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Russie: le patriarche Alexis II souhaite mettre (261094)
un terme à la rivalité entre orthodoxes et catholiques romains
Varsovie, 26octobre(APIC) Le patriarche de l’Eglise orthodoxe russe, Mgr
Alexis II, déclare qu’il désire voir se développer des « relations amicales »
entre les chrétiens orthodoxes et les catholiques romains, et qu’à cette
fin, il s’employera à améliorer les contacts entre la Russie et la Pologne.
Le patriarche a reçu récemment à Moscou Kazimierz Morawski, responsable
du groupe d’action oecuménique de l’Union sociale chrétienne conservatrice
de Pologne, venu discuter d’une représentation orthodoxe russe de haut niveau au Congrès eucharistique international prévu à Wroclaw, en Pologne, en
1997. Le pape Jean Paul II et de nombreux responsables d’Eglise devraient y
participer. Selon K. Morawski, il est également question d’un voyage séparé
en Pologne du patriarche Alexis II, à l’invitation de l’Eglise catholique
romaine.
« Les contacts entre Varsovie la catholique et Moscou l’orthodoxe devraient être améliorés », a déclaré le politicien catholique, lors d’une interview accordée à l’agence d’information catholique de Pologne. « Alexis II
veut mettre un terme à la rivalité entre les Eglises orthodoxes et catholiques, et ainsi leur permettre d’entretenir un dialogue amical et de se soutenir mutuellement. »
En août 1992, lors d’un passage à Moscou du cardinal Jozef Glemp de Varsovie, le patriarche Alexis avait accepté une invitation à se rendre en
Pologne. Même si les dates et l’itinéraire restent encore à fixer, le voyage devrait s’inscrire dans le cadre d’une visite à l’Eglise orthodoxe autocéphale de Pologne, forte de 57’000 membres, et dont six diocèses et 250
prêtres se trouvent dans l’est du pays.
Cependant, à précisé K. Morawski, la visite du patriarche, prévue initialement l’an dernier, continue de dépendre très largement du développement du dialogue oecuménique. Les relations entre catholiques romains et
orthodoxes en Russie ont été tendues ces dernières années, en particulier
en raison des plaintes de l’Eglise orthodoxe concernant les efforts déployés par des missionnaires catholiques romains pour « convertir » des communautés russes et établir une administration d’Eglise parallèle dans des régions traditionnellement orthodoxes.
Plusieurs Eglises orthodoxes étrangères ont également vivement protesté
contre le soutien accordé par le Vatican à l’Eglise grecque-catholique, fidèle à Rome mais pratiquant la liturgie orthodoxe. L’Eglise, qui connaît
aujourd’hui un renouveau, avait été bannie sous le régime communiste en
Ukraine et en Roumanie, et soumise à de sévères restrictions en Hongrie, en
Pologne et autres pays liés à l’Union soviétique.
Les responsables de l’Eglise orthodoxe ont soutenu les restrictions prises dans le cadre de la loi à l’encontre des associations religieuses dont
le siège est à l’étranger, y compris un projet de loi de 1993 qui aurait
interdit « la propagande missionnaire et religieuse, dans le domaine de la
publication et de l’enseignement » par des Eglises étrangères non enregistrées.
Même si le président Boris Eltsine a refusé de signer cette loi qui
avait provoqué des protestations de la part de la communauté internationale, les règlements actuels exigent toujours que les groupes religieux comptent au moins 10 membres russes pour pouvoir s’enregistrer. A part quelque
60 paroisses catholiques romaines, seul l’ordre des jésuites romains peut
répondre à cette exigence. Sur les 58 autres prêtres catholiques romains en
Russe, seuls deux sont russes d’origine.
Cette année, plusieurs rencontres oecuméniques ont mis l’accent sur
l’amélioration des relations entre Eglises, y compris des conférences internationales sur la migration et l’entraide. Un comité de responsables orthodoxes, protestants et catholiques romains, mis sur pied lors d’une réunion interconfessionnelle tenue au monastère Danilov de Moscou en juin,
prépare un programme de défense commune des droits religieux et des valeurs
chrétiennes.
Entre autres initiatives, l’Aide à l’Eglise en détressse, oeuvre d’entraide catholique dont le siège est en Allemagne, collecte des dons dans le
cadre d’un programme visant à aider les membres pauvres du clergé orthodoxe.
Pour Kazimierz Morawski, le patriarche Alexis estime que les Eglises orthodoxe et catholique romaine peuvent « jouer un rôle important en rétablissant la moralité et les valeurs chrétiennes dans des sociétés post-communistes ». Au cours de sa visite, le politicien était accompagné par le Père
Michal Dudicz, représentant de l’Eglise orthodoxe autocéphale de Pologne.
(apic/eni/mp)
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