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Belgique: les divorcés remariés sont-ils des exclus? (251094)
Les évêques belges s’interrogent
Bruxelles, 25 octobre 1994 (APIC/CIP) Les divorcés remariés sont-ils des
exclus? La question posée par la récente lettre de la Congrégation de la
Doctrine de la Foi sur «l’accès à la communion eucharistique de la part des
divorcés remariés» n’a pas manqué de susciter de larges échos en Belgique.
Mgr André Léonard, évêque de Namur admet que la situation des divorcés
remariés «pose à l’Eglise un problème pastoral particulièrement délicat».
Mais il demande qu’on lise avec bienveillance le document romain et à tout
le moins qu’on s’informe avec «honnêteté» du point de vue officiel de
l’Eglise.
Pour Mgr Léonard, la «fermeté» du récent document romain s’explique par
fidélité à la «clarté tranchante» de Jésus sur la question de l’indissolubilité du mariage. Rompre «l’alliance conjugale» et recevoir l’Eucharistie,
«sommet du sacrement de l’alliance nouvelle et éternelle», souligne l’évêque, est contradictoire. Et de poursuivre : «En rompant l’alliance conjugale par un remariage civil, les divorcés remariés s’excluent eux-mêmes de la
réception du Corps du Christ, coeur de l’alliance».
L’évêque reconnaît cependant que «le problème pastoral demeure énorme».
«Comme d’autres évêques, écrit-il, je reste partisan d’une évolution de la
discipline de l’Eglise en la matière, pour certains cas et certaines situations du moins, mais ce souhait ne peut être honnête que s’il s’accompagne
au préalable d’un accord profond avec l’enseignement de Jésus et de son
Eglise concernant le mariage et l’Eucharistie.» Mgr Léonard y consacrera
une brochure l’an prochain.
«Les prêtres n’ont pas l’habitude» de refuser la communion aux divorcés
remariés», déclare l’évêque de Bruges, Mgr Roger Vangheluwe. «Les catholiques qui déplorent leur situation et veulent mener une authentique vie ecclésiale peuvent en parler avec un prêtre ou avec un directeur spirituel
pour savoir ce qu’il est possible de faire en conscience», rappelle également l’évêque de Bruges. «Dès lors, la responsabilité repose sur la personne qui se présente pour communier.»
L’évêque de Gand désire que la communauté chrétienne comprenne les divorcés remariés au lieu de les exclure. Trois mois avant la parution de la
lettre de la Congrégation de la doctrine de la foi, Mgr Arthur Luysterman,
avait explicitement abordé le sujet dans son diocèse. L’évêque laissait
clairement entendre qu’exclure sans plus certains divorcés remariés de la
communion eucharistique était «intolérable».
L’évêque y dressait d’abord un constat : «Ceux qui, par exemple, sont
convaincus que leur premier mariage n’était pas valide ou qu’ils ne sont
pas responsables de la fin de leur première relation, trouvent parfois une
raison pour néanmoins communier. Nous pouvons nous demander si des tiers
ont ici un jugement à porter.»
Plaidant pour un accompagnement pastoral des catholiques divorcés et remariés, Mgr Luysterman ajoutait : «Il est bon qu’une communauté chrétienne
n’exclue pas ces personnes, mais leur manifeste de la compréhension et reste bien disposée à leur égard. Habituellement, ils ont vécu une période
difficile et ils ont besoin de soutien pour se sentir à nouveau quelqu’un
en société.» (apic/cip/mp)
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