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Rome: béatification de cinq religieuses et religieux (161094)

La trajectoire du Père Hurtado, l’un des nouveaux bienheureux

Rome, 16octobre(APIC) Le Père Alberto Hurtado, jésuite chilien, a été

proclamé bienheureux le 16 octobre prochain par le pape Jean-Paul II, en

compagnie d’un prêtre français et de trois religieuses.

Le Père Hurtado, prêtre et religieux jésuite, mort en 1952 à l’âge de 51

ans, est surtout connu comme fondateur d’une oeuvre d’accueil des plus

pauvres, le « Foyer du Christ », qui a donné elle-même naissance à de multiples initiatives de solidarité avec les plus démunis, dont un département

« Logement », aujourd’hui dirigé par deux Jésuites belges. Le Père Alberto

Hurtado a vécu cinq ans en Belgique, où il avait obtenu un doctorat en

sciences pédagogiques à l’Université Catholique de Louvain.

Le Père Alberto Hurtado avait été ordonné prêtre le 24 août 1933 par le

cardinal Van Roey, archevêque de Malines. Il a terminé ses études théologiques à Louvain et il obtient, en outre, une licence en sciences pédagogiques à l’Université. En Janvier 1936. le Père s’embarque pour le Chili, où

il va être nommé au Collège St-Ignace de Santiago, comme professeur de religion et responsable de la direction spirituelle des aînés.

Fin 1941, le Père présente à son évêque et à son supérieur provincial sa

démission de conseiller de l’Action Catholique. Malgré une référence constante à l’enseignement de l’Eglise et un souci de l’unité qu’on lui reconnaît, d’aucuns l’accusent de se mêler de politique et d’avoir, sur les

questions sociales, des idées « progressistes ».

La vision d’une nuit de 1944

Le 19 octobre 1944, dans la matinée, il prêche une retraite à un groupe

de femmes aisées et s’apprête à commenter un passage de l’Evangile lorsque,

tout à coup, il leur confie une vision qu’il a eue la nuit précédente:

« J’arrivais à la maison St-Ignace quand un homme en manches de chemise,

dans la bruine, m’a barré le chemin. Il était maigre et brûlant de fièvre.

A la lumière de l’éclairage public, j’ai vu qu’il avait une forte angine.

Il ne savait pas où dormir et m’a demandé de quoi se payer une chambre dans

une pension. Il y a des centaines d’hommes dénués de tout à Santiago, et ce

sont nos frères, réellement nos frères, sans métaphore! Chacun de ces hommes est le Christ. Que faisons-nous pour eux? »

Le Père Alberto s’excuse ensuite d’avoir confié cette vision intérieure

à ses auditrices. Mais celles-ci, bouleversées, présentent argent et bijoux

au religieux pour que cela change. Les dons suivent au fil de la journée.

Le supérieur jésuite est informé, l’archevêque aussi. Les deux approuvent

et un quotidien, « El Mercurio », se fait le relais de l’initiative. En deux

jours, un projet a pris forme. Le 21 décembre 1944, l’archevêque bénira la

première pierre du « Hogar de Cristo » ou « Foyer du Christ » érigé dans la paroisse de Jésus Ouvrier à Santiago. Objectif du Foyer : « Une oeuvre de simple charité évangélique, destinée à créer et à promouvoir un climat de

véritable amour et de respect envers les pauvres ».

Peu de temps après, le Père Alberto est nommé aumônier de l’Action Syndicale et Economique Chilienne (ASICH), fondée en 1947, ouverte à tous ceux

qui désirent un ordre social fondé sur les principes de l’enseignement de

l’Eglise.

Deux ans après, au cours de l’année 1949 le Foyer du Christ accueille et

loge 140’000 personnes et distribue 373’000 rations alimentaires. En 1951,

on y dénombrera 700’000 nuitées et 1,8 million de rations alimentaires. Entretemps, des foyers pour enfants vont se multiplier dans le pays.

Au milieu de l’année 1951, le Père Alberto sent ses forces déclinées. La

maladie va progressivement le miner. Il meurt le 18 août 1952.

Le Foyer du Christ créé à Santiago est plus vivant que jamais, avec un

service d’hôtellerie ouvert toutes les nuits et un vestiaire. On compte 32

Foyers pour enfants, accueillant chacun une vingtaine de gosses. Divers autres programmes ont vu le jour, dans le sillage de la même oeuvre: des aides aux familles, des centres pour mineurs, des associations tournées vers

les enfants de la rue, des centres de réhabilitation pour toxicomanes et

pour alcooliques, des services pour personnes âgées, six polycliniques.

Cinq ans après la mort du Père Hurtado, le Foyer du Christ a donné naissance à un département « Viviendas » (« Logement »), qui aide les plus démunis à

bâtir eux-mêmes leur maison en matériau préfabriqué: déjà 400’000 bénéficiaires à ce jour. Aujourd’hui, « Viviendas » est dirigé par deux Jésuites

belges: Josse van der Rest et Jules Stragier. (apic/cip/pr)

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