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Bruxelles: Assemblée annuelle de la Conférence (191094)
européenne des Commissions Justice et paix
Appel à l’Eglise à propos d’Haïti: pas de caution aux auteurs du putsch
Bruxelles, 19octobre(APIC) Les responsables des violations des droits de
l’homme en Haïti doivent pouvoir être nommés par leur nom, avant qu’une réconciliation soit possible, estime la Conférence européenne des Commissions
Justice et Paix, au terme de son assemblée annuelle et de sa session d’étude tenues du 16 au 19 octobre à Bruxelles. Les délégués, qui demandent à
l’Eglise de ne faire aucune déclaration pouvant être interprétée comme une
caution aux auteurs du coup d’Etat, ont de plus approuvé deux déclarations.
La première porte sur les relations Nord-Sud, la seconde sur les relations
intra-européennes (Est-Ouest).
La Conférence réunissait des représentants de 23 Commissions. Y participaient également les hôtes du Conseil pontifical Justice et paix et des
Commissions d’Afrique du Sud, du Cameroun, de Jérusalem, du Panama et de
Thaïlande. La session d’étude a porté sur les changements sociaux et économiques en cours dans les pays industrialisés en vue du Sommet social de
Copenhague en mars 1995.
Dans leur déclaration publiée sur Haïti au terme de leur assemblée, les
représentants européens de Justice et Paix saluent le rétablissement de la
légitimité constitutionnelle avec le retour, samedi 15 octobre, du
président Jean-Bertrand Aristide. Exprimant leur solidarité avec le peuple
haïtien, ils demandent que la vérité soit faite sur les violations des
droits de l’homme commises depuis le coup d’Etat.
La déclaration souligne que les organisations de défense des droits de
l’homme en Haïti demandent la création d’une Commission de vérité chargée
de faire la lumière sur les violations de ces droits au cours de ces trois
dernières années et de faire des recommandations quant au jugement des
coupables et des criminels d’un côté, quant aux réparations des victimes de
l’autre. La Conférence européenne des Commissions Justice et Paix fait
sienne cette demande et l’appuiera dans la mesure de ses moyens. Elle attend des forces militaires présentes actuellement dans le pays qu’elles facilitent cette recherche de vérité.
Appel on ne peut plus clair à l’Eglise
La Conférence rappelle en outre que la réconciliation est le fruit d’un
long processus. «Ce temps n’est pas encore venu en Haïti. Les responsables
des violations des droits de l’homme doivent pouvoir être nommés par leur
nom, avant qu’une réconciliation soit possible».
Les représentants européens de Justice et Paix appellent l’Eglise, en
Haïti et au plan universel, à soutenir le rétablissement de l’Etat de
droit, le respect de la justice, le retour à la paix et à s’abstenir de
toute prise de position qui puisse être interprétée comme une caution apportée aux auteurs du coup d’Etat de 1991, qui a provoqué la mort de 3 à 5
mille personnes. La déclaration de Bruxelles apporte en conclusion son soutien à la Commission Justice et Paix de Haïti, à la Conférence haïtienne
des religieux, aux Pères Montfortains affectés récemment encore par l’assassinat de l’un des leurs, le Père Jean-Marie Vincent, ainsi qu’à tous
ceux qui s’engagent pour bâtir la démocratie et une économie viable en Haïti.
Tour d’horizon de la planète
Outre la situation en Haïti, la Conférence européenne des Commissions
Justice et Paix s’est penchée sur l’actualité et a salué la construction de
la paix et de la démocratie dans plusieurs pays: au Proche-Orient, avec le
processus de paix entre Israël et la Palestine, en Afrique du Sud, ainsi
qu’au Panama, où la Commission Justice et paix a joué un rôle décisif dans
le bon déroulement des élections de mai dernier; en Irlande enfin, avec les
cessez-le-feu.
Les délégués réunis à Bruxelles ont aussi examiné l’apport que les Commissions et la Conférence européenne pourraient avoir dans le processus
préparatoire au Rassemblement oecuménique européen de 1997 sur la réconciliation. Cette question sera au centre de l’assemblée 1995 de la Conférence. Ils ont de plus examiné le problème de l’exclusion sociale liée au chômage de longue durée ainsi que la recherche de solutions permettant d’intégrer chaque personne dans la société. Différents exposés ont fait ressortir
que les améliorations techniques de la protection sociale ne suffiront pas
pour réintégrer les chômeurs de longue durée. «Des changements en profondeur du système économique et social seront nécessaires si l’on veut bâtir
une société dans laquelle chaque personne puisse non seulement avoir les
moyens matériels d’exister, mais aussi contribuer à la vie économique et
sociale», fait-on remarquer dans un communiqué. (apic/com/pr)
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