apic/Colloque Islam a Paris
L’Islam en France et en Occident: colloque de deux jours à Paris (141094)
Passionné et contradictoire…. avec une note d’optimisme
Paris, 14octobre(APIC) A l’initiative du Centre des études contemporaines
(CEC), un colloque s’est tenu du 12 au 13 octobre à Paris sur le thème
«L’islam en Occident: craintes et réalités». Un débat passionné et contradictoire autour de l’adaptation des musulmans à des sociétés très sécularisées. Avec une note d’optimisme…
Hormis quelques universitaires, force est de constater que les non-musulmans étaient peu nombreux à participer à ce colloque. La communauté musulmane, fervente, était en revanche au rendez-vous, dans toutes ses composantes, plus ou moins religieuses.
Si cette communauté a pu vérifier à quel point elle doit encore s’unifier, notamment en vue d’une représentation plus efficace auprès des pouvoirs publics, elle est par contre unanime à dénoncer avec force et amertume le «matraquage médiatique négatif» dont elle est la victime.
Le refus laïciste de la mouvance musulmane est bien au coeur des débats.
Sadek Sellam, auteur de «Etre musulman aujourd’hui», déplore que les lois
de séparation de l’Etat et du culte ne soient pas appliquées à l’islam.
«Non seulement il est très difficile d’obtenir l’autorisation de construire
des mosquées, mais il est impossible d’obtenir des établissements d’enseignement musulmans sous contrat avec l’Etat».
Autre propos récurrent: l’incohérence du discours politique relatif à
l’islamisme, faute de critères précis pour le définir. «La gauche nous a
matraqué sur l’affaire du voile», devait dénoncer un auditeur. Qui a fait
valoir, comme beaucoup, que le port du voile n’avait rien à voir avec l’islamisme. Le revendiquant comme quelque chose allant de soi.
Chacun s’est pourtant accordé sur la possibilité, pour l’islam, de trouver sa place en s’intégrant dans la République et en jouant à fond le jeu
de la démocratie. A l’inverse, l’esprit républicain doit faire l’effort de
l’absorber. Une formule choc a éclairé cette approche consensuelle: «Le hijab (voile), oui. Mais aux couleurs de l’école».
Le Père Lelong, co-fondateur du Secrétariat des relations avec l’islam
(SRI) , qui dépend de l’épiscopat français, a pour sa part rappelé que les
pouvoirs publics devaient veiller à ce que la communauté musulmane soit
traitée plus équitablement. Il a demandé à celle-ci de se mettre d’accord
sur l’essentiel et, partant, de mieux se prendre en charge. Il en a appelé
à un dialogue plus approfondi entre intellectuels des deux côtés de la Méditerranée. «»L’intelligentsia laïque française voit l’islam comme essentiellement rétrogade. Les musulmans, notamment les intellectuels, ne l’acceptent pas. Comme chrétien, je suis convaincu que nous avons un rôle de
médiateur à jouer car nous avons bien connu cela au plus fort de l’anticléricalisme. L’Eglise française doit prendre cette dimension davantage en
compte».
Et de confier en conclusion que le SRI n’est malheureusement pas assez
écouté, qu’il n’a pas assez de poids. Selon lui, l’épiscopat devrait mettre
«le paquet» la-dessus, même si, sur le terrain, un bon travail est souvent
fourni par les individus. (apic/jcn/pr)
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