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Rome: Synode sur la vie consacrée
Les limites de la démocratie
Rome, 12octobre(APIC) « A Medjugorje, sur la base des enquêtes menées
jusqu’ici, il n’est pas possible d’affirmer qu’il s’agit d’apparitions et
de révélations surnaturelles »: Mgr Ratko Peric, évêque de Mostar-Duvno
(Herzégovine), a répété devant le synode dédié à la vie consacrée l’avis de
la conférence épiscopale de son pays, émis le 10 avril 1991. Et de déplorer
que les franciscains, « qui ont fait voeu d’obéissance », ne l’observent pas
quand il s’agit de « rendre » à l’autorité diocésaine les paroisses qui leur
furent confiées au siècle dernier.
Cet exemple concret illustre l’un des problèmes clés du synode: comment
concilier « l’autonomie » des congrégations religieuses avec « l’autorité » de
la hiérarchie épiscopale? Sur ce thème, Mgr Fagiolo, président à la curie
romaine du Conseil pour l’interprétation des textes législatifs, a mis en
garde contre « l’erreur de présenter comme ’subsidiarité’ la décentralisation des pouvoirs ». Il reconnaît certes que le pouvoir fut « peut-être excessivement centralisé par le passé ». Mais, ajoute-t-il, « si la centralisation ne montrait pas, pour la vie religieuse, l’aspect constructif et stimulant de l’autorité, le phénomène inverse provoquerait des difficultés non
moins dangereuses pour les vocations, les droits et les charismes ».
Mgr Fagiolo fait une autre mise en garde: invoquer le principe de subsidiarité pour introduire dans les communautés soumises à la règle « l’esprit
et la pratique de la démocratie civile, qui est une dialectique de l’alternance, peut mettre en péril les formes collégiales de gouvernement ou les
communautés autogérées ».
Femme: une image imposée du dehors
A côté de ce thème assez technique, c’est la question de la place de la
femme, en particulier des religieuses, qui a dominé les débats du 11 octobre, neuvième journée de travail de ce synode. Dans le monde, les femmes
représentent les trois quarts des personnes consacrées. Une constatation
qui amène Mgr John Aloysius Ward, capucin, archevêque de Cardiff (Pays de
Galles), à lancer un avertissement: « l’avenir de la vie consacrée dépend de
la réponse que l’Eglise donnera à aux femmes consacrées, qui ressentent le
besoin d’être acceptées et confirmées plus ouvertement ».
Soeur Stéphane Marie Boullanger (France), vice-présidente de l’Union des
Supérieurs Majeures, constate de son côté: « Trop souvent les femmes ont
d’elles-mêmes l’image que s’en font les hommes. C’est donc une image imposée du dehors, une image qui ne reflète guère les qualités qui, sans être
exclusivement féminines, les définissent davantage. » Voilà pourquoi, explique-t-elle, « la parole des femmes n’est pas toujours reçue ».
Soeur Boullanger souhaite dès lors une meilleure information sur « la dimension féminine de la vie religieuse, en particulier dans les séminaires ».
Elle demande surtout « qu’à différents niveaux – paroissial, diocésain, national, celui du Vatican -, une place réelle soit donnée aux femmes au plan
de la réflexion, de la décision, et non seulement au niveau de l’exécution,
en vue d’une participation et d’une collaboration réelles ». Il est clair
que ces demandes reçoivent au synode une écoute attentive, car personne,
jusqu’à présent, n’a osé opposer une fin de non recevoir à ce que souhaitent les femmes qui ont choisi la vie religieuse. Autant les pères synodaux
pèsent le pour et le contre sur tous les autres sujets débattus, autant la
question des religieuses fait l’unanimité.
La « clôture »
Dans cette ligne, le président de l’Union des supérieurs généraux d’Italie, le P. Flavio Roberto Carraro, capucin, soulève un problème peu évoqué
jusqu’ici: la rigueur de la « clôture » des religieuses, qui rend difficile
leur formation.
Une question soulevée aussi par l’Abbé général des Cisterciens, l’Argentin Bernardo Olivera: « Un certain type de clôture, très rigide, fut établi
pour les moniales à une certaine époque, pour des raisons sociologiques et
culturelles. » Aujourd’hui, dit-il, « il n’existe aucune raison fondamentale
pour que la clôture de la vie monastique féminine soit différente de la
clôture masculine ». Il précise: « Le contexte actuel de respect de la femme
ne justifie pas que l’on contraigne les moniales cloîtrées d’obtenir l’autorisation d’un supérieur masculin pour des choses évidentes comme des raisons de santé, de travail, d’exercice de droits civils, d’actes administratifs, etc. » Ou encore: Interdire, au nom de la clôture, des sessions conjointes de formation ou des réunions de formateurs ou de supérieurs pour
travailler dans ce domaine pourrait empêcher la réalisation de l’objectif
pour lequel la clôture fut instituée comme moyen. »
D’une voix très sereine, tranchant avec le ton de ce débat, la supérieure des Clarisses « Mater Ecclesiae » qui s’est récemment établi, à la demande
du pape, dans les murs du Vatican, est venue témoigner de la vie contemplative. Celle-ci se caractérise, selon Soeur Chiara Cristina Stoppa, par « une
totale donation à Dieu », d’où découle « une mystérieuse fécondité apostolique ». Pour elle, « la force du témoignage d’un monastère dépend de la radicalité, de l’intensité, de la clarté avec laquelle on vit de Dieu seulement ». Elle conclut: « La clôture papale possède une signification symbolique singulière en exprimant le mystère de l’Eglise-Epouse qui répond à
l’amour du Christ Epoux. » (apic/jmg/mp)
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