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Rwanda: Du sang sur les mains du Front Patriotique (191094)
Rwandais (FPR), dénonce Amnesty International
Attention à ne pas banaliser le génocide commis par l’ancien régime
Berne, 19octobre(APIC) Des centaines, voire des milliers de prisonniers
et de civils non armés ont été exécutés par des soldats de l’Armée patriotique rwandaise (APR), l’aile armée du Front patriotique rwandais (FPR),
aujourd’hui au pouvoir à Kigali, a dénoncé mercredi dans un rapport l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International (AI). AI
met toutefois en garde pour que ces massacres commis par l’autre bord ne
servent pas à banaliser le génocide commis par l’armée de l’ancien régime
et les milices hutues.
Ces homicides délibérés et arbitraires ainsi que des exécutions sommaires ont été perprétrés par des membres de l’APR alors qu’ils prenaient le
contrôle des différentes régions du pays et découvraient le génocide perpétré contre leurs partisans ou leurs proches. Des soldats tutsis ont alors
commis des actes de vengeance aveugles contre des civils hutus non armés.
Les silences des nouvelles autorités de Kigali
AI a soumis au gouvernement du Rwanda plusieurs cas d’homicides commis
entre avril et août 1994. L’organisation de défense des droits de l’homme
n’a pas à ce jour reçu de réponse. «Si le nouveau gouvernement au pouvoir
depuis juillet 1994 n’ouvre pas des enquêtes sur les homicides perpétrés
par ses propres forces de sécurité, et a fortiori ne rend pas publics les
résultats de ces enquêtes et ne traduit pas en justice les responsables de
tels actes, alors nous en conclurons que le gouvernement cautionne ces
actes meurtriers», souligne Amnesty International.
La vague d’homicides imputables à l’APR a commencé au Nord-Est du pays à
la mi-avril, puis s’est étendue au Sud, à l’Ouest et au Sud-Ouest du Rwanda
à mesure de la progression des troupes du FPR, et ceci jusqu’en septembre.
Un témoin a ainsi survécu à une tuerie qui s’est produite le 13 avril à
Gishara, au Nord-Est du Rwanda.
La population avait été convoquée à une réunion publique par des soldats
de l’APR qui, pour souligner leurs bonnes intentions, avaient promis une
distribution de nourriture. Les soldats ont alors lancé une grenade dans
l’assemblée. L’homme qui témoigne, âgé de 56 ans, a perdu à cette occasion
sa femme, son fils de dix ans et sa fille de vingt ans. Parmi les nombreuses autres personnes tuées par cette grenade ou par balles, figurent également le directeur d’une école primaire, sa femme et une religieuse catholique de passage.
Massacres à moins grande échelle
AI fournit d’autres exemples de victimes civiles – y compris des femmes
et des enfants – appartenant à l’ethnie hutue majoritaire qui ont été abattues par des soldats de l’APR. Certains membres de cette ethnie avaient
participé aux tueries à grande échelle perpétrées contre la minorité tutsie
il y a quelques mois. AI souligne cependant que les homicides commis par
l’APR sont bien moins nombreux que ceux perpétrés par les forces armées et
les milices fidèles à l’ancien régime, qui ont fait au moins 500’000 victimes.
L’organisation de défense des droits de l’homme mentionne des informations transmises par des membres du Haut Commissariat des Nations Unies
pour les Réfugiés (HCR) faisant état d’exécutions extra-judiciaires commises par l’APR au Sud-Est du Rwanda. D’autres instances des Nations Unies
semblent avoir rejeté ou ignoré ces informations, avant même qu’une enquête
onusienne n’ait été annoncée quelques semaines plus tard.
La communauté internationale cherche des excuses au nouveau pouvoir
«La communauté internationale semble vouloir trouver des excuses au nouveau gouvernement rwandais et fermer les yeux sur les violations commises
poar les soldats de l’APR, sous prétexte qu’elles sont moins graves que
celles commises par leurs prédécesseurs», accuse la section suisse d’Amnesty International. (apic/com/be)
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