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Suisse: accueil des requérants d’asile dans les églises (211094)
Pour le Père Trauffer, la conscience prime sur la loi
Fribourg, 21octobre(APIC) La conscience prime sur la loi quand cette dernière «rend impossible l’exercice de la solidarité humaine». Tel est l’avis
que le Père Roland B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques
suisses (CES) a répété lundi à Berne au Conseiller fédéral Arnold Koller.
Au lendemain de la condamnation de Mgr Hansjörg Vogel, évêque de Bâle
par un juge bernois pour avoir hébergé dans son église des requérants
d’asile albanais du Kosovo, et en vue de la votation fédérale du 4 décembre
sur les mesures de contrainte pour les étrangers, le secrétaire de la CES
rappelle les exigences de l’Evangile.
Ces mesures ne visent pas en priorité l’éventuel asile offert à des requérants dans les églises, précise le Père Trauffer. «Nous sommes cependant
dans une certaine perplexité. Nous reconnaissons la nécessité de lutter
contre les abus qui ont lieu et qui désécurisent la population. Il faut cependant éviter l’amalgame entre la délinquance et les demandes d’asile.
Nous sommes préoccupés par la détresse des requérants d’abord.»
L’ambiance de dialogue avec le Conseiller fédéral a été excellente, témoigne le Père Trauffer. Le Conseiller fédéral a été très sensible au point
de vue des Eglises et des communautés israélites. L’Etat et l’Eglise ont
des tâches différentes dans la société. L’Eglise a pour premier but l’annonce du Royaume de Dieu. D’autres valeurs sont en jeu, on ne peut se baser
uniquement sur les lois, quant elles rendent impossible l’exercice de la
solidarité humaine, rappelle le dominicain. «Nous ne pouvons pas chasser
l’homme qui est venu frapper à notre porte, parce qu’il est menacé. Ce
n’est pas forcément l’Eglise en tant qu’insitution qui entre en ligne de
compte, mais la conscience des fidèles.»
«Nous ne sommes pas contre l’Etat de droit»
Si des requérants d’asile se réfugient dans une église, ce n’est ni le
prêtre ni le pasteur qui vont avertir la police mais ils ne vont pas non
plus faire obstacle aux forces de l’ordre. Il s’agit alors de la responsabilité des autorités. Justifiant l’attitude de nombreuses communautés chrétiennes, le secrétaire de la CES indique que «pour nous, il ne s’agit pas
du tout de défendre des criminels, mais des gens dont nous connaissons les
dossiers et la situation dans leur pays et dont nous sommes persuadés
qu’ils méritent notre protection».
Si la conscience personnelle prime sur la loi, les Eglises savent que
cela risque parfois d’amener des dérapages. C’est l’un des arguments principaux d’Arnold Koller. Mais la conscience des chrétiens est une conscience
formée qui se base sur l’Evangile. «Nous ne sommes pas contre l’Etat de
droit, nous le défendons. Et nous sommes par conséquent prêts à assumer les
éventuelles conséquences de nos actes. Mgr Vogel a été condamné à 300
francs d’amende pour avoir hébergé dans son église à Berne des requérants
d’asile du Kosovo. La CES approuve sa conduite.»
Pour le Père Trauffer, la Suisse a besoin de groupes et de personnes qui
ont le courage de défendre le faible, de défendre celui qui a besoin d’aide
et de soutien. Cela donne à l’Etat un profil particulier. (apic/com/mp)
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