La drogue, la famille et la place de la femme en discussion

Suisse: Assemblée des délégués de la FEPS (201094)

Berne, 20octobre(APIC) Les délégués de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) ne manqueront pas de sujets de discussion lors

de leur prochaine assemblée d’automne, lundi à Berne. La politique en matière de drogue, la famille et la place de la femme dans l’Eglise occuperont les représentants des 22 Eglises de la Fédération. Rien de ce qui touche l’homme ne doit rester étranger aux Eglises a souligné jeudi lors d’une

conférence de presse à Berne, le pasteur Heinrich Rusterholz, président du

Conseil de la FEPS.

La toxicomanie pose souvent des problèmes spirituels, a rappelé le

professeur Raymond de Rham, de Lausanne. On se trouve face à un conflit de

convictions et de valeurs qui s’exprime parfaitement dans les deux initiatives opposés ’Pour une jeunesse sans drogue’ et ’Pour une politique raisonnable en matière de drogue’ (libéralisation). Les deux ont des intentions respectables. D’un côté on prône les respect de la liberté et de la

responsabiltié de chaque individu, de l’autre on parle de combat pour la

vie. Il n’y a pas de solutions simples en matière de drogue. La réflexion

du groupe de travail de la FEPS, auquel s’est joint un délégué catholique

de Justice et Paix, prône une troisième voie par delà la répression et la

distribution de drogues. L’objectif principal étant la santé, la qualité de

la vie et l’intégration sociale. Pour Rolf Blickle, responsable des questions de la drogue de l’Eglise Berne-Jura, cette réflexion doit permettre

une approche plus souple du problème. Les Eglises ont le devoir de s’exprimer sur la question.

La seconde réflexion proposée à l’assemblée est une brochure rédigée

dans le cadre de l’Année de la Famille par la Commission féminine de la

FEPS et la Fédération suisse des femmes protestantes. Issu de la réflexion

de deux journées de travail, le document jette un regard sur les aspects

sociaux, historiques et théologique de la famille. La conviction qui en

ressort est que les Eglises et la société doivent revoir leur définition de

la famille dans un sens plus ouvert qui s’applique mieux à la réalité contemporaine. La famille ’idéale’ n’est-elle pas simplement la famille bourgeoise du XIXe siècle? s’interroge-t-on.

Dans le contexte de la « Décennie oecuménique des Eglises solidaires des

femmes » lancée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE) et après le

’non’ catholique à l’ordination des femmes, une déclaration sur la place de

la femme dans l’Eglise sera soumise à l’assemblée. Elle prône un partage

égal du pouvoir et de la responsabilité. Ce qui implique du côté des hommes

un renoncement conscient et de la part des femmes un engagement actif pour

la réalisation de leurs projets. Les femmes sont encore largement sous-représentées dans les organes de décision des Eglises, constate-t-on. Une pasteure n’est pas seulement un pasteur au féminin, souligne Marianne Bühler.

La déclaration demande aussi aux Eglises un meilleur soutien aux revendications sociales des femmes. (apic/mp)

Encadré

Le processus de paix au Proche-Orient est inéluctable

Lors de la même conférence de presse, Heinrich Rusterholz, président du

Conseil de la FEPS a relaté le voyage qu’il vient d’effectuer en Israël

dans le cadre d’une délégation commune de la FEPS, de la Conférence des

évêques suisses (Mgr Joseph Candolfi et Mgr Pierre Bürcher) et de la Fédération des communautés israélites de Suisse (Rolf Bloch). La délégation a

rencontré de très nombreux partenaires tant juifs, que palestiniens, chrétiens et musulmans. Tous ont souligné l’importance du processus de paix au

delà de la haine et de la colère. Les chrétiens doivent apprendre à mieux

connaître la tradition juive qui est aussi la leur. Tandis que du côté

juif, il faut apprendre à considérer chrétiens et musulmans comme de vrais

partenaires. En Suisse, le travail devra se pousuivre autour d’une série de

questions théologiques notamment.

Autre sujet délicat les relations de la Conférence des Eglises européennes (KEK) avec l’Eglise orthodoxe serbe. La FEPS a en effet mis en garde la

L’Eglise serbe contre les déclarations nationalistes qui à ses yeux trahissent le but fondamental de la KEK. Il ne s’agit pas de parler de départ ou

d’exclusion de la KEK de l’Eglise serbe, précise Heinrich Rusterholz. Il

s’agit néanmoins de préserver la vérité et de rappeler que les victimes se

trouvent des deux côtés. Après la récente rencontre d’une délégation de la

KEK et du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) avec le

patriarche Pavle, la situation semble se clarifier. L’Eglise serbe a également adressé une réponse à la FEPS « dont le contenu est encore à analyser ».

(apic/mp)

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