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apic/Rome/Synode

Rome: Synode sur la vie consacrée (201094)

Interventions manuscrites des auditeurs et auditrices

Rome, 20octobre(APIC) Quel est le rapport entre les fidèles laïcs et la

vie consacrée? La question a été posée au Synode par le cardinal Eduardo

Pironio. Le président du Conseil pontifical pour les laïcs constate chez

ces derniers un désir nouveau de suivre les conseils évangéliques, qui, observe-t-il, nécessite « un clair discernement » de la part des pasteurs.

Les fidèles, explique le cardinal, attendent de la vie consacrée un témoignage clair et transparent de l’absolu de Dieu. Ils veulent apprendre à

prier comme eux et avec eux, prendre modèle sur eux pour écouter la ’Lectio

diviná’, découvrir par eux le mystère de la vie consacrée.

Jamais les laïcs n’ont prétendu voir une nouvelle forme de vie consacrée

dans leurs mouvements et associations, ajoute Mgr Pironio. Ils désirent

« simplement suivre fidèlement leur vocation de sainteté et l’urgence missionnaire qui leur vient de leur baptême », dans le désir de suivre radicalement le Christ, en prenant éventuellement l’engagement, individuellement

ou en groupe, de « mettre en pratique les conseils évangéliques, tout en vivant leur vie séculière ». Il faut que les pasteurs opèrent à ce sujet « un

clair discernement », dit- il, en signalant que son Conseil a déjà consacré

deux rencontres à cette question.

Formation et inculturation

On trouve dans 17 autres interventions manuscrites remises par des auditeurs et auditrices des insistances déjà présentes dans les interventions

orales, à propos, entre autres, de l’importance de l’inculturation et de

formation, et du rapport entre les deux.

Soeur Anne-Antoinette Bwanga Zinga da Silva, supérieure des Soeurs de

Ste-Thérèse de l’Enfant Jésus au Zaïre, signale des efforts d’inculturation

en cours dans diverses congrégations féminines en Afrique. Il y a le port

du vêtement traditionnel de la maman africaine, qui « exprime sa maturité,

sa dignité et son service à la communauté » et qui, chez la religieuse,

« manifeste sa volonté de proximité au peuple dont elle est issue et dont

elle veut porter le destin ». Autre exemple: le « pacte de sang », incision du

doigt pour recueillir une goutte de sang posée sur une nappe d’autel,

« symbole de l’accord sans réserve pour le don de Dieu ».

Le P. Samuele Asghedom (Ethiopie), souhaite que le Synode recommande aux

dicastères compétents et aux supérieurs religieux concernés de donner latitude aux membres nés dans le rite éthiopien de pratiquer leur rite et leur

discipline, comme cela est prévu par les lois de l’Eglise.

Rappelant que depuis 1’500 ans la règle de saint Benoît a fait la preuve

qu’elle est capable de s’adapter à toutes les époques, Soeur Edeltrud Weist

(Allemagne) joint sa voix « à celle de nombreuses religieuses de par le monde qui souhaitent que leur soit accordée – et pas seulement de façon formelle – de pouvoir participer aux différents processus de discernement, de

prise de décision et de programmation, ainsi qu’aux tâches pastorales de

l’Eglise ».

Deux autres religieuses, Maria José Fernandez Rodriguez (Espagne) et Angela Choi (Corée), insistent sur l’importance d’une formation solide en vue

d’une conversion en profondeur et d’un engagement vraiment radical. Une

formation qui inclut la connaissance d’autres religions: « Certains aspects

de la discipline monastique du bouddhisme pourraient nous être utiles. Certaines de nos soeurs qui pratiquent le zen trouvent que cela les aide beaucoup pour prier en profondeur. Il faut toutefois prendre des précautions

avec les plus jeunes. »

Pour Soeur Teresa Rubio Murcia (Colombie), l’inculturation passe par

« une fréquentation plus assidue des quartiers populaires – indigènes ou

africains – qui a fait naître de nouvelles vocations qui n’ont pas eu accès

à nos maisons de formation ».

Des liens ignorés

Soeur Guadelupe Mendez (Mexique) souhaite que les « associations » entre

les Congrégations et les laïcs se multiplient, afin d’éviter l’isolement et

de faciliter du même coup l’identité de chaque vocation. Dans les

communautés ouvertes, ajoute le Père Seamus Freeman (Irlande), les laïcs et

les communautés de vie consacrée pourraient se découvrir des liens

jusqu’ici ignorés, ce qui confirmerait l’appel universel à la sainteté de

tous les baptisés, tandis que « les communautés se sentiraient renforcées

dans leur identité d’expression vivante d’un charisme unique ».

La spiritualité des nouveaux mouvements est tout bénéfice pour tous ceux

qui ont opté pour la vie religieuse, qui redécouvrent leur vocation et

comprennent mieux les spiritualités respectives, confirme Valeria Ronchelli

des Focolari. Soulignant la profonde communion qui existe entre les membres

des divers Ordres, elle se réjouit en outre que « ces religieux, mis en contact avec une spiritualité moderne, ressentent le désir d’embrasser les

nouveaux horizons indiqués par Vatican II ».

Au nom de « Communion et Libération », le P. Massimo Camisasca (Italie)

signale que sa société de vie apostolique a pour but « la mission, en

particulier dans les pays les plus déchristianisés ». « Il est extrêmement

important que le synode reconnaisse, à côté de l’immense trésor que

représentent les instituts religieux pour la vie de l’Eglise, la nature

particulière de cette vie en commun que représentent les sociétés de vie

apostolique par laquelle nous visons la pleine réalisation de la grâce de

notre baptême ». Montrant le lien entre le baptême et le sacerdoce, il

ajoute que « pour suivre parfaitement le Christ, la grâce qui nous vient de

ces deux sacrements est suffisante, sans que nous ayons besoin d’une

profession formelle des conseils évangéliques ». (apic/cip/mp)

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