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Berne: Politique de la FEPS en matière de drogue (191094)
Juste milieu entre répression et libéralisation
Berne, 19octobre(APIC) Le groupe de travail «politique en matière de
drogue» de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) vient
de publier une série de thèses concernant la politique de la drogue.
S’appuyant sur réflexion éthique et sur une longue expérience sur le front
de la drogue, il propose une voie praticable entre la répression et la
distribution.
Les avis divergent quant à savoir quelle politique en matière de drogue
pourrait enfin mener au succès. Le drame du Letten montre à l’évidence
qu’il n’y a pas de recette exclusive pour venir à bout de la détresse de
30’000 toxicomanes. En juillet dernier, trois partis gouvernementaux ont
réussi à s’entendre sur une solution pragmatique entre la répression et la
distribution. Le groupe de travail la FEPS prêche pour une troisième voie:
«A notre avis, il n’existe pas un chemin unique conduisant à la solution;
il est nécessaire par conséquent d’explorer de manière pragmatique tous les
moyens qui sont utilisés ailleurs. Entre la répression et le libéralisme,
il s’agit de trouver la bonne mesure, faite d’un mélange de toutes les solutions possibles.»
Les deux initiatives pour «Une jeunesse sans drogue» et «Pour une
politique raisonnable en matière de drogue» cherchent à inscrire une
certaine politique dans la Constitution fédérale. Selon la FEPS, ni les
buts visés, ni les moyens proposés par ces deux initiatives n’offrent une
aide efficace car les objectifs sont trop limités et les moyens trop
exclusifs pour venir à bout de la diversité du problème de la drogue.
La Fédération estime que la politique en matière de drogue devrait viser
la santé, la qualité de vie et l’intégration sociale. L’ancrage d’une telle
orientation dans la Constitution aurait l’avantage de faire de la
prévention une mesure constitutionnelle, de pouvoir limiter la libre
obtention de drogue, de permettre à la Conféfération d’introduire une
politique en matière de drogue cohérente et de respecter l’autonomie de la
personne.
Le conseil de la FEPS a adopté six thèses qui visent à promouvoir ces
objectifs: la politique de la drogue doit viser la santé, la qualité de
vie, l’intégration sociale. Il convient pour cela de dépénaliser la
consommation de drogues. L’obtention de drogue doit être autorisée sous
contrôle de l’Etat. La prévention doit être renforcée par des mesures dans
le cadre de la politique de la famille, de l’éducation à l’autonomie de la
personne; les offres de soutiens, pour éviter la misère et aider les
toxicomanes à surmonter leur dépendance, doivent être multipliées. La
dernière thèse veut que celui qui cause du tort à des tiers sous l’emprise
de la drogue, ou celui qui exploite économiquement des personnes
dépendantes soit punissable.
La FEPS réclame également une meilleure coordination de la politique en
matière de drogue, afin de surmonter les contradictions entre les lois fédérales et cantonales. (apic/com/eb)
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