apic/Rwanda/Caritas
Le Secours International de Caritas dresse un premier (271094)
bilan d’une action « continue » en faveur des réfugiés rwandais
Bruxelles, 27octobre(APIC) Depuis le début de la crise rwandaise, le Secours International de Caritas, à Bruxelles, a soutenu les multiples initiatives d’assistance et de réconciliation qu’ont entreprises ou stimulées
au sein de la population les Caritas locales au Rwanda, au Zaïre, au Burundi et en Tanzanie. Aujourd’hui, alors que certaines organisations non
gouvernementales se retirent déjà de la zone, Caritas réaffirme sa présence
en reprenant peu à peu ses programmes. L’Association « Droits de l’homme
sans frontières », à Bruxelles également, vient par ailleurs de publier un
document, dans lequel il dresse notamment une liste de prêtres et de pasteurs assassinés au Rwanda.
Un premier montant de 25 millions de dollars a été réuni par les 35 Caritas du monde pour venir en aide à toutes les victimes du drame rwandais.
Des actions bien orchestrées en approvisionnement de vivres, de bâches et
de médicaments ont été déployées sans discrimination. L’aide ne s’est pas
limitée aux réfugiés, mais s’est étendue aussi à la population locale qui
subit les conséquences de cet exode, le plus important au monde depuis plus
de 50 ans. La priorité va aux enfants non-accompagnés, aux personnes âgées,
handicapées et malades, ainsi qu’aux personnes marginalisées.
Du Rwanda à la Tanzanie
Forcée à s’exiler, Caritas Rwanda a débuté ses actions de secours dans
la zone de sécurité ainsi que dans les diocèses de Butare et de Kabgayi.
Avec l’aide des équipes médicales, dès le premier mois, plus de 200’000
personnes des camps du nord ont été abritées, soignées et nourries. Aujourd’hui, le nombre s’est accru de 180’000 personnes. Pour ne pas entretenir une aide passive, Caritas Rwanda offre aux populations des moyens d’assurer leur propre subsistance. Elle organise notamment des distributions de
semences et d’outils pour la région de Butare et a relancé l’élevage de vaches et de poulets dans la ville de Kigali.
Au Burundi où le développement de la situation reste préoccupante, Caritas travaille en étroite collaboration avec la Conférence Episcopale pour
le maintien et le renforcement de la paix et de la stabilité dans ce pays.
Elle distribue plus de 100 tonnes de nourriture par jour.
En Tanzanie aussi, Caritas était là depuis le début. En prévision des
carences en réalimentation, un important stock de vivres a été prévu pour
le camp de Chabalisa, dont les réfugiés sont passés de 30’000 à 90’000.
Situation préoccupante au Zaïre
C’est à Goma, au Zaïre, que la situation reste la plus préoccupante, vu
le bon million de réfugiés. C’est là aussi que les actions de Caritas ont
été et restent les plus importantes. Elles ont aidé les réfugiés à vaincre
la famine, la déshydratation, les épidémies. Ils ont dû déboiser pour s’abriter et se réchauffer. L’aide pour ces réfugiés devra se poursuivre, car
les chances de rentrer prochainement dans leurs pays sont quasi nulles »,
souligne le Secours International de Caritas à Bruxelles.
Caritas Zaïre, après s’être occupée de l’inhumation des milliers de cadavres abandonnés le long des routes, a concentré ses efforts sur les 2’200
enfants non-accompagnés, assurant en priorité leur subsistance, puis lançant pour eux des programmes d’accompagnement psychologique ainsi que des
programmes d’éducation. Elle tente de localiser les familles de ces enfants
ou de leur trouver des familles d’accueil rwandaises.
Caritas a mis un point d’honneur à s’occuper des réfugiés les plus facilement délaissés et ceux qui, non repris dans les registres officiels, ne
bénéficient en principe d’aucune aide. Elles s’est aussi montrée soucieuse
de la pauvreté autour des camps et des paroisses d’accueil, se tournant
vers quelque 60’000 Zaïrois affectés par la présence du grand nombre de réfugiés. L’exode massif rendait indispensable la mise en place de programmes
sociaux et pastoraux.
En plus de la gestion des camps INERA I et II au Bukavu, Caritas a pris
en charge l’hôpital de la ville. dans lequel sont soignés les jeunes
« éclaireurs » qui accompagnaient les soldats des Forces Armées Rwandaises.
Le Secours International de Caritas va poursuivre son aide d’urgence et
ses actions de réhabilitation pour les réfugiés, les orphelins, les sinistrés et la population marignalisée. Il va promouvoir l’installation de
services sociaux divers dans tout le pays. Il continuera à soutenir Caritas
Rwanda dans ses efforts pour la mise en place des services pastoraux.
ENCADRE
Un dossier de « Droits de l’Homme sans Frontières »
L’association « Droits de l’homme sans frontières », à Bruxelles, vient
par ailleurs de publier un rapport de 32 pages sur les massacres perpétrés
au Rwanda, intitulé « Après la tragédie, la reconstruction ». Son but est
d’aider les enquêteurs qui seront appelés à en établir les circonstances et
à identifier les coupables.
Pour Willy Fautré, président de l’association, « les assassins de centaines de prêtres, de religieux et de religieuses, de pasteurs et d’évangélistes protestants rwandais ne peuvent rester impunis ». C’est pourquoi on
trouve dans le rapport une liste de 94 prêtres assassinés et d’une trentaine de membres du clergé protestants. Les prêtres, en majorité tutsis, sont
classés par ordre alphabétique, par diocèse et par paroisse, selon le lieu
présumé de leur exécution, « afin de faciliter la tâche des enquêteurs de
l’ONU et des organisations des droits de l’homme qui seront appelés à établir les circonstances des massacres et à identifier les coupables ».
Dans la mesure du possible, le rapport indique pour chacune des victimes
sa date de naissance, la nature de ses fonctions, une brève description des
circonstances de sa mort et son appartenance ethnique, « sans laquelle il
n’est pas possible d’interpréter les raisons de l’homicide et d’orienter
les recherches vers les coupables ». Cette liste a été remise au rapporteur
spécial de l’ONU pour le Rwanda.
« Droits de l’Homme sans Frontières » demande en particulier au régime de
Kigali de faire toute la lumière sur l’identité des soldats du FPR qui ont
massacré l’archevêque de Kigali et deux autres évêques, ainsi que sur
l’exécution extra-judiciaire d’un des assassins.
Un important chapitre est consacré à une analyse des relations que les
Eglises ont entretenues pendant des années avec le régime du président Habyarimana. D’autres volets dressent un constat de l’état dans lequel se
trouvent plusieurs acteurs appelés à reconstruire le pays et de leur capacité à remplir cette mission (réfugiés, femmes, Eglises, ONG, associations
rwandaises des droits de l’homme). La Radio Télévision Libre des Mille Collines est particulièrement visée, mais l’insécurité créée par le FPR est
également soulignée et étayée par des témoignages émanent d’organisations
comme Amnesty International, Human Rights/Watch Africa, le HCR, la Société
des Missionnaires d’Afrique…
L’appel de l’organisation pour que justice soit faite met toutefois en
garde contre les chasses à l’homme fondées sur des listes noires suspectes,
les exécutions extra-judiciaires, les procès iniques et expéditifs, les dénonciations inspirées par des convoitises et des intérêts personnels.
Enfin, « Droits de l’homme sans frontières » adresse un certain nombre de
recommandations à l’Etat rwandais, aux partis politiques, aux pouvoirs législatifs et judiciaire ainsi qu’à la Communauté internationale. (apic/cippr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse