Heureux ceux qui croient sans avoir vu.
La foi, un cadeau
La vraie source du bonheur ne se trouve pas dans des succès, dans le nombre ou dans une certaine reconnaissance sociale de l’Eglise. La vraie source du bonheur, c’est notre foi. Finalement, peu importe si nous sommes nombreux ou non, si l’on partage nos idées, ou non. Nous avons à être heureux, parce que nous avons le bonheur de la foi. Le dimanche de la Divine Miséricorde, l’Evangile nous invite à méditer sur le bonheur d’avoir la foi. Et ici, il nous faut revenir au fondement de l’enseignement des Ecritures. La foi, c’est un don de Dieu. La foi n’est pas due à nos mérites. La foi, c’est un cadeau qui vient de Dieu. Et ce serait peut-être là la première raison d’être vraiment heureux. Nous avons la foi. Bien sûr, il y a des raisons « humaine » qui font qu’aujourd’hui nous sommes là et que nous croyons. Notre éducation, une rencontre, que sais-je encore ? Mais tout cela, ce ne sont que des intermédiaires. La cause unique de notre foi, c’est le cadeau que Dieu nous fait. Alors comment, mes frères, mes sœurs, comment ne pas nous réjouir ? Quel cadeau !
Jésus est ressuscité pour nous
En quoi, en qui croyons-nous ? D’abord, nous croyons que Jésus est vrai Dieu et vrai homme, c’est-à-dire qu’en Jésus, le Dieu Trois fois Saint, le Dieu tout puissant, est devenu l’un de nous. Il est venu marcher à nos côtés. Il est là avec nous. Nous croyons qu’il a ensuite prêché sur les routes de Palestine. Et puis nous croyons surtout que Lui, vrai Dieu et vrai homme, est mort et ressuscité pour nous. Oui, mes frères, mes soeurs, pour nous et rien que pour nous … c’est à dire pour tous ! Dieu a au centre de sa pensée notre destin, notre salut, notre joie. Si Jésus est mort, ce n’est pas pour lui. Lui, il n’avait pas besoin de mourir, il est Dieu ! S’il est mort, s’il a donné sa vie, s’il continue à donner tous les jours sa vie dans l’Eucharistie, c’est pour toi, pour moi, pour chacun d’entre nous. Il est ressuscité au matin de Pâque ? C’est qu’il a voulu triompher du mal le plus absolu qu’est la mort. Jésus est ressuscité pour nous : il nous dit ainsi que nous ne sommes pas destinés à finir dans un tombeau. Nous sommes appelés à la vie, avec Lui. C’est cela la foi de Pâques, c’est cela, mes frères mes sœurs, en quoi nous croyons, nous qui croyons en Jésus Christ. Alors, comment pouvons-nous être tristes ? Comment pouvons nous ne pas être heureux ? Il y a aussi un bonheur dans les larmes des souffrances quotidiennes, si ce bonheur est soutenu par l’espérance et la foi. Une foi qui n’est pas une foi en une idéologie, mais en une réalité : quelqu’un (et ce « quelqu’un, c’est Dieu !) nous aime tant qu’il a tout fait pour nous. Il est mort et il est ressuscité afin de nous donner une espérance que j’oserais qualifier de manière un peu osée d’incroyable. Une espérance qui devrait nous soulever, qui devrait puiser sa source dans notre joie.
Des changements dans notre vie
Si nous croyons non pas en une idée, en une belle philosophie, mais en Jésus ressuscité, mes frères mes sœurs, alors notre foi doit nous transformer. C’est ce dont nous parlait tout à l’heure l’Apôtre saint Jean : « Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est Fils de Dieu ? » La foi nous rend vainqueurs du monde, c’est-à-dire vainqueurs de toutes les douleurs, de tout le mal qu’il y a dans le monde, parce que le foi, et seulement elle, nous donne la vraie espérance. Du coup, mes frères, mes sœurs, notre transformation doit se voir, principalement par les changements dans notre vie. Aimer Dieu, disait saint Jean tout à l’heure, c’est suivre ses commandements. Hors, le commandement de Dieu est unique : c’est le commandement de l’amour. Si notre foi est vraiment vivante, si le don de Dieu que nous avons reçu est vraiment le moteur de notre vie, alors oui, nous apprenons à aimer, alors oui, nous changeons, alors oui, nous devenons pour les autres des traces de cette espérance, de cette foi, de cet amour que Dieu est venu instaurer dans ce monde.
Apprendre le vrai partage
Tout à l’heure dans les Actes des Apôtres, il nous était fait le tableau de la première communauté chrétienne qui apprenait quelque chose d’important : le partage. La première communauté chrétienne partageait tout. Si quelqu’un avait des biens, il les vendait, les donnait aux Apôtres, et les Apôtres redonnaient à chacun selon ses besoins. Pas à chacun de manière égalitaire : à chacun selon ses besoins. Toi tu as un peu plus de besoins, toi tu en as un peu moins : chacun devrait recevoir ce qu’il lui faut. Cette première communauté chrétienne, que tentent d’imiter toutes nos communautés religieuses en faisant vœu de « pauvreté », c’est-à-dire en mettant en commun les biens de chacun, c’est aussi un idéal pour toute l’Eglise. Si notre foi est vivante, mes frères, mes sœurs, nous devons apprendre le vrai partage. Nous devons chasser toute jalousie, toute crainte du lendemain. La foi chrétienne nous transforme. Elle nous transforme dans notre vie personnelle, elle nous transforme dans notre vie ensemble.
2e DIMANCHE DE PÂQUES ou DE LA MISÉRICORDE
Lectures bibliques : Actes 4, 32-35; Psaume 117, 2-4, 16ab-18, 22-24; 1 Jean 5, 1-6; Jean 20, 19-31