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Fribourg: présentation du livre «Rencontres au monastère» (141094)
«Les oasis de l’essentiel»
Fribourg, 14octobre(APIC) «Le murmure de la source dans la vallée du carnage». Paraphrasant le prophète Ezéchiel, l’écrivain genevois Georges Haldas a eu ces mots très forts pour parler de la vie contemplative à l’occasion de la sortie du livre «Rencontres au monastère». L’ouvrage, dû aux talents conjugués du journaliste Patrice Favre (La Liberté) et du photographe
Jean-Claude Gadmer (Agence CIRIC) ouvre une porte sur une vie si étrange
aux yeux de beaucoup de contemporains, sur l’inexprimable de Dieu des 17
monastères contemplatifs féminins et masculins de Suisse romande. Il a été
présenté vendredi dans les murs de la chapelle du monastère de la Maigrauge
à Fribourg.
Face à la réalité des monastères, on constate deux réactions, note Georges Haldas, auteur de la préface du livre. Ceux qui la jugent parfaitement
inutile font preuve à ses yeux d’une grande myopie intérieure. Celui qui
s’interroge découvre une correspondance évidente entre sa vie personnelle
et celle du monastère. Chacun dans sa recherche de la source cachée au fond
de lui, vit un jour ou l’autre un «moment monacal», explique Georges Haldas. Le monastère atteste clairement d’une vie entière consacrée à la relation à la source. Il est une «oasis de l’essentiel».
Comment faire parler des personnes qui se sont vouées à la contemplation
et au silence? Décrire ce qui échappe à l’ordre du visible? Comment vaincre
les réticences et les craintes de personnes qui se sont retirées et cachées
du monde? Patrice Favre n’a pas voulu faire un livre sur les 17 monastères.
Le titre «rencontres au monastère» qualifie très justement une démarche qui
a duré deux ans. Après avoir présenté son projet à l’Union des contemplatives de Suisse romande, il a soumis à chaque monastère une série de questions. S’est installé ainsi un va-et-vient constant qui a duré jusqu’à la
mise sous presse, explique-t-il. Tout le monde n’a pas été d’accord tout de
suite. «Certaines communautés ont eu de la peine à se reconnaître dans ma
description. Je montre la vie, pas des idées générales».
Il s’agissait de reformuler notre vie de telle sorte que cette parole
touche le lecteur dans sa dimension contemplative de baptisé, souligne
Soeur Marie Gabrielle, abbesse de Jongny (VD), et responsables du Service
des contemplatives de Suisse romande. Quant à Jean-Claude Gadmer, «il n’a
pas dit grand-chose, mais a beaucoup regardé». Le résultat: une centaine de
photos en noir-blanc, en lumière naturelle, sans aucun montage. Des images
qui sont la respiration du livre. Avec toujours cette gaîté et cette
sérénité qui sont la marque d’une profonde vie intérieure.
Daniel Pittet, le «manager» de Prier Témoigner, a rappelé la genèse du
projet. Il ne s’agissait pas seulement de faire un beau livre, mais de faire partager le témoignage vécu avec un millier de jeunes lors de la rencontre Prier Témoigner de 1991. La parution coïncide d’ailleurs avec les 150
ans de l’Apostolat de la prière. Plus encore qu’un livre, c’est un espace
de prière et de méditation, un lien invisible qui interpelle.
Un livre de 220 pages grand format qui connaît d’ores et déjà un beau
succès puisque pas moins de 4’000 exemplaires ont été souscrits et qu’un
seconde édition est sous presse. (apic/mp)
Patrice Favre, Jean-Claude Gadmer: Rencontres au monastère, Fribourg, 1994,
222 pages, Editions Prier Témoigner, 78 francs suisses
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