apic/Rome/Synode/14 octobre
Rome: Synode sur la vie consacrée (141094)
Fin de la première phase des travaux
Rome, 14octobre(APIC) La diversité des regards portés sur la vie consacrée est l’une des grandes caractéristiques des deux premières semaines de
travaux du Synode réuni à Rome. Elle marquera également la seonde phase des
travaux qui s’ouvre samedi.
Le cardinal Basil Hume, rapporteur général du Synode et, à ce titre,
responsable de la rédaction finale des travaux, lui-même religieux bénédictin, a résumé, lors d’une conférence de presse les quinze premiers jours de
travaux. Les accents sont très variés. On entend parler d’»inculturation»
(Afrique), de spiritualité et de prière (Inde), de l’influence toujours
plus grande du féminisme (Amérique du Nord), de «témoignage» (Europe de
l’Est), de «mission» (Europe de l’Ouest), de joie (Océanie), de vie monastique (Moyen-Orient)… La première phase des travaux, à savoir l’audition
des membres du synode, s’est achevé vendredi. Le travail en groupes ou
«circuli minores» constitue la deuxième phase.
Quand on aime, on ne critique pas
Le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat, numéro deux du Vatican a
insisté jeudi sur le grave devoir des religieux de toujours, selon le mot
de saint Ignace de Loyola ’sentire cum Ecclesiá’ Pour le cardinal, «le phénomène de critique à l’égard des pasteurs de l’Eglise, de l’évêque de
l’Eglise particulière et du pape, n’est pas fréquent, mais des cas pénibles
existent». Concrètement, le cardinal secrétaire d’Etat souligne qu’»aimer
l’Eglise doit signifier pour tous les religieux aimer l’évêque de son diocèse et aimer le Pape, Pasteur universel de l’Eglise universelle». Les membres de l’Eglise, explique-t-il, «ne peuvent prétendre juger leurs pasteurs». Celui qui aime ne critique pas. Celui qui aime prie, travaille et
collabore avec l’évêque et avec le pape».
Mgr Gheorghi Ivanov Jovcec, évêque de Sofia-Plvdiv, en Bulgarie, est revenu sur la question des vocations. «Les jeunes ne font pas confiance à des
religieux et à des religieuses qui donnent un mauvais exemple». Le P. José
A. Divasson, salésien, président de la Conférence des religieux du Venezuela, estime pour sa part qu’»il y a une sensibilité particulière chez les
jeunes d’aujourd’hui, qui sont très attentifs à la cohérence de vie, à la
proximité et au fait de risquer sa vie pour les autres. Il est nécessaire,
souligne-t-il, que la pastorale promeuve l’expérience du don de soi».
Mgr Damien Zimon, archevêque de Katowice (Pologne), remarque que «les
communautés de renouveau de l’Eglise sont les lieux où les sources de vocations à la vie consacrée sont les plus abondantes».
Oecuménisme spirituel
L’oecuménisme a été à l’ordre du jour avec les interventions de représentants d’autres religions chrétiennes. Le P. Benedict Green, un moine anglican, pense que «les religieux, appartenant à différentes traditions ecclésiales divisées, se trouvent dans une position particulièrement favorable pour promouvoir l’oecuménisme spirituel».
Même idée chez soeur Minke de Vries, réformée, supérieure de la
Communauté de Grandchamp, en Suisse, qui pose la question: «Le monachisme
n’est-il pas une manifestation de l’Eglise indivise dans la mesure où il
reste fidèle à ses origines des premiers siècles?» L’appel à une vie
consacrée n’a jamais complétement disparu dans les Eglises de la Réforme
après la terrible rupture du 16ème siècle, mais que cette réalité si
importante de la vie de l’Eglise a dû rester malheureusement trop longtemps
souterraine. Mais poursuit-elle, l’Esprit Saint n’est pas resté inactif. Au
siècle passé, dans un contexte de grande misère sociale sont nées les
maisons de diaconnesses qui ont eu très rapidement beaucoup de vocation.
Plus tard, les premières communautés religieuses protestantes d’inspiration
monastique sont nées entre les deux premières guerres mondiales, pendant et
après la deuxième dans les Eglises réformées et luthériennes.
Plus froide, la communication de l’archimandrite Joseph Poustoutov, du
patriarcat de Moscou. Après avoir constaté que «l’Eglise catholique est en
train de renaître en Russie», il signale que «la Russie n’est pas un désert
spirituel et que l’Eglise orthodoxe, en ce XXe siècle, a offert à l’Eglise
du ciel des milliers de martyrs». Il lance un avertissement: «le patriarche
Alexis II de Moscou et de toutes les Russies souligne que la mission en
Russie est avant tout la tâche de l’Eglise russe, qui est présente en Russie depuis plus de mille ans. La sainte Eglise de Rome peut aider à l’accomplissement de cette tâche, mais cette aide doit exclure surtout le prosélytisme, qui est étranger à la nature de nos relations fraternelles entre
Eglises apostoliques.» (apic/jmg/mp)
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