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Rome: «Entrez dans l’espérance», le livre de Jean Paul II sort mercredi
Ses convictions sur Dieu et sur l’homme en 335 pages
Rome, 18octobre(APIC) «Entrez dans l’espérance». Tel est le titre définitif en français du livre d’entretiens avec le pape Jean Paul II à paraître
simultanément mercredi en une vingtaine de langues dans 35 pays. C’est avec
une conviction toujours aussi forte que Jean Paul II répond aux 35 questions du journaliste italien Vittorio Messori. La liberté de l’homme, la
souffrance et la Rédemption, l’Eglise et la modernité sont les principaux
thèmes de la réflexion papale. De fait, ce livre de 335 pages résume la
pensée que Jean Paul II a largement developpée en seize ans de pontificat.
Le «Figaro Magazine» en donne quelques extraits en avant première.
«Non décidemment non! Dieu n’est pas un personnage absent du monde, satisfait d’être lui-même Sagesse et Toute-Puissance. (…) Si la souffrance
est présente dans l’histoire humaine, sa Toute Puissance ne pouvait se manifester que par la toute-puissance de son humiliation sur la croix. (…)
Le Christ crucifié est une preuve de la solidarité de Dieu avec l’homme qui
souffre. Dieu se met du côté de l’homme. (…) Le scandale de la croix est
la clé du mystère de la souffrance», explique Jean Paul II pour répondre à
la question du mal.
Toujours et partout l’Evangile sera un défi
Le «n’ayez pas peur» que Jean Paul II à lancé aux chrétiens et à l’humanité est très présent dans ses réponses. Il refuse ainsi toute interprétation statistique de la montée de l’islam et de l’hindouisme, et du déclin
du christianisme. Le Christ ne dit-il pas à ses apôtres: «Sois sans crainte
petit troupeau, car le Père a trouvé bon de vous donner le Royaume».
«L’Evangile ne promet pas de succès faciles, ajoute Jean Paul II. Il ne garantit à personne une vie agréable. Il pose au contraire des exigences. En
même temps, il contient une merveilleuse promesse: celle de la vie éternelle (…) «Toujours et partout l’Evangile sera un défi à la faiblesse humaine».
«Vous êtes l’espérance de l’Eglise et du monde. Vous êtes mon espérance», avait dit Jean Paul II aux jeunes le jour d’inauguration de son pontificat. Le pape n’a pas renié ce credo, même s’il reconnaît que la jeunesse
cède souvent aux attraits de la société de consommation. «Un certain idéalisme continue de caractériser cet âge, même si cet idéalisme a tendance à
se traduire sous forme de critiques alors qu’il s’exprimait jadis positivement par l’engagement». «En fait les jeunes ne veulent pas que tout leur
soit permis. (…) ils attendent qu’on leur dise ’oui’ ou ’non’». «Seul le
Christ sait donner les réponses qu’attendent, même inconsciemment, ceux qui
s’interrogent et qui l’interrogent». Et le pape de redire son attachement
profond aux Journées mondiales de la jeunesse nées en 1985, «rassemblements
internationaux devenus un extraordinaire instrument d’évangélisation». «Il
suffit que l’Eglise comprenne en profondeur leurs véritables aspirations.
Il faut aussi que les jeunes fassent connaissance avec l’Eglise, qu’ils
découvrent en elle le Christ qui marche à travers les siècles avec chaque
génération, avec chaque être humain. Il marche avec chacun de nous comme un
ami.»
L’Eglise n’a pas à rechercher la ’popularité’
Face à la libéralisation des moeurs, on a l’impression que l’Eglise recule ou plutôt que le monde s’éloigne, note Jean Paul II. «L’Eglise et le
pape seraient en retard sur le monde d’aujourd’hui. C’est une opinion très
largement répandue. Je suis persuadé qu’elle est totalement erronée». Jean
Paul II ne transige pas et cite en référence «Humanae vitae» et «Veritatis
splendor». «Les mass-médias ont habitué les différents groupes sociaux à
n’entendre que ce qui ’caresse les oreilles’. La situation ne fera qu’empirer si les théologiens et surtout les moralistes, au lieu de se faire les
témoins de ’l’enseignement solide’ se font les complices des mass-médias.
(…) Lorsque la vraie doctrine est impopulaire, l’Eglise n’a pas à rechercher la popularité au prix d’accommodements ruineux.» Transmettre le message dans son intégralité est le rôle du magistère de l’Eglise souligne Jean
Paul II. «Ce qui est en jeu pour l’avortement comme pour la contraception,
c’est en définitive la vérité sur l’homme».
L’utilité de la foi n’est pas mesurable
A quoi sert-il de croire? Telle est la question de beaucoup de contemporains. «La réponse est extrêmement brève, dit Jean Paul II. L’utilité de la
foi n’est mesurable à aucun bien, pas même aux biens de nature morale.
L’Eglise n’a jamais nié qu’un incroyant puisse être lui aussi honnête.
(…) L’utilité de la foi réside dans le simple fait de croire et de faire
confiance. En croyant et en faisant confiance nous répondons à la Parole de
Dieu. (…) Cependant Dieu respecte notre liberté et se refuse absolument à
nous imposer une telle réponse.» Jean Paul II ne manque pas à ce propos de
rappeler la déclaration fondamentale du Concile Vatican II sur la liberté
religieuse. «Le fait que l’homme puisse coopérer avec Dieu est bien ce qui
constitue sa véritable grandeur. (…) L’homme ’crée’ le monde avec Dieu,
l’homme ’crée’ avec Dieu son propre salut.» (apic/mp)
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