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Zimbabwe: Polémique Eglise-Etat sur le statut de la femme (241094)
Hagare, 24octobre(APIC)Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, n’a pas
hésité à entrer en polémique avec l’Eglise catholique l’accusant de discrimination envers les femmes. En prenant la parole à la télévision nationale,
quelques temps après le ’non’ du pape à l’ordination des femmes, il a fustigé le passage biblique disant que Dieu façonna Eve d’une des côtes
d’Adam. Le président zimbabwéen a qualifié cette affirmation biblique de
«véritable abérration». Ces allégations du chef de l’Etat ont suscitées une
réaction musclée du porte-parole de l’épiscopat zimbabwéen.
Les politiciens ne peuvent pas comprendre les enseignements de l’Eglise
parce qu’ils pensent toujours en termes de pouvoir au lieu de service, à
déclaré le porte-parole de l’épiscopat. L’enseignement de l’Eglise, affirme
que devant Dieu, l’homme et la femme sont égaux et ont droit à la même
dignité. Le passage de la Genèse relatant Dieu façonnant Eve à partir de
l’une des côtes d’Adam, ne signifie pas que la femme est inférieure à
l’homme mais qu’Adam a reconnu en Eve «l’humanité et la dignité communes
qui leurs sont données en tant que personnes crées par Dieu».
Ce passage biblique, a souligné le porte parole de l’épiscopat, doit
être considéré, non pas comme se rapportant uniquement au passé , mais
plutôt comme une vérité éternelle. Ce qui concerne le premier homme et la
première femme au paradis terrestre reste vrai pour les hommes comme pour
les femmes d’aujourd’hui.
L’homme et la femme sont égaux mais différents
Ce que le président zimbabwéen qualifie d’aberration ne correspond pas
à l’interprétation que l’Eglise donne. Le Nouveau Testament est, selon le
porte-parole plus explicite encore en exigeant qu’on accorde à la femme le
même respect qu’à l’homme. Toutefois, a-t-il ajouté, l’homme et la femme
tout en étant égaux sont différents. S’ils ne l’étaient pas, ils ne
pourraient pas se compléter et partager les divers acquis de la vie. En
tant que membre de l’Eglise, les hommes et les femmes sont égaux et
pourtant ils sont appelés à des tâches différentes.
Répondant plus directement aux critiques du président Mugabé, le
porte-parole des évêques relève que: «Les dirigeants politiques au pouvoir
sont généralement des hommes, rarement des femmes. Aussi voudraient-ils que
dans l’Eglise, à l’exemple de ce qui se fait en politique, les hommes et
les femmes s’engagent dans une compétition pour le pouvoir. Les dirigeants
politiques ne perçoivent pas que dans l’Eglise diriger c’est d’abord
assumer un service et non exercer un pouvoir; que le sacerdoce constitue un
appel, une vocation et non la satisfaction d’une ambition personnelle».
La lutte pour le pouvoir n’est pas de mise dans l’Eglise
Le porte-parole a lancé un défi au gouvernement afin d’abolir les
inégalités traditionnelles existant dans la société et dont souffrent les
femmes. Il a relevé notamment l’humiliation que subissent les zimbabwéennes
membres du parti au pouvoir à s’agenouiller devant le chef de l’Etat, alors
que les hommes restent debout, pendant des cérémonies officielles. Le
gouvernement devrait aussi autoriser la réinscription à l’école de
nombreuses filles qui ont abandonné les études à cause de la pauvreté
engendrée par le programme de réajustement structurel. Enfin, le
porte-parole de l’épiscopat a demandé au gouvernement d’abolir la loi sur
le mariage africain qui continue à assurer un statut légal à la polygamie.
(apic/dia/eb)
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