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Suisse: les jeunes entre léthargie et agressivité (241094)
Journées d’étude des écoles catholiques au Flueli-Ranft
Fleuli-Ranft, 24octobre(APIC) Quelle doit être l’attitude des enseignants
face à des éléves oscillant entre léthargie et agressivité? Telle est la
question que se sont posé les participants aux 22e Journées d’étude de la
Conférence des institutions d’éducation et des écoles catholiques de la
Suisse (CECS). Réunis durant deux jours au Flueli-Ranft, les participants
ont rappelé que seul un engagement sans compromis des enseignants dans la
vie quotidienne de l’école peut assurer une prévention efficace de la violence qui tend à se développer jusque dans les institutions catholiques.
Elisabeth Caspar-Hutter, conseillère en orientation et Conseillère nationale socialiste (SG) a invité les enseignants à être attentifs aux besoins des jeunes. La tâche d’éducateur implique elle-même une formation et
une ’éducation’ personnelles qu’il faut sans cesse poursuivre. L’oratrice a
plaidé pour une nouvelle culture de la ’confrontation’ visant à la croissance, au changement et à l’intégration. Elle a mis en garde contre une
conception de l’enseignant de type ’cool’. «Nos enfants ont besoin de personnes capables de les aider à s’orienter et de leur fixer des limites précises.» Il ne s’agit pas de dépenser ses forces pour garder ses distances,
mais au contraire de les utiliser pour se rapprocher des jeunes, insiste
Elisabeth Caspar.
Pour Alois Niggli, de l’Institut de pédagogie de l’Université de Fribourg, l’école n’est pas le premier lieu où l’on peut lutter contre la tendance à la violence ou à la léthargie. Il ne faut pas surestimer sa capacité d’éducation dans ce domaine, a-t-il nuancé. On peut cependant prendre
des mesures dans le cadre scolaire ou para-scolaire qui serviront la prévention: cercles d’études, conseils de classe, travaux libres et projets
basés sur l’expérience vécue. «Les jeunes ne veulent pas être de simples
pions avec lesquels on joue», conclut-il.
L’agressivité est inscrite dans les gênes humains, rappelle de son côté
Jean-François Dorsaz, responsable du service psycho-pédagogique de Sierre.
Il fait une distinction entre la violence ’horizontale’ envers des adversaires de même force et la violence ’verticale’ qui constitue le point de
départ de l’escalade. Lorsqu’un conflit éclate à l’école, les ’autres’ sont
toujours désignés comme coupables et tous les acteurs se considèrent comme
des victimes. Deux effets contribuent au développement de la violence, sa
banalisation et l’idéalisation de modèles douteux. Ce que l’on peut empêcher au moins dans une certaine mesure. Le jeune qui apprend à gérer les
conflits, qui developpe sa sphère personnelle et la protège est moins enclin à la violence qu’un être incapable d’accepter la différence.
Livio Andreina a présenté son expérience concrète de théâtre pédagogique
qu’il mène depuis 15 ans avec des jeunes. «Tout le monde se situe en fait
entre la léthargie et l’agressivité». L’école n’est pas là pour remplir un
curriculum, mais pour apprendre à changer d’attitude, a t-il conclu. (apiccom/mp)
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