysique de Byurakan (Arménie); Cyril Ponnamperuma (Sri Lanka), chimiste à

l’Université de Maryland (USA); Andrzej Szczeklik (Pologne), biologiste de

l’Université Copernic à Cracovie. et Robert White.

Mercredi matin, en présence d’experts et d’observateurs, les

académiciens

ont consacré leurs travaux au génome humain quant aux aspects scientifique,

légal et étique. Jeudi, ils ont discuté des sources alternatives d’énergie

dans les pays en voie de développement, par exemple le Mexique, le Brésil,

l’Inde, l’Afrique, et, vendredi, des principes fondamentaux de mathématique

et de l’intelligence artificielle.

Le samedi 29 octobre, dernier jour de la session, sera consacré à la

lecture de différents rapports relatifs aux réunions précédentes sur des

thèmes différents comme « l’époque de la formation des galaxies » et « ressources et populations ». (apic/jmg/pr)

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