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Algérie: les civils sont la cible des forces gouvernementales (241094)
et des groupes armés islamistes, dénonce Amnesty International
La torture à nouveau répandue dans les postes de police
Londres, 24octobre(APIC) Les meurtres et la violence en Algérie sont loin
d’être le seul fait des membres du Groupe islamique armé (GIA) et du Mouvement islamique armé (MIA): les civils sont la cible des forces gouvernementales et de ces groupes, dénonce Amnesty International (AI), dans un nouveau document.
Les forces gouvernementales et les groupes armés islamistes ont sauvagement tué des milliers de civils algériens pris au piège d’une violence arbitraire qui va en s’intensifiant. Selon AI, des civils sont exécutés par
les forces de sécurité au lieu d’être arrêtés, exécutés aussi à titre de
représailles à la suite d’attaques menées par des groupes armés. Ces homicides sont encore perpétrés tous les jours.
Pour AI, les Algériens sont aussi bien victimes du GIA et du MIA que des
forces gouvernementales. Les premiers ont tué «délibérement et arbitrairement» des centaines de civils, prenant pour cible ceux qui s’opposent à
leur programme politique. Journalistes, intellectuels, fonctionnaires, magistrats, femmes et ressortissants étrangers font partie de leurs victimes.
Au nombre desquelles figurent sans doute les deux religieuses espagnoles
abattues dimanche à Alger. Les seconds ont procédé à des centaines d’exécutions extrajudiciaires de civils, alors que les autorités algériennes affirment que ces personnes ont trouvé la mort au cours d’affrontements armés. Des témoins, dit AI, ont déclaré que des victimes avaient parfois été
exécutées à leur domicile ou à proximité, sous les yeux de leurs proches et
de leurs voisins. D’autres personnes ont été arrêtées et torturées à mort,
ou tuées en garde à vue.
Groupes armés et forces «de sécurité»: même cynisme
Les forces de sécurité gouvernementales, poursuit le rapport d’AI, auraient tué un grand nombre de civils non armés dans une banlieue d’Alger en
avril, mai, juillet et août 1994, à la suite d’attaques lancées par des
groupes armés contre les forces de sécurité. Le 16 août, des témoins affirment que vingt personnes au moins ont été abattues devant leur domicile par
les forces de sécurité. Parmi les victimes: Fatah Mirreb, un lycéen de 18
ans, tué au moment où il ouvrait la porte pour sortir de chez lui.
Le 12 mars dernier, 9 étudiants et leur professeurs ont été arrêtés par
les forces de sécurités. Les familles des détenus ont été informées par la
gendarmerie que leurs fils seraient rapidement relâchés. Un mois plus tard,
elles apprenaient que les 10 hommes avaient été libérés puis immédiatement
abattus par des «terroristes». Les cercueils remis aux proches étaient
plombés. Mais certaines familles les ont ouverts et ont constaté que les
corps portaient des lésions et des contusions.
La torture, dit AI, qui n’avait pratiquement plus cours en Algérie entre
1989 et 1991, est de plus en plus répandue dans les postes de police et de
gendarmerie ainsi que dans les centres de détention des services de renseignements de l’armée. Et l’organisation de citer un certain nombre de «méthodes»… et de témoigages.
Les juges des cours spéciales algériennes acceptent les aveux obtenus
sous la torture et n’ordonnent jamais d’enquête à la suite de plaintes, déclare AI.
Des milliers de personnes ont été tuées sans que l’ont ait pu établir
l’identité des coupables. «Les membres de groupes armés islamistes portant
parfois l’uniforme des forces de sécurité et ces derniers opérant souvent
en civil». De tels agissements, conclut l’organisation internationale, ne
font qu’ajouter à la confusion et renforcent le sentiment d’insécurité de
la population algérienne. «L’Etat et les groupes armés doivent arrêter les
massacres afin de libérer le peuple algérien de la terreur qui règne dans
le pays». (apic(com(pr)
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